GE - Une photo par jour

Francis Traunig



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Juin 2012

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30.06.2012 - Choulex - 18 heures 23

...lisais dans le Temps un article au sujet du dernier essai de Nancy Huston, Nancy Huston dont La Virevolte, invariablement, me revient à l'esprit à chaque fois qu'elle ou un de ses livres se placent en travers de mon quotidien. Ce livre m'avait marqué, mais j'en garde un souvenir diffus, c'est marrant, je le conseille souvent mais ne sais plus vraiment pourquoi. Mais reste accroché à ma mémoire défaillante le souvenir de cette mère qui doit choisir entre son art et sa famille, et finalement la quitte avec une photo de ses enfants dans son sac à main, j'en étais donc resté, dans le Temps, à une question d'Anna Lietti posée à l'essayiste :

-La beauté des femmes est une agression pour les hommes écrivez-vous.

-Milan Kundera parle très bien de cela dans ses livres de jeunesse, cette rage des hommes contre les femmes. Pourquoi ?...


A ce moment là, un moustique me nargue, virevolte, danse devant mon nez, mais je reprends ma lecture :

-Parce qu'elle mettent en échec leur besoin de maîtrise : elle détiennent en quelque sorte la télécommande de leur sexe.

Le moustique s'est posé sur le papier journal, en plein sur l'interview, juste en dessous du portrait de Huston, d'ailleurs toujours le même depuis des années ( sacrée coquette !) alors, d'un coup sec, je referme le Temps, et prive l'insecte du sien, de son temps terrestre, même si une patte encore frétille, je mets ça sur le compte des nerfs, sans savoir vraiment si un moustique à des nerfs.

Je laisse alors Lietti et Huston s'interroger sur les hommes, pour m'interroger sur l'échec de mon manque de maîtrise face à un insecte, une femelle, c'est sûr, (les moustiques mâles ne piquent pas, elles pompent le sang pour nourrir leurs petits), une femelle qui n'avait d'autre choix pour la survie de son espèce que celui de m'enfoncer son dard dans la chair.

L'instinct ! ne pas le sous-estimer....

Ps: j'ai un doute, est-ce que c'est vraiment un moustique? femelle?

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29.06.2012 - Genève - 19 heures 46

Dans l'estomac du destin.

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28.06.2012 - Genève - 14 heures 04

Jean-Jacques a poussé son premier vagissement il y a trois cents ans exactement, et encore il rôde parmi nous.


« J'arrive enfin: je vois madame de Warens. Cette époque de ma vie a décidé de mon caractère; je ne puis me résoudre à la passer légèrement. J'étais au milieu de ma seizième année. Sans être ce qu'on appelle un beau garçon, j'étais bien pris dans ma petite taille, j'avais un joli pied, une jambe fine, l'air dégagé, la physionomie animée, la bouche mignonne, les sourcils et les cheveux noirs, les yeux petits et même enfoncés, mais qui lançaient avec force le feu dont mon sang était embrasé. Malheureusement je ne savais rien de tout cela, et de ma vie il ne m'est arrivé de songer à ma figure que lorsqu'il n'était plus temps d'en tirer parti. Ainsi j'avais avec la timidité de mon âge celle d'un naturel très aimant, toujours troublé par la crainte de déplaire. D'ailleurs, quoique j'eusse l'esprit assez orné, n'ayant jamais vu le monde, je manquais totalement de manières; et mes connaissances, loin d'y suppléer, ne servaient qu'à m'intimider davantage en me faisant sentir combien j'en manquais.

Craignant donc que mon abord ne prévînt pas en ma faveur, je pris autrement mes avantages, et je fis une belle lettre en style d'orateur, où, cousant des phrases de livres avec des locutions d'apprenti, je déployais toute mon éloquence pour capter la bienveillance de madame de Warens. J'enfermai la lettre de M. de Pontverre dans la mienne, et je partis pour cette terrible audience. Je ne trouvai point madame de Warens; on me dit qu'elle venait de sortir pour aller à l'église. C'était le jour des Rameaux de l'année 1728. Je cours pour la suivre: je la vois, je l'atteins, je lui parle... Je dois me souvenir du lieu, je l'ai souvent depuis mouillé de mes larmes et couvert de mes baisers. Que ne puis-je entourer d'un balustre d'or cette heureuse place! que n'y puis-je attirer les hommages de toute la terre! Quiconque aime à honorer les monuments du salut des hommes n'en devrait approcher qu'à genoux.

C'était un passage derrière sa maison, entre un ruisseau à main droite qui la séparait du jardin et le mur de la cour à gauche, conduisant par une fausse porte à l'église des cordeliers. Prête à entrer dans cette porte, madame de Warens se retourne à ma voix. Que devins-je à cette vue! Je m'étais figuré une vieille dévote bien rechignée; la bonne dame de M. de Pontverre ne pouvait être autre chose à mon avis. Je vois un visage pétri de grâces, de beaux yeux bleus pleins de douceur, un teint éblouissant, le contour d'une gorge enchanteresse. Rien n'échappa au rapide coup d'oeil du jeune prosélyte; car je devins à l'instant le sien, sûr qu'une religion prêchée par de tels missionnaires ne pouvait manquer de mener en paradis. Elle prend en souriant la lettre que je lui présente d'une main tremblante, l'ouvre, jette un coup d'oeil sur celle de M. de Pontverre, revient à la mienne, qu'elle lit tout entière, et qu'elle eût relue encore si son laquais ne l'eût avertie qu'il était temps d'entrer. Eh! mon enfant, me dit-elle d'un ton qui me fit tressaillir, vous voilà courant le pays bien jeune; c'est dommage en vérité. Puis, sans attendre ma réponse, elle ajouta: Allez chez moi m'attendre; dites qu'on vous donne à déjeuner; après la messe j'irai causer avec vous. »

Les Confessions - Jean-Jacques Rousseau - Rencontre avec Mlle de Warens

C'est ainsi que madame de Warens rencontre Rousseau en 1728. Il l'appellera «Maman». Elle en deviendra l'éducatrice, puis la maîtresse. Mais d'autres jeunes gens l'intéressent. On se retrouvera parfois en ménage à trois. Et le démon des affaires lui reprend. «Ce n'était pas des intrigues de femme qu'il lui fallait», dira plus tard l'écrivain, «c'était des entreprises à faire et à diriger.» Exploiter des mines de charbon. Explorer des filons métalliques. Lancer une fabrique de chocolat et de savon.

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27.06.2012 - Genève - 18 heures 33

Photographier est-ce mentir ? Omettre ? Embellir ? Camoufler ? Tromper? Faire semblant ? Prétendre ? Jouer la comédie? Faire la cour au réel? Faire croire que le présent est éternel ?

Je jette ces questions en l'air sans avoir le temps de les rattraper ni de faire autre chose que l'image d'une image...

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26.06.2012 - Berne - 15 heures 09

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25.06.2012 - Choulex - 20 heures 25

A genoux devant l'inexprimable

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24.06.2012 - Genève - 17 heures 40

Nos amis ardéchois nous apportent l'expérience qui leur a permis de se mobiliser contre l'exploitation du gaz de schiste pour lutter contre la prolifération de la musique d'ascenseur andine aux fêtes de la musique...

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23.06.2012 - Genève - 17 heures 40

Devant Zara, Zorro ne parle que le farsi.

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22.06.2012 - Lausanne - 22 heures 53

La nuit des images...

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21.06.2012 - Genève - 11 heures 58

King Bala, l'incroyable et invaincu lutteur américain en visite à Genève.

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20.06.2012 - Genève - 13 heures 01

Alors ça se passe sur une terrasse. On mange. Déjeune disent les français. Un cordon bleu qui fait la planche sur un risotto. Un mec passe, zieute nos assiettes. Repasse dans l'autre sens, rezieute. Puis s'arrête, fixe avec insistance nos plats du jour encore une fois. Laissez-vous faire, que je jette, c'est délicieux. Il s'assied. Sans un mot. Je déplace mon pied droit qui touche un truc mou. La queue d'un chien. L'ai pas vu. Il est à vous ? C'est quelle marque ? On dit race. Pendant ce temps Boris envoie une image de son laptop qu'il a sur les genoux pendant que je mange, discute et considère le chien. Je dégaine mon appareil. Appelle la bête. Qui s'en fiche d'abord. Il doit avoir d'autres centres d'intérêts. Je photographie alors sa vie de chien. Rengaine. Souris à son maître qui se lance dans une histoire de combat féroce entre son chéri et un renard qui lui aurait arraché à coups de dents son petit manteau d'hiver retrouvé ensanglanté au milieu d'un champ enneigé.

Bon appétit !

Vous n'oublierez pas de me verser les droits pour l'image, me dit le propriétaire du cabot... Oui, bien sûr, justement on en parlait ce matin avec des collègues photographes.

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19.06.2012 - Switzerland (le pays des suisses) - 12 heures 00

aujourd'hui :

... balade dans un tableau de Bocion, citrouilles en porcelaine, puissant hêtre rouge, abeilles sur mer de lavande, glace à la pistache, joyeux ami moustachu, salade numéro 17, peut-être 15, enfants au c?ur de leur joie, comme le noyau la cerise, libraire introverti s'essayant à l'extraversion, train qui martèle le paysage, homme qui pisse chez les femmes, mère allaitante, chinois qui va et vient, maîtresse d'école sergent-major, défense des animaux et pornographie, pluie qui picore la peau, femme mûre, belle, avec un parasol sous le bras, si par une nuit un voyageur, Luca, moustiquaire, lunettes en écaille, jus de grapefruit pressé...

et encore :

...des milliers de voitures, de poissons dans le lac, d'avions dans le ciel, d'écrans géants, un poète édité au Mercure de France qui tousse, des martinets qui fouettent l'air, des magasins qui écartent leurs jambes, des scies à bois d'occasion, une démunie indignée que ce ne soit pas propre, Jésus dans la tête d'un homme assis sur un banc, des roumains qui rigolent, des autoroutes qui font le dos rond, des centaines de pains qui attendent d'être mordu, des entrejambes électriques, un chien qui en considère un autre, des mots qui rêvent de mettre le nez dehors, ...

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18.06.2012 - Genève - 08 heures 29

La gauche Royale, titre ironiquement Libération qui n'est visiblement pas pour la paix des ménages.

La Grèce décide, par les urnes, de se cramponner à l'Euro par les burnes.

Et puis il y a le foot, il paraît.

Ça fait qu'on oublie pour quelques jours la Syrie.

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17.06.2012 - Choulex - 14 heures 26

Triple anniversaire, tiramisu et insouciance.

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16.06.2012 - Genève - 08 heures 40

Je la vois de loin pousser sa valise. Les roulettes semblent se jouer d'elle, font des virevoltes, qu'elle remet à l'ordre, redirige, sans qu'on sache qui commande qui, (une chorégraphie de l'aléatoire qui aurait inspiré Pina Bausch). Arrivée au bord du trottoir, elle considère l'obstacle comme du haut d'une falaise. Fait basculer la valise qui l'entraîne pour se retrouver sur la route, avec un soulagement emprunté, face à une voiture, qui, au ralenti, tourne autour d'elle comme si elle était un rondpoint.

Alors, pendant que je me dépatouille dans des pensées du genre : « Voyager léger ! Voyager léger ! », elle réescalade le trottoir d'en face, plus difficilement qu'elle ne l'a dégringolé. Je me mets en route vers elle pour l'aider, mais sitôt à plat, elle s'échappe, sans doute alertée par son instinct de jeune fille qui aurait flairé les phéromones d'un satyre. Ce qui n'empêche pas une vitrine pleine de SWISS MADE de l'attirer. J'en profite pour la rattraper et tente un : « Hello ! » Elle déguerpit sans se retourner, embarquée par sa valise qui semble maintenant motorisée. Je jette alors un sonore : « Where are you going ? », sans lâcher sa valise, elle se retourne et d'une toute petite voix dit : « I am visiting ! ».

« So am I» me murmure-je, souris et retourne au boulot.

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15.06.2012 - Genève - 10 heures 53

Quelques questions posées aujourd'hui :


Que se passe-t-il dans le cerveau lorsqu'on écrit le mot BLEU avec un stylo rouge ?

Est-ce que les escargots pleurent ?

Quel est le pourcentage de gens qui s'ennuient par rapport à ceux qui travaillent ?

Y a-t-il des délégués de l'OMC qui profitent de la conférence annuelle de juin pour tromper régulièrement leur femme - et promettre la lune à leur maîtresse au moment de l'orgasme, et revenir sur terre dans la salle d'embarquement de l'aéroport ?

Quel est le mot que j'ai le plus utilisé aujourd'hui ?

Mon camarade d'école primaire, X, maire de Genève, continue-t-il à écrire des romans policiers ?

Comment peut-on se débarrasser de sa beauté si elle nous accable ?

Quelle forme prend le chagrin d'une maman moineau si elle perd son rejeton ?

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14.06.2012 - Choulex -

Engagé par mon fils pour faire des photos des rayons de ses ruches, je flippe...

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13.06.2012 - Mies - 21 heures 11

« Oui tu sais, nous aussi avons eu vingt ans... » dit sa mère en commentant un chapelet d'images projetées sur le mur du salon où nous sommes réunis pour fêter l'anniversaire de Sam.

Nous voilà renvoyé dans le bac à sable de notre nostalgie, et c'est vrai que certains doivent se dire, (j'essaye d'imaginer lesquels), qu'ils n'aimeraient pas avoir vingt ans aujourd'hui, alors que chez d'autres, on peut savoir, en les écoutant rire, si leurs vingt ans toujours les habitent.

Tout ce joli cérémonial nous fait converger vers l'Amour, le couple, la famille. Vers aimer, avoir été aimé, avoir aimé aimer. « Comme dans Duras, les choses sont compliquées. Comment il s'appelait ce bouquin, attend ? Les petits chevaux de Tarquinia. Oui, oui c'est ça... Ils verront bien, qu'ils se débrouillent... ».

Puis Sam pose, entre innocence et vertige, avec un gâteau au chocolat sur lequel est dessiné, avec des smarties, un sourire, gâteau que lui a cuit Roxanne...

A vingt ans, on mange des gâteaux qui sourient !

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12.06.2012 - Genève - 16 heures 27

-Monsieur... j'aimerais des cigarettes.
-Je ne fume pas.
-Alors vous m'achetez un paquet ?
-Non... (J'allais lui dire FUMER TUE mais me suis retenu), là... vous avez déjà un paquet dans la main !
-J'en veux un autre.
-Vous vous appelez comment ?
-Maya.
-Vous faites quoi dans la vie ?
-J'étais journaliste.
-Vous étiez ?
-Oui.
-Vous écriviez quoi ?
-Des histoires... mais je ne m'en souviens plus
-...

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11.06.2012 - Choulex - 19 heures 55

Extrait du message d'un ami :

"Contrairement à toi, je n'aime pas cette citation de Prévert « Il faudrait essayer d'être heureux,
ne serait-ce que pour donner l'exemple » qui est reprise lourdement dans le film Amour de Michael
Haneke.

Etre heureux ne se commande pas. Moi, je suis grossièrement heureux en raison de cette faiblesse
de mon caractère qui me porte obstinément à chercher et le moindre effort et le plaisir. Par hasard
ce fonctionnement me convient.

Quant à vouloir donner l'exemple, que Dieu m'en garde. Je n'ai pas suffisamment le souci d'autrui
pour me contraindre à faire quoi que ce soit pour lui. Seul le souhait de ne pas blesser ceux qui me
sont proches m'entraine occasionnellement à modérer ma conduite. Mais leur bonheur, c'est leur
souci et je ne peux rien, ou presque, pour eux.

Cette citation de Prévert, dont je sais que tu raffoles, a donc tout faux".

J.

Extrait de ma réponse à l'ami :

"Cher ami, le bonheur c'est contagieux. A chacun ses contorsions. Moi les miennes me portent vers les autres".

F.

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10.06.2012 - Genève - 19 heures 08

Rouleau compresseur abandonné, entouré de quelques marguerites curieuses.

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09.06.2012 - Genève - 19 heures 08

Concours de lancé de radis.

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08.06.2012 - Genève - 18 heures 17

Max passe le vernis à Rousseau à la Pinacothèque.

Certains appelle Max, le Serial Vernisseur.

D'autres ne comprennent pas le thème : ROUSSEAU IMPOSTURES mais trouvent le buffet plutôt bien garni.

Quelques uns repartent, heureux, avec de beaux tirages pas chers.

Une jeune fille, fascinée par une image, rêve.

J. s'embrouille dans une histoire d'amour et de Nutella.

Un groupe de gamins...

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07.06.2012 - Genève -10 heures 50

Léo Iris et Jean, plus de cent soixante ans de vies trépidantes à eux trois.

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06.06.2012 - Genève - 15 heures 58

Fuck money, let's be happy!

Fuck police, be angry!

Fuck love, let's fuck.

Fuck up your life, have a Coke for breakfast.

Fuck on top, don't be an asshole.

Fuck you! With pleasure if you insist.

Fuck this, for fuck's sake even if you don't know how to do.


Sans faire de l'ironie pour plus aisément m'adonner à la méchanceté, nous ne sommes pas dupes, non, de ceux qui cherchent à faire de nous des révoltés pour mieux nous enculer.

What a fucking manque de classe...

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05.06.2012 - Choulex - 18 heures 12

Ce que je ne ferai pas aujourd'hui :

...caresser le chat, je ne sais pas où il est. Du cerf-volant, les fils sont emmêlés, les attaches incomplètes, le vent se traîne dans les fourrés. Lire Homère, jamais pu. Un oeuf au plat, pas envie. Me baigner dans l'Aar, un fleuve qui traverse la ville de Berne, Berne est à deux heures d'ici, pas le courage de prendre la route au moment où tout le monde la prend pour rentrer chez soi, las, recru. D'ailleurs l'eau de l'Aar doit être glacée. Penser à l'Amour. L'écrire c'est pourtant déjà y penser un peu, me voilà pris en flagrant délit de contradiction. Puisque j'y suis : certains y pensent trop, d'autres pas assez. Faire du jogging, ça me dépasse. Ecrire au pape, comme quelqu'un que j'ai connu, qui envoyait au Vatican, à l'attention de Sa Sainteté, des récriminations sur le peu d'engagement de l'église envers les indigents. Faire du cheval dans la campagne avec un gestionnaire de fortune et parler des problèmes de la zone euro. Sortir en boîte. M'inventer un pseudo par coquetterie. Aider mon fils à nourrir ses abeilles, qu'il se débrouille, lui qui me reprochait (avec une tendre ironie) de l'avoir trop couvé.

Ce que je ferai aujourd'hui :

...sur le champ, à l'instant, manger une banane pour jouir de la sensation râpeuse de sa chair fond du gosier et l'écouter me raconter son long voyage jusqu'ici...

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04.06.2012 - Genève - 18 heures 41

C'est sans doute l'ardeur contenue dans le vaste espace du slip qui fait des duels une affaire de mâles. Dans les romans d'Alexandre Dumas en tous les cas, c'est à coups de sabres et d'épées - sans que je n'aie jamais su vraiment la différence entre un sabre et une épée - que pavoise la virilité. Si les deux protagonistes sont des enfants mal équarris par une éducation trop lâche et une self-estime démesurée, la compétition, pour atteindre le pinacle, risque parfois de faire des dégâts collatéraux. C'est parce qu'ils se croient le centre du monde, et que rien d'autre ne compte qu'eux (c'est presqu'un jeu de mot !) qu'il faut se tenir à distance de ces enragés pour ne pas prendre des coups, (ou une balle perdue).

Aujourd'hui la musique, le rock et le heavy metal ont adouci les m?urs. Ce n'est plus à coups de pétoires que les choses de l'honneur se règlent, mais à coups de clic et de clac. (L'image remplace la lame).

Sony Nex 7 contre Nikon D3, en rafales - si on veut bien - et pour faire court et passer à autre chose, les véritables vainqueurs de ce duel de Mickeys, ce n'est ni l'un ni l'autre, ce sont les nippons.

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03.06.2012 - Choulex - 12 heures 16

Les joyeux coups de jarrets de Michel me font penser au très beau texte d'un des plus grands-écrivains-cycliste-suisses - et injustement méconnu, Charles-Aibert Cingria :

"Le jour s'affaisse. De suaves petites étoiles commencent à naître. Le sol est invitant, fardé, aimable, élastique, lunaire. Ou bien c'est moi, et alors je suis dans des dispositions extraordinaires, ou bien c'est ce grand frémissement subit d'en haut des peupliers qui n'est pas des oiseaux mais le vent que je ne sens pas parce que je vais avec, qui me pousse et fait que je vais si vite. Aucune fatigue. Cela pourrait être éternel. Je suis un cristal qui ne respire pas : qui existe ?? c'est l'intention ?? le reste qui était fendu pour récupérer, obligeant à un rythme d'esclave, est aboli. Par le bas, je reste animal, mais je suis une boule. J'ai frais aux chevilles. Je n'ai plus besoin de voir. C'est adorable. J'ai aussi un peu peur. C'est adorable. Je vais excessivement vite. Un bruit, le seul, à part ce torrent momentané des feuilles sur quoi éclate la lune, est ce grincement mutuel ?? sexuel ?? de deux bois profondément encaustiqués, l'un, ocre, de vieux miel de frelons, l'autre grenat comme le porphyre de certaines gaules des saules, et c'est mes jantes. Je suis heureux de ce siècle, heureux de ce sable, heureux de ma selle Brooks aux exquis craquements."

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02.06.2012 - Hermance -17 heures 40

Ce même soir :

Les Auer inaugurent leur fondation et reçoivent le ministre de la culture.

Gabriel fête ses 39 ans et reçoit une cravate.

Johnny enflamme le stade de la Praille et reçoit un joli cachet.

Un rossignol chante dans un fourré au crépuscule.

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01.06.2012 - Choulex - 19 heures 27

Mais que signifie cette cerise au milieu de la ligne de vie d'une main ?

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