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La semaine uneparjour
Un été de 12 photographes
Les photographes
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Genève - 09 heures 23
Que ce soit bien clair : c’est le commerçant qui prend position avec sa pétition contre le trafic des mineurs à des fins sexuelles, tout en étalant des naïades à moitié dévêtues dans ses vitrines pour vanter sa marchandise.

Oxymore de la plus belle espèce!

C’est comme d’écrire en gras sur les paquets de clopes : FUMER TUE !

Ou lorsque BP (avec son logo fleuri) annonce avoir investi quinze millions de dollars pour sauver les espèces menacées.

Don’t be a number, be yourself ! Levi’s 501

C’est parfois difficile d’y voir clair dans la jungle du profit.
[Francis Traunig 20100906 Vers l'image]


Crache sur Saint-Julien - 13 heures 14
Les mots disparus.

Un platane majestueux recouvre la table où s’étalent tartes, fromages et toutes sortes de bonnes choses. La route qui traverse le village rase le jardin, derrière une haie. Aux ronrons des voitures succèdent les conversations des cyclistes qui passent : « On pourrait…prends, droite …il, attention, oui… », la vitesse étire et déforme les phrases qui s'éparpillent en mots et disparaissent…

« Au début on notait ce qu'on entendait sur la route dans un carnet, c’était génial. Je sais d’ailleurs plus où il est ce carnet… », me confie Christophe.
[Francis Traunig 20100905 Vers l'image]


Saint-Prex - 22 heures 26
Le vent ourle la peau du lac. Samedi soir. Une souris trotte dans le grenier, cherche probablement quelque chose à se mettre sous la dent. Max fume son cigarillos. Charles-Henri le sien. Il raconte. Les fleurs se dodelinent dans leur vase posé sur un djembé, mêlent leur haleine à la nôtre. Claire amène le tiramisu. L’esprit vif de Marguerite se faufile entre les verres, les fait tinter. On rit, écoute, boit et mange.

Entre les nuages de nos souvenirs et l’instant présent, tout le poids du monde sur les genoux de Philémon.
[Francis Traunig 20100904 Vers l'image]


Monniaz - 20 heures 49
Le public en transe est emporté par l'énergie phénoménale des Bubble Beatz qui arrachent des sons à des couvercles de poubelles, font couiner des enjoliveurs, hurler des tuyaux de chauffage, chuinter des chaînes sur des tôles…
[Francis Traunig 20100903 Vers l'image]


Genève - 16 heures 23
Youuuuu ! youuu ! Hiiiii ! Hiiiiii ! Youuu ! Hi, hi !
[Francis Traunig 20100902 Vers l'image]


Genève - 07 heures 46
Un théologien et un avocat, débordés par un débat d’idées, font jaillir la fougue de l’adolescence, après s'être mutuellement ébranlés les convictions.
[Francis Traunig 20100901 Vers l'image]


Genève - 18 heures 07
[Francis Traunig 20100831 Vers l'image]


Genève - 11 heures 12
Nous sommes tous des créatures de Dieu. Même celles qui chient sur les façades des temples qui le vénèrent.
[Francis Traunig 20100830 Vers l'image]


Marchissy - 14 heures 33
Le bûcher des vanités.
[Francis Traunig 20100829 Vers l'image]


Vandoeuvres - 19 heures 45
Portrait incomplet de chat qui guette l’oiseau.


Manque l’arbre à cœur, le crumble au kinoa, le sourire de Françoise, les rires de Tom.
Manque : « Tu portes des chaussettes blanches ? ».
Manque la passion de Thierry pour la beauté de l’incongru.
Manque l’incompréhension de ceux qui portent leur chemise en dehors du pantalon pour ceux qui la mette dans le pantalon.
Manque le cochonnet jaune qui sautille sur le gravier.
Manque Pablo, Véro et bien d’autres.

C'est fou comme cadrer exclut.
[Francis Traunig 20100828 Vers l'image]


Genève - 15 heures 15
Laissez-moi vous offrir un café.
Ne trouvez-vous pas que l’été a été précoce ?
C’est troublant, vous avez les mêmes yeux que ma mère.
Ne me dites pas que vous ne croyez pas au hasard ?



Laissez-moi vous offrir un thé, alors !?
Ou la promesse de vous écrire tous les jours pour vous dévoiler un peu mon âme.
Vous êtes belle comme la vierge Marie avec un petit rien en plus.
On ne vous l’a jamais dit ?
J’aimerais être selle de vélo et vous faire découvrir les Pays-Bas.
Vos cheveux me font penser à ceux de Sissi quand elle sort de la douche dans le dernier Godard, et vos fesses au ciboire devant lequel s’agenouille le Pape, et vos jambes à celles de la Reine Victoria qu’elle avait royales, et votre chute de rein à celles du Niagara. Ne pensez pas mal, si je vous dis que votre bouche me mange les mots de la mienne.
Votre regard pourrait faire s’exclamer le point d’interrogation le plus obstiné.
Et vos seins réconcilier l’Orient et l’Occident, du moins leurs dignitaires.



Tu veux juste me sauter vieux dégueulasse ?
Mais pas du tout Madame, c’est que j’adore les particules fines.
Mais alors pourquoi tu me l’as pas dis plus tôt ?
[Francis Traunig 20100827 Vers l'image]


Genève - 16 heures 36
-Tu l'as volé ?

-T'es fou, j'vole pas moi.

-Mais alors qu'est ce que tu fais avec un sac à main de femme ?

-Mais j'y mets mes affaires, c'est vachement pratique un sac à main de femme.
[Francis Traunig 20100826 Vers l'image]


Genève - 12 heures 55
-Mais riez, Monsieur, riez ! Il fait si beau ! Monsieur, venez, Madame, riez, riez… nous allons bientôt mourir.
[Francis Traunig 20100825 Vers l'image]


Genève - 18 heures 37
L’amitié avec Jean ? comme une fugue de Bach jouée par une fanfare!
[Francis Traunig 20100824 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 04
-Tu es beau !

Ai-je murmuré au nuage avant qu'il répande ses tripes dans la nuit sur terre.

-Tu es bon !

Ai-je pensé, le lendemain quand le nuage est ressorti du robinet pour couler dans mon verre.

Et l’ai bu !
[Francis Traunig 20100823 Vers l'image]


Le Léman - 17 heures 33
Ni plus ni moins arrimés au bonheur…
[Francis Traunig 20100822 Vers l'image]


La Capite - 20 heures 20
Libations joyeuses pour les 552 mois d'existence de Mireille alors qu'Alice, sereine, fête tout juste son premier mois.
[Francis Traunig 20100821 Vers l'image]


Genève - 09 heures 42
Vu dans la rue un homme à cheval pris dans un filet

Plus loin, plus tard :

Un matamore bombe son torse

qu’il offre au regard d’une femme qui passe - bien maigre présent pour une si belle journée - il ne peut sans doute pas plus - le soleil fait crier leurs ombres qui s’emmêlent - une image cède sa place à une autre, le matamore qui veut toréer se contente de faire danser son reflet dans une vitrine…

Le fracas d’un camion déchire alors le rideau de mes pensées
Derrière lesquelles en palpitent d’autres
Nuées d’étourneaux en bocal

Il y a là
l’œil sanguinolent d’un taureau lacéré par les cris de la foule
dans lequel se mire le Matador
Bombe
Son
Torse
Toise
La bête

Lève les bras - Christ décroché - sur la pointe de ses ballerines et tend ses clous vers cette locomotive de chair qui fulmine

Faut-il, merde, interdire la corrida ?
Jouer du Mozart dans les abattoirs ?
Faire fumer des pétards aux cochons qu’on va saigner ?

Tuer avec plus de Dignité les animaux qu’on bouffe, qu’on transforme en pâté, en entrecôtes, en saucissons ?

Tuer avec dignité ?!?

Si j’étais taureau, je préférerai avoir la chance d’encorner un Matador plutôt que de finir en Hamburger.



Ps : Equiper les toreros de tasers permettrait de préserver la tradition sans les désagréments de la barbarie - et Nike pourrait se charger de renouveler la garde robe désuète et franchement obscène de ces bouchers qui se prennent pour des Noureïev. L’homme alors, enfin, gagnerait en humanité.
[Francis Traunig 20100820 Vers l'image]


Genève - 21 heures 57
Petite fête cacahouètes, fromage, blanc, bières pour fêter le départ de Niels pour le Cameroun.

Photographes en goguette.

Jean est en Roumanie.
Nicolas en partance pour la Transnistrie.
Fred se prépare pour l’Afrique du sud.
Alan est en Argentine.
[Francis Traunig 20100819 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 17
Entendu :

-…avec ton beau corps plein de nichons, toi au moins tu me plais. Tu sais, je ne peux m’empêcher de dire ce que je pense.

-Oui mais des fois…

-Des fois quoi ? C’est pas de ma faute si celle avant toi était mal foutue du bas malgré son beau visage…
[Francis Traunig 20100818 Vers l'image]


Zurich - 10 heures 22
Entendu :


-…t’enlèves une chaussure, tu me tapes avec le talon !

-Ah oui !

-…

L’homme et la femme se font face, tirent longuement sur leur cigarette, en tenant chacun sa tasse de café par la hanse, s’en jettent une goulée de conserve, puis tètent encore une fois leur cigarette.

-…

-Tu bailles ? Y paraît qu’un bon bailleur fait bailler trois personnes à la fois.

-…
[Francis Traunig 20100817 Vers l'image]


Zurich - 14 heures 47
Entendu :

-J’ai perdu vingt kilos en un an, je me sens vachement mieux

-Comment vous avez fait ?

-Mon médecin m’a dit, c’est horrible, mais c’est vrai, y m’a dit : Auschwitz, vous avez vu des gros là bas ? Non ? Eh bien voilà, il suffit de manger moins, c’est pas compliqué.
[Francis Traunig 20100816 Vers l'image]


Choulex - 11 heures 35
Entendu :

Rire un faucon hobereau (au vol plus rapide que le martinet) à la vue d'un gros lapin.
[Francis Traunig 20100815 Vers l'image]


Genève - 11 heures 36
Entendu :

Le bonheur, ça arrondit.
[Francis Traunig 20100814 Vers l'image]


Genève - 08 heures 28
Entendu :

L'amour en dehors de celui de Dieu pour les hommes, ça n'existe pas.
[Francis Traunig 20100813 Vers l'image]


Genève - 20 heures 34
Anévrisme sanglant dans le cerveau de Dieu qui regrette tellement n’avoir pas un corps de chair pour être aimé autant que s’aiment les amants sous le balcon de son ciel.
[Francis Traunig 20100812 Vers l'image]


Genève - 14 heures 44
Ils vont convoler dans deux semaines et s’aiment d’amour. Elle gratifie son homme de 85 ans de qualités qui cliquettent comme une rangée de médailles sur la poitrine d’un amiral russe, et conclut :

-C’est moi qui lui fait ses brettelles…

Se dire les choses, vite, avant que le curé ou le pasteur n'aient à les dire à notre propos, lorsque nous n’aurons plus besoin de brettelles.
[Francis Traunig 20100811 Vers l'image]


Genève - 13 heures 29
Il s’égosille de terreur.

Maman, qu’il crie.

Une mère, qui n’est pas moineau, dresse l’oreille et se précipite, veut recueillir l’oisillon terrorisé, mais la mère légitime, la moineau, fonce sur la mère adoptive.

Au même moment, je dis : attendez, je veux aussi faire sortir mon petit oiseau ! Mais hélas un dixième de seconde trop tôt.

L’histoire semble bien finir : le rejeton est déposé au pied d’un arbre. La mère moineau, perchée sur le rétroviseur d’un scooter, pleure de joie. Arrive un bâtard - genre chien d’alcoolique dans Walt Disney - lève la patte contre l'arbre, ne voit pas l’oisillon, pisse…

La mère qui n’est pas moineau, élève la voix. Le chien et son maître, placides l'un est l'autre, n’y comprennent rien, s’ébrouent et s’en vont.
[Francis Traunig 20100810 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 52
Un couple de ramier survole la vigne en train de mûrir.

Une neige d’insectes suspendue dans le soleil.

L’odeur de sexe du blé coupé.

Une plume se balance à un brin d’herbe.

Un avion ronronne comme un chat qu’on caresse.

Août.
[Francis Traunig 20100809 Vers l'image]


Marchissy - 17 heures 49
[Francis Traunig 20100808 Vers l'image]


Badenweiler - 09 heures 45
Mort et pourtant encore debout.
[Francis Traunig 20100807 Vers l'image]


Badenweiler - 18 heures 25
[Francis Traunig 20100806 Vers l'image]


Gera - 13 heures 15
Dans la zone industrielle, sur d’immenses citernes à combustible, à l’entrée de Gera, est inscrit en rouge : Gera, la ville d’Otto Dix.

Visite de la modeste maison où le peintre est né.

Sommes les seuls visiteurs ce qui semble réjouir le personnel du musée qui s’active à ouvrir les pièces à visiter.

-Pourquoi si peu de monde… »

-Parce que notre ville n’est pas très jolie, etc…

-Die Austellung war magnifque, Danke schön pour votre accueil

-Wir möchten manger eine lokale spécialität, etc…

-Montez bis zum schloss, da finden Sie eine kneipe, pas cher et bon, etc..
[Francis Traunig 20100805 Vers l'image]


Berlin - 16 heures 08
…elle sort de sa cahute, aboie - tire une salve, serait plus juste – et m’ordonne de rebrousser chemin immédiatement. Je suis entré dans le magnifique jardin botanique par la sortie.
[Francis Traunig 20100804 Vers l'image]


Berlin - 14 heures 26
- Dream passage -

"Bruce Nauman travaille depuis le milieu des années 1960 avec différents médias. Son œuvre riche et diversifiée comprend des sculptures, des films, des vidéos, des photographies, des travaux au néon, des gravures, des installations et des œuvres axées sur le langage. Vers la fin des années 1960, il commença à construire des corridors et des pièces dans lesquels les spectateurs pouvaient entrer. Quelques exemples particulièrement intéressants de cette démarche artistique sont présentés dans le hall central du musée."

Dream passage du 28 mai au 10 octobre à la Galerie nationale du musée d’art contemporain Hamburger Bahnhof pour ceux qui se posent cette question fondamentale : Mais pourquoi Joseph Beuys n'a-t-il pas éteint la lumière en sortant ?
[Francis Traunig 20100803 Vers l'image]


Bodman am Bodensee - 08 heures 10
[Francis Traunig 20100802 Vers l'image]


Bodman am Bodensee - 15 heures 12
"…bzzzzzzzzzzzzzzzz…."
[Francis Traunig 20100801 Vers l'image]


Genève - 12 heures 39
Le peu comme anxiolytique.
[Francis Traunig 20100731 Vers l'image]


Genève - 21 heures 45
13 francs le kilojoule d'émotion sur ce joujou de 78 tonnes et de 54 mètres de haut.
[Francis Traunig 20100730 Vers l'image]


Interlaken - 10 heures 32
Vu:

…un homme de mon âge jouir du mollet galbé d’une jeune vététéiste qui se tend sur la pointe des pieds pour remplir sa gourde.

…un cocker geindre comme si sa dernière heure était venue.

…une femme voilée se faire lécher la main par une chèvre qui chie sur un quai de gare.

…un guide indien, gras comme une croûte au fromage, traiter ses clients comme du bétail.

…une jeune japonaise assise dans un train en train de visionner un film sur son téléphone et photographier le paysage en même temps.

…cinq ados adossés contre une porte de garage à pianoter sur leur laptop.

…la montagne éventrer le ciel et arroser tout le monde.
[Francis Traunig 20100729 Vers l'image]


Kleine Scheidegg - 09 heures 46
Agrippées à l’Eiger, deux petites taches de couleur.
[Francis Traunig 20100728 Vers l'image]


Grindelwald - 17 heures 19
« …l’aurait-elle voulu que, chaque nuit, elle aurait pu compter une vingtaine d’estocades pondérées, la dernière ponctuée d’une voix de ténor. Ensuite, il se couvrait et s’endormait. Ahurie, vidée, elle restait étendue dans le noir pendant une heure au moins. Parfois elle se consolait avec le doigt. Elle s’épanchait à l’oreille de sa meilleure amie, quand on aime, ce n’est pas la même chose, lui disait celle-ci, mais allez expliquer des papillons à une tortue. » (Amos OZ, Seule la mer)
[Francis Traunig 20100727 Vers l'image]


Meiringen - 13 heures 56
…la pente, antidote à l’agitation, à l’effervescence, à la frénésie, à la fébrilité, à l’hystérie, à l’impatience, à la fougue, à l’impétuosité, à la pétulance ; la pente, ça vous remet dans ses petits souliers le plus ardent des excités.
[Francis Traunig 20100726 Vers l'image]


Burtigny - 14 heures 32
Quelque part quelqu’un à genoux sur un pont tend ses paumes au ciel
Quelqu’un une semaine trouve que c’est long
Quelque part un flocon - très haut - doucement descend
Puis fond et accélère
Quelqu’un suce quelqu’un qui vient d’arrêter de fumer
Quelque part quelqu’un se cogne contre un mur invisible et dit Zut en s’essuyant le nez
Quelque part quelqu’un attend depuis dix sept ans un peu de tendresse après l’Amour
Quelqu’un quelque part ne sait pas qu’il a été enfant
Quelque part des hommes qui n’en peuvent plus de traverser des déserts s’échouent comme des poissons morts
Quelque part un S se glisse dans un mot qui n’en veut pas
Quelque part Jésus est une assiette
Quelque part quelqu’un pense mais ne sait pas quoi
Quelque part quelqu’un veut mourir d’avoir top vécu
Quelque part toujours il fait jour
Quelque part un livre
Quelque part des mouches pondent dans les boyaux d’un chien qui s’appelait Titi
Quelqu’un est homme et ne le supporte plus
Quelque part c’est le contraire
Quelque part quelqu’un se glisse dans l’ombre du cœur de quelqu’un que ça gratte derrière la tête
Quelque part se désagrège
Quelqu’un se croit chien et tire sur sa laisse
Quelqu’un se lasse
Quelqu’un quelque part ronfle sur une chaise longue au soleil
mais ne le sait pas
Quelque part quelqu’un se donne d’Amour contre un plat de nouilles
Quelqu’un crie pirouette dans la chambre d’à côté et rit
Quelque part feulent deux lions sous un acacia et se menacent
Quelqu’un écrit J’aime Jacques avec un bic rouge dans les toilettes d’un restoroute et se branle
Quelque part depuis deux mille ans un fleuve s’entête à sortir de son lit
Quelqu’un attend quelqu’un qui attend
Quelqu’un sent la pisse et écoute Mozart en pleurant
Quelque part un enfant arrache les ailes d’une sauterelle et ne comprends pas pourquoi trois et deux ne font pas huit
Quelqu’un glisse perd une chaussure qui tombe à l’eau et flotte
Quelque part on rit de voir pleurer
Quelqu’un dit non et pense le contraire sans savoir pourquoi
Quelque part un poisson s’échappe par un lavabo
Quelque part brûle
Quelque part quelqu’un dans un tunnel demande ses papiers à quelqu’un qui n’en a pas
Quelque part des fourmis construisent
Quelque part une guerre se prépare dans la tête d’un homme qui s’appelle François
Quelque part quelqu’un ne sait pas que son destin sera plus grand que lui
Quelque part un sexe immense déchire
Quelqu’un se met le doigt dans le nez en lisant Une saison en Enfer
Quelqu’un malheureux veut skier alors que c’est l’été
Quelqu’un pleure pèse six kilos trois cent cinquante fait ses dents et sera président
Quelque part une poire tombe d’un arbre et écrase une souris
Quelque part fermente l’irrémédiable au fond de la tête d’un fou
Quelqu’un pense que Céline c’est un nom de fille
Quelque part quelqu’un écrit quelque part quelqu’un écrit
Quelque part le vent lèche la plaie d’un volcan qui s’épuise
Quelque part toujours
S’obstine


(Sans vergogne, librement inspiré de Quelqu'un quelque part de Michaux)
[Francis Traunig 20100725 Vers l'image]


Genève - 10 heures 04
Bouchons festival :

-3 heures au Mont-Blanc
-2 heures 30 à Goppenstein
-11 kilomètres au Gotthard
-3 heures et quart entre Vienne et Orange

et les mouches zézayent…
[Francis Traunig 20100724 Vers l'image]


Martigny - 11 heures 19
…cette lancinante question, en carrousel dans la tête :

-Pourquoi certains s’obstinent-ils à plonger dans des piscines vides ?
[Francis Traunig 20100723 Vers l'image]


Gemmi - 09 heures 14
Fortes émotions alpines.
[Francis Traunig 20100722 Vers l'image]


Genève - 13 heures 58
[Francis Traunig 20100721 Vers l'image]


Léman - 20 heures 22
[Francis Traunig 20100720 Vers l'image]


Genève - 16 heures 39
hey - alles glänzt, so schön neu !
hey - wenn's dir nicht gefällt, mach neu !

Peter Fox - Live in Berlin
[Francis Traunig 20100719 Vers l'image]


Sézegnin -16 heures 32
Gambling, Gods and LSD
[Francis Traunig 20100718 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 40
Aujourd’hui, j’ai tué six fourmis et une mouche.

Sans aucun état d’âme.

Avec l’index.

Une claque pour la mouche avec un journal plié.

Je me suis demandé pourquoi c’était si facile.

Parce que je ne suis pas mouche, je pense.

Parce que son monde, ses zézaiements me sont tellement lointains.

Je ne sais même pas si elle à un cerveau, même petit, si la mouche pleure, rit, s’étonne.

Un singe c’est plus difficile de l’écraser avec l’index.

Surtout si il implore des yeux.

C’est peut-être pour ça que les bourreaux mettent des cagoules aux suppliciés.

Que les bourreaux appellent ceux qu’ils veulent exterminer : Cancrelats

C’est pour ça, sans doute qu’on affuble celui qu’on hait, d’un nez crochu, d’une peau étrange, de comportements incohérents : qu’on l’encagoule dans le mépris.

Et les moustiques ? Les tiques ? Les limaces ? Et le veau qu’on a arraché à sa mère et que j’ai mangé, hier, en saucisses ?

Décidément, cette histoire de mouches et de fourmis me perturbe…
[Francis Traunig 20100717 Vers l'image]


Léman - 19 heures 28
Jour du poisson. Petit hommage en monochrome au regretté photographe Humerose disparu de la surface des écrans.


« Tout passe, même le Mont-Blanc » anonyme
[Francis Traunig 20100716 Vers l'image]


Genève - 17 heures 17
…mais ça ne s'est pas passé comme prévu.

Carla insiste pour me jouer un air de guitare, une de ses dernières composition. Elle me gratifie d’une espèce de daube sentimentale de gonzesse. Gratouille, chling-chling et compagnie…Merde quoi! On n’est vraiment pas fait pareil. Le rugissement puissant d’un fauve lâché dans la rue fait s'agiter les rideaux tirés, me désempêtre de mes réflexions. Une Harley! Ma main à couper ! Mais qu'est ce que je fous à poil, au lit, avec cette lyrique au milieu de la journée, alors que je pourrais me défoncer au guidon de ma moto ?

Voilà que le grelot de cloche de chèvre du téléphone s’en mêle : Carla pose sa gratte, répond :

« Maman, c’est toi, comment vas-tu… ? »

Après vingt minutes de « Ah, oui, non ? tu crois ? » Carla pose le combiné, s’allume une cigarette et dit :

« C’était Maman -comme si je ne le savais pas, non mais oh ! - elle vient de s’acheter une Harley et est passée dans le quartier. Elle a vu les rideaux tirés. Elle n’a pas voulu nous déranger… Tu vas me chercher un yaourt dans le frigo chéri ? »
[Francis Traunig 20100715 Vers l'image]


Genève - 18 heures 56
55 ans, l'épaisseur d'une vie, entre le portrait de Marie-Jeanne et le portrait de Marie-Jeanne.
[Francis Traunig 20100714 Vers l'image]


Genève - 13 heures 16
-Je suis tombé du 9ème étage et me suis arrêté au cinquième. Me suis écrasé sur un plateau. J’ai eu du bol. Pour m'en remettre, suis allé boire un verre avec les copains, mais c’est après que les douleurs sont venues…
[Francis Traunig 20100713 Vers l'image]


Cologny - 19 heures 50
…au milieu de la conversation, entre « qui veut une tranche de gâteau et les coups de vents venaient des Voirons » cette saugrenue question :

« Est-ce qu’il vaut mieux être vivant (et nous), que célèbre et mort ? »

La tarte aux abricots, alors, répond à notre place, et nous rend joyeux.
[Francis Traunig 20100712 Vers l'image]


Belmont - 14 heures 45
Dimanche ensoleillé emporté par une bulle de savon
[Francis Traunig 20100711 Vers l'image]


Genève - 07 heures 40
Empêtré dans sa rage, suivi de ses affaires en pagaille, il est expulsé bruyamment du poste de police dans les bas côtés de ce samedi matin.

Il se déplie, torse nu bombé, en moulinant des bras, et menace un gendarme penché à la fenêtre de son bureau qui lui ordonne de foutre le camp.

Remake d'une scène de ménage d'un Casavete mis en scène par Woody Allen ?
[Francis Traunig 20100710 Vers l'image]


Genève - 08 heures 46
Ô Banier
Grand Maître de l’entourloupe
Moineau solaire à la tête de patate
Qui fait vibrer ses ailes pour qu’on lui donne la becquée

Ô Banier
César des photographes
Nous te révérons et sacrifierons aux cimaises
Nos couilles que toi tu as si près du cul
Pour qu’encore plus tu puisses la tondre
La Liliane qui ne sait plus quoi faire de sa laine

Ô Banier
Faut juste y aller
Sauf que nous on n’ose pas
Les flatter avec l’objectif
Les riches
Qui sont si seuls derrière leurs tentures de velours
A chier des rivières de diamants dans les pissotières des banques

Ô Banier
Photographier c’est flatter
Toi tu l’as bien compris
J'fais ça sans arrêt
Mais ça m'coûte tellement plus que ça me rapporte…


Ps : toi qui a des entrées chez les friqués, te ferai voir ma collection de Vénus callipyges.
[Francis Traunig 20100709 Vers l'image]


Genève - 12 heures 53
Lactarium (en suite du 6 juillet) :


…il est arrivé une fois qu’une mère ne supportât pas l’idée que son lait soit extrait par un procédé mécanique (« Je ne suis quand même pas une vache » avait-elle proclamé avec une franchise déroutante…) et ordonnât derechef au jeune étudiant de lui téter les seins. L’employé du Lactarium d’abord désorienté, comprît qu’il n’échapperait pas à cette consigne autoritaire et se mît à l’ouvrage avec ardeur, aspirant goulûment le liquide maternel qu’il recracha à profusion dans un bocal de verre.

« Gentil petit », disait-elle en lui caressant les cheveux…

Les services d’immigration suisses avaient privé cette jeune femme de son nourrisson resté dans sa famille, en Italie. Ses montées de lait la débordait et lui faisait souffrir les seins mais les fréquentes collectes de son liquide précieux la soulageaient bienheureusement, permettaient au Lactarium de remplir ses frigos et au jeune étudiant d’aimer son travail, plus qu’il n’en aimera jamais aucun autre autant.
[Francis Traunig 20100708 Vers l'image]


Genève - 13 heures 29
Les pigeons.

Tous ces gens, tous ces gens
Vont, viennent
Tous ces gens vont, glissent, tristes
Malgré le soleil
Tous ces gens vont
Lèchent les vitrines des magasins
Slurpp !
Chargés de cabas
Slurpp !
Lèchent les vitrines sur lesquelles c’est écrit SALE

Comme c’est curieux

Tous ces gens vont,
Viennent
Toussent malgré le soleil
Déboursent 7 francs pour leurs cigarettes
Qui vont faire des petits nuages de fumées
Et vont et viennent les petits paquets
Sur lesquels c’est écrit
En gras
TU VAS CREVER SI TU FÛMES!

Comme c’est curieux

Tous ces gens vont, viennent
Les cervelles labourées par les tracteurs des marchands de salades numériques
Vont et viennent les promesses
De rêves en flux tendu
POUR 49.90 MENSUEL
Bien profond
Se faire mettre

Comme c’est curieux
[Francis Traunig 20100707 Vers l'image]


Bonvard - 06 heures 55
…à l’époque où, jeune et plein d’énergie, en sus des études, on s’arrondit les fins de mois avec des petits boulots, il amenait aux jeunes mères qui venaient d’accoucher, des tire-lait, leur en expliquait le fonctionnement. Ensuite de quoi, il collectait le lait sorti des mamelles pour le ramener au lactarium qui l’employait. Le lait maternel était alors stocké, lyophilisé ou congelé avant d’être redistribué aux maternités qui en faisaient bon usage.

Parfois… mais j’en parlerai une autre fois…
[Francis Traunig 20100706 Vers l'image]


Genève - 20 heures 37
Bavardages sans conséquences dans le moelleux de la fin du jour. Ma glace au chocolat en profite pour prendre la poudre d'escampette et me couler sur les doigts…
[Francis Traunig 20100705 Vers l'image]


Marchissy - 16 heures 15
Là, dans ce cadre, dans cet écrin, des centaines de papillons blancs dansent la java, pirouettent, se reniflent les antennes, gonflent les ailes, font les beaux. Savent-ils qu’ils sont les jouets de quelque chose qui les dépasse ?

Et moi, de qui suis-je la marionnette ?
[Francis Traunig 20100704 Vers l'image]


Sur la route - 19 heures 56
Père et fils en goguette avec des filets de perches en nage dans une sauce au beurre au fond de l'estomac…

Si ces poissons avaient su qu'ils finiraient un jour par faire de la moto, ça les aurait sûrement fait bidonner
[Francis Traunig 20100703 Vers l'image]


Genève - 18 heures 10
A hue et à dia nos passions nous irriguent. Vivant enfin ! moi qui me croyait mort. Un cyclone me dévaste le cœur que j’ai plus grand qu’une cathédrale, cœur qui rebondit comme la balle de break que sert Nadal à Federer à Wimbledon, qui beugle, tel Pancho Villa entrant dans Mexico : VIVA LA VIDA ! CARAMBA !!!
[Francis Traunig 20100702 Vers l'image]


Genève - 14 heures 07
La chaise.


Extérieur galerie marchande de Cornavin - 14 heures 07 - Les personnages : Marie-Jeanne Conte. Deux Agents Sécuritrains. Un Touriste.



AS -Rendez cette chaise !

MJC -Laissez-moi, je veux travailler.

T -… ?!?

AS -Rendez cette chaise !

MJC -Non, je dois travailler.

AS -Allez ! nous aussi, on travaille, la chaise !

MJC -…

T -Messieurs, quel est le problème ?

AS -Cette dame a pris une chaise au snack, le serveur veut la récupérer…

Le second AS -On est gentil de vous laisser là, Madame. On pourrait vous demander de dégager…

T -Madame, je vais la remettre à sa place, cette chaise, et vous en ramène une autre. Ca vous va ?

MJC -…

AS -Vous voyez, tout s’arrange.

T -Tenez en voilà une autre, elle vient de l'office du tourisme, on vous la prête.

AS -Ben vous voyez, ça fini bien !

MJC -Foutez le camp.

T -Ca va mieux? Quel âge avez-vous?

MJC -90 ans ! Hier on m’a volé mon sac dans la gare…ils n’ont rien fait pour le retrouver…j’avais mes clefs dedans, et aujourd’hui ils viennent m’embêter…même pas me laisser une chaise… j’ai pourtant acheté deux eaux minérales chez eux, juste en face, et emprunté la chaise…j’allais la remettre en place…vous voyez bien il n’y a personne, ils ne manquent pas de chaises…



14 heures 28 - 32 degrés : Marie-Jeanne Conte se remet au travail. Elle tend à bout de bras un bouquet de roses fatiguées…
[Francis Traunig 20100701 Vers l'image]


Genève - 17 heures 42
C’étaient les années quatre vingt
J’avais 25, 26 ans
Peur de rien et une bicyclette
Lu Le Clézio sans vraiment comprendre
Cru comprendre
Qu’aimer passionnément
Engendrait la réciproque
Et des enfants en bonus

C’était le temps où Bill
Promenait son amour de la beauté
En faisant ronronner les entrailles de son américaine
Sa voiture c’était lui
Ses pneus blancs étaient ses chaussures
Son taxi était sa vie

C’était le temps où
le temps ne compte pas
ni l’énergie qu’on dépense pour sauver un rêve de la noyade
C’était le temps où les chutes du Rhin
Me traversaient le corps
Quand elle disait du bout des lèvres : « Mais oui… »

C’était le temps des sourires étincelants reflétés par les chromes
Où la vitesse empêchait les promesses
Où l’amour était un feu de joie
Qui brûlait en plein soleil

C’était le temps où les corps étaient des peaux de tambours
Qui faisaient des bruits d’orages
Quand on les effleurait des doigts

C’était le temps où Bill brillait
Se moquant comme d’une guigne des 80 ans qu’il a aujourd’hui
Vertical encore sur le radeau de la Méduse de cette photographie

Toujours encore, il sourit …
[Francis Traunig 20100630 Vers l'image]


Sur la route - 14 heures 57
Vers quoi a bien pu se porter sa dernière pensée avant qu'il ne rende son âme à Dieu ?

Le fumet du brouet que lui préparait sa tendre épouse ?

Le chant du merle qu’il a tant aimé ?

Lulu et son beau joufflu ?

La peur de manquer d’air ?
[Francis Traunig 20100629 Vers l'image]


Sur la route - 20 heures 23
Sur la route.
[Francis Traunig 20100628 Vers l'image]


Genève - 20 heures 56
"Je viens d'arriver à Berlin…les gens ont l'air vachement sympa…Bisous. J."
[Francis Traunig 20100627 Vers l'image]


Genève - 23 heures 30
…je…oui, sirop de sureau…Jacques…rire…melon et fromage jusqu’au bout…passez-moi les plats…regardez mes mains… remonte du pain !…rentré les foins…Ramu…touché quelque chose de magnifique, devinez quoi ?…Simon, ça va l’école ?…touché quoi…et toi tu ?…tu, le bleu de l’encre…Alain…Une Saison en Enfer…, ah, oui, le connais…où habites-tu ? dans le, dans le, dans le buisson ardent de Lulu…qui coupe la tarte ? mardi : pique-nique, etc…arrête !… la lune…lune vite…monte…Ghana….qui ?… martinets et l’odeur du café…couper la tarte ?…c’est beau…Fabio, dommage…regarde la bougie…c’est pas rond…je savais que, je savais que tu le dirais…transparence…une par jour…sens ?…c’est bon, ta tarte !…tiens Ruth rentre, il y a de la lumière…un chalet dans un couloir d’avalanche…arrête !…le moins souvent possible…on se réjouit…

Et pendant que murissait la lune dans le ciel, Aline, qui ne la voyait pas, regardait pour la huitième fois Autant en emporte le vent.

La soirée était douce et il a peu plu, sinon pas du tout….
[Francis Traunig 20100626 Vers l'image]


Les Cropettes - 19 heures 17
Vue d'avion de l'énergique chanteuse de "What's wrong with us" au festival des Cropettes.
[Francis Traunig 20100625 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 14
A l'orée du bois de pins, dans les confins de l'adolescence…
[Francis Traunig 20100624 Vers l'image]


Bonvard - 19 heures 06
Mais vers qui me mène ce toboggan de lumière ?
[Francis Traunig 20100623 Vers l'image]


Collex-Bossy - 16 heures 31
…nous poursuivons des abeilles sur une mer de bleuets avant de nous retrouver, harengs au fond des bois, devant les mystères d’un parcours fléché par des castors… la vie est belle!
[Francis Traunig 20100622 Vers l'image]


Genève - 18 heures 05
L’absence de pluralité des sources d’informations serait une menace pour nos démocraties modernes.
[Francis Traunig 20100621 Vers l'image]


Genève - 18 heures 01
[Francis Traunig 20100620 Vers l'image]


Genève - 15 heures 55
…m’effleure l’idée de proposer à cette aréopage de donzelles de revenir poser dans trente ans pour refaire une photo, mais vite me rends compte qu’elles auront plus de chance d’être au rendez-vous que moi. Je garde alors cette idée saugrenue dans la bouche, la mastique et l’avale…
[Francis Traunig 20100619 Vers l'image]


Genève - 20 heures 44
Sommes dans la cour de la maison où vécu Jean Calvin. Une femme pousse des cris pour expectorer une rage qui, on le sent, doit lui faire mal là où elle est coincée. Entre les déferlements sonores, au moment où la femme reprend son souffle, on entend un petit piaillement obstiné, à contretemps, peut-être un problème de sono? Un oiseau rase le public, va d’un bord de fenêtre à l’autre, comme excité par la voix. Le concert terminé, les piaillements reprennent avec force. Une mère appelle sont petit tombé du nid dans le fond de cette cour remplie de sono et de public. Quelqu’un prend l’oisillon, le pose sur une plante d’ornement. La mère tourbillonne au-dessus de son rejeton qui pousse des cris. S’installe un pianiste au milieu des piaillements, un deux, un deux, et on est reparti…
[Francis Traunig 20100618 Vers l'image]


Lux - 11 heures 46
L’enregistrement photographique de la surface des astres ou de celui d’objets banals de notre quotidien, procède souvent du même langage formel singulier, aux frontières de notre système de référence. L’espace abstrait surgit alors, par surprise, mobilisant notre interprétation et notre imaginaire.

Voilà pourquoi le carton à chaussures (où l’on range les photographies de famille) et la conquête spatiale sont les plus nobles missions de l’invention de Nicephore Niepce.
[Francis Traunig 20100617 Vers l'image]


Les Pâquis - 13 heures 09
Rose-Marie au balcon…
[Francis Traunig 20100616 Vers l'image]


Genève - 08 heures 08
-youhououuuuu, ouhouuu, ouhuuuu, ououou…

-Bonjour Madame, vous chantez ?

-Ouiii ! Je chante pour les gingko qui pleurent.

-Pourquoi, ils pleurent ?

-Parce qu’ils ont survécu à Hiroshima.

-youhouuuu, ouou, ouou….
[Francis Traunig 20100615 Vers l'image]


Genève - 10 heures 49
Mésange à longue queue…
[Francis Traunig 20100614 Vers l'image]


Cologny - 18 heures 12
Impétueuse, la toute jeune Fruzsina Szuromi dirige le choeur de Vandoeuvres-Choulex-Cologny qui fête ses 100 ans.

Madame X, corsetée dans le vêtement de la tradition, a essayé d'imposer la tenue bas noirs aux choristes en jupe pour empêcher que Mozart ne leur donne la chair de poule, et fasse tourner les têtes… et flamber les hormones.
[Francis Traunig 20100613 Vers l'image]


Genève - 19 heures 17
Pris entre deux miroirs, Absurde cherche de l'élan pour se dégager.
[Francis Traunig 20100612 Vers l'image]


Genève - 13 heures 18
Les deux soeurs.
[Francis Traunig 20100611 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 10
…eh Max, si tu me voyais !
Suis couché sur une chaise longue
Qui l’eût cru, pieds en éventail, dans le jardin
Le premier surpris c’est moi, crois-moi bien
Je déteste les chaises longues, les méprise et me fous sans retenue de ceux qui en ont une dans la tête
parce que tu penses bien
Avant d’en avoir une dans le jardin, faut déjà l’avoir dans la tête

Au-dessus de moi, comme au-dessus d’une grosse merde, s’agitent une flopée de moucherons, ils savent d’instinct que nous en produisons des tonnes dans une vie

Sans doute

Plus haut un martinet au vol haché

s’en fout

Sur mon sexe un trognon de pomme
Qui me glisse dans l’entrejambe - suis en short rassure-toi - et j’essaie simultanément de lire : du Jim Morison, genre :

Accomplishments :

To make works in the face
Of the void
To gain form, identity
To rise from the herd-crowd

Public favour
Public fervor

Even the bitter Poet-Madman is
A clown
Treading the boards

Et du Carver, genre :

Ce que dit une femme pendant son bain de soleil

Une espèce
D’inertie vague ;
Des clapotis plein le crâne
Le cœur & les doigts
(toutes les extrémités)
Luisent
Sous ta caresse indifférente…

Etc…


J’ouvre un livre, le referme. Prends l’autre, le retourne. Ouvre les deux. Les empile. Suis distrait par un oiseau qui gueule un peu fort, par un nuage fessu, par le bruit d’une cerise qui tombe - plok. Ce plok me réveille, et je me trouve tout ahuri sur cette chaise-longue.

Alors, au milieu de ce tendre chaos estival, tout à coup, me viennent à l’esprit tes coups de gueules contre le beau, le propre, la forme…


Je pense alors à cette phrase de Bunuel gobée à l’adolescence : Il n’y a pas de liberté d’expression sans maîtrise technique. Parfois j’ai resservi ce slogan (un slogan ça verrouille) au milieu d’une conversation juste pour paraître moins con et clouer le bec à un détracteur…
et me le clouais à moi-même
et verrouillais la conversation
péremptoire couillon

La forme, le fond ? Le vase et l’eau ? Peut-être ?

Moi j’aime les formes – quand elles nourrissent ce qui est beau, ce qui peut paraître mièvre et gentil pour l’un,
peut être incontournable pour l’autre
(je sais qu’il y a des gens que le mot gentil insupporte), j’aime une belle mise en scène, même convenue, si elle produit du lien.

La forme comme main tendue pour aller plus loin si entente. Oui. La forme si elle réunit.

La forme qui sait se retirer, pudiquement et laisser le fond nous faire vibrer, au fond…

La forme si elle transforme le point d’interrogation en exclamation.

Mais l’abus de forme peut-être nocif, au fond ?

Je passe le relais et te fais suivre un extrait de la correspondance entre Artaud et Rivière où forme et fond sont le cœur d’un échange épistolaire lumineux, et t’embrasse.

Pancho


Antonin Artaud à Jacques Rivière, Le 5 juin 1923

« Je souffre d’une effroyable maladie de l’esprit. Ma pensée m’abandonne à tous les degrés. Depuis le fait simple de la pensée jusqu’au fait extérieur de sa matérialisation dans les mots. Mots, formes de phrases, directions intérieures de la pensée, réactions simples de l’esprit, je suis à la poursuite constante de mon être intellectuel. Lors donc que je peux saisir une forme, si imparfaite soit-elle, je la fixe, dans la crainte de perdre toute la pensée. Je suis au-dessous de moi-même, je le sais, j’en souffre, mais j’y consens dans la peur de ne pas mourir tout à fait.
Tout ceci qui est très mal dit risque d’introduire une redoutable équivoque dans votre jugement sur moi.
C’est pourquoi par égard pour le sentiment central qui me dicte mes poèmes et pour les images ou tournures fortes que j’ai pu trouver, je propose malgré tout ces poèmes à l’existence. Ces tournures, ces expressions mal venues que vous me reprochez, je les ai senties et acceptées. Rappelez-vous : je ne les ai pas contestées. Elles proviennent de l’incertitude profonde de ma pensée. Bien heureux quand cette incertitude n’est pas remplacée par l’inexistence absolue dont je souffre quelquefois.
Ici encore je crains l’équivoque. Je voudrais que vous compreniez bien qu’il ne s’agit pas de ce plus ou moins d’existence qui ressortit à ce que l’on est convenu d’appeler l’inspiration, mais d’une absence totale, d’une véritable déperdition.
Voilà encore pourquoi je vous ai dit que je n’avais rien, nulle œuvre en suspens, les quelques choses que je vous ai présentées constituant les lambeaux que j’ai pu regagner sur le néant complet.
Il m’importe beaucoup que les quelques manifestations d’existence spirituelle que j’ai pu me donner à moi-même ne soient pas considérées comme inexistantes par la faute des taches et des expressions mal venues qui les constellent.
Il me semblait, en vous les présentant, que leurs défauts, leurs inégalités n’étaient pas assez criantes pour détruire l’impression d’ensemble de chaque poème.
[…]
Car je ne puis pas espérer que le temps ou le travail remédieront à ces obscurités ou à ces défaillances, voilà pourquoi je réclame avec tant d’insistance et d’inquiétude, cette existence même avortée. Et la question à laquelle je voudrais avoir réponse est celle-ci : Pensez-vous qu’on puisse reconnaître moins d’authenticité littéraire et de pouvoir d’action à un poème défectueux mais semé de beautés fortes qu’à un poème parfait mais sans grand retentissement intérieur ? J’admets qu’une revue comme la Nouvelle Revue Française exige un certain niveau formel et une grande pureté de matière, mais ceci enlevé, la substance de ma pensée est-elle donc si mêlée et sa beauté générale est-elle rendue si peu active par les impuretés et les indécisions qui la parsèment, qu’elle ne parvienne pas littérairement à exister ? C’est tout le problème de ma pensée qui est en jeu. Il ne s’agit pour moi de rien moins que de savoir si j’ai ou non le droit de continuer à penser, en vers ou en prose. »

Antonin Artaud à Jacques Rivière, le 29 janvier 1924
« Je ne cherche pas à me justifier à vos yeux, il m’importe peu d’avoir l’air d’exister en face de qui que ce soit. J’ai pour me guérir du jugement des autres toute la distance qui me sépare de moi. Ne voyez dans ceci, je vous prie, nulle insolence, mais l’aveu très fidèle, l’exposition pénible d’un douloureux état de pensée. […]
Cet éparpillement de mes poèmes, ces vices de forme, ce fléchissement constant de ma pensée, il faut l’attribuer non pas à un manque d’exercice, de possession de l’instrument que je maniais, de développement intellectuel ; mais à un effondrement central de l’âme, à une espèce d’érosion, essentielle à la fois et fugace, de la pensée, à la non-possession passagère des bénéfices matériels de mon développement, à la séparation anormale des éléments de la pensée (l’impulsion à penser, à chacune des stratifications terminales de la pensée, en passant par tous les états, toutes les bifurcations de la pensée et de la forme).
Il y a donc un quelque chose qui détruit ma pensée ; un quelque chose qui ne m’empêche pas d’être ce que je pourrais être, mais qui me laisse, si je puis dire, en suspens. Un quelque chose de furtif qui m’enlève les mots que j’ai trouvés, qui diminue ma tension mentale, qui détruit au fur et à mesure dans sa substance la masse de ma pensée, qui m’enlève jusqu’à la mémoire des tours par lesquels on s’exprime et qui traduisent avec exactitude les modulations les plus inséparables, les plus localisées, les plus existantes de la pensée. Je n’insiste pas. Je n’ai pas à décrire mon état. »
Post-scriptum d’une lettre où étaient discutées certaines thèses littéraires de Jacques Rivière
« Vous me direz : pour donner un avis sur des questions semblables, il faudrait une autre cohésion mentale et une autre pénétration. Eh bien ! c’est ma faiblesse à moi et mon absurdité de vouloir écrire à tout prix, et m’exprimer.
Je suis un homme qui a beaucoup souffert de l’esprit, et à ce titre j’ai le droit de parler. Je sais comment ça se trafique là-dedans. J’ai accepté une fois pour toutes de me soumettre à mon infériorité. Et cependant je ne suis pas bête. Je sais qu’il y aurait à penser plus loin que je ne pense, et peut-être autrement. J’attends, moi, seulement que change mon cerveau, que s’en ouvrent les tiroirs supérieurs. Dans une heure et demain peut-être j’aurai changé de pensée, mais cette pensée présente existe, je ne laisserai pas se perdre ma pensée. » [6]
Antonin Artaud à Jacques Rivière, 25 mai 1924
« Pourquoi mentir, pourquoi chercher à mettre sur le point littéraire une chose qui est le cri même de la vie, pourquoi donner des apparences de fiction à ce qui est fait de la substance indéracinable de l’âme, qui est comme la plainte de la réalité ? Oui, votre idée me plaît, elle me réjouit, elle me comble, mais à condition de donner à celui qui nous lira l’impression qu’il n’assiste pas à un travail fabriqué.
[…]
Cette inapplication à l’objet qui caractérise toute la littérature, est chez moi une inapplication à la vie. Je puis dire, moi, vraiment, que je ne suis pas au monde, et ce n’est pas une simple attitude d’esprit.
[…]
Il faut que le lecteur croie à une véritable maladie et non à un phénomène d’époque, à une maladie qui touche à l’essence de l’être et à ses possibilités centrales d’expression, et qui s’applique à toute une vie.
Une maladie qui affecte l’âme dans sa réalité la plus profonde, et qui en infecte les manifestations. Le poison de l’être. Une véritable paralysie. Une maladie qui vous enlève la parole, le souvenir, qui vous déracine la pensée. » [7]

Antonin Artaud à Jacques Rivière, 6 juin 1924
« Et voilà, Monsieur, tout le problème : avoir en soi la réalité inséparable et la clarté matérielle d’un sentiment, l’avoir au point qu’il ne se peut pas qu’il ne s’exprime, avoir une richesse de mots, de tournures apprises et qui pourraient entrer en danse, servir au jeu ; et qu’au moment où l’âme s’apprête à organiser sa richesse, ses découvertes, cette révélation, à cette inconsciente minute où la chose est sur le point d’émaner, une volonté supérieure et méchante attaque l’âme comme un vitriol, attaque la masse mot-et-image, attaque la masse du sentiment, et me laisse, moi, pantelant comme à la porte de la vie. »

Sources : www.larevuedesressources.org
[Francis Traunig 20100610 Vers l'image]


Meyrin - 21 heures 48
Vu :

Devant un cinq étoiles, une jeune femme sport-chic, gantée de blanc, s’agenouiller devant une Bentley nacrée pour en considérer le châssis. Se relever d’une main avec une agileté de hip-hopeuse, ouvrir le capot, l’examiner puis glisser vers le coffre et faire pareil.

Trois personnes, oreillettes tirebouchonnant, entourent la voiture avec les mêmes précautions qu’on a pour les avions avant qu’ils décollent. En retrait de cette scrupuleuse inspection, un homme, beau comme Jivago en Armani, porte une attention inquiète à la scène jusqu’au moment où, la femme aux gants blancs, adresse un très léger signe de tête à Jivago qui s’engouffre alors d’un bond dans la Bentley et démarre.


Vu :

Anne présenter sa saison au Forum Meyrin avec une prestance, un enthousiasme qui a réussi à faire oublier au public présent que la culture n'est pas un produit de consommation mais une nourriture pour l’esprit.

« Se cultiver c’est bien mais ça ne rend pas forcément moins bête… » dit une des personnes invitée sur scène. Tonnerre d’applaudissements.


Vu :

Une grenouille pousser son cri d’amour au milieu de mille autres dans les pénombres d’un bois odorant.
[Francis Traunig 20100609 Vers l'image]


Genève - 12 heures 48
Puisque notre corps ne sait plus préserver ses secrets, il faudrait proposer à l'église de la technologie d'investigation médicale moderne pour partir à la recherche de l'âme - savoir si elle niche du bon côté. Eco-responsabilité qui aurait empêché le clergé, avec sa mode du bûcher, de souiller l'atmosphère et de foutre ne l’air le jardin de Dieu…
[Francis Traunig 20100608 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 36
…monde laborieux, préoccupé par son destin.
[Francis Traunig 20100607 Vers l'image]


Troinex - 13 heures 33
…comme nous, la guêpe boit, pique, se réjouit de l'été et fait des petits.
[Francis Traunig 20100606 Vers l'image]


Cologny - 07 heures 26
… elle brandit sa sucette avec des petits cris d’hirondelle, arpente la boulangerie avec énergie. Son père lui jette œillades et sourires, tout en lisant le journal. Jusqu’au moment où la sucette se colle dans les cheveux de l’angelot.

La scène est divine : la petite marionnette blonde suspendue par des fils d’or est pétrifiée par le changement de ton de la voix de papa. Tout se fige. Je lâche mon livre, me dirige vers la table, dis : « Je peux ! », le fais sans attendre la réponse, enchaîne, une fois l’image prise : « Je vous l’enverrai…si vous le souhaitez ? ». Le père, emprunté, me dit : « Amenez-moi plutôt un verre d’eau », et il trempe les mèches, décolle le sucre.

Chacun regagne sa place, se replonge dans sa lecture… Moi dans mes pensées. Fallait-il déclencher ? Rire avec plus de modération ? Rassurer l’homme en lui disant : « Vous savez, moi aussi j’ai des enfants… ». Aurait-il fallu se détourner de ce moment tendre et le laisser se diluer dans lui-même ?

En fait, je venais d’admirer une série d’images incroyables (dans Peter Beard-Diaries) où on aperçoit un lion charger un photographe. Je suis époustouflé par son inébranlable courage à chaque fois que je regarde cette séquence. Je réfléchissais à l’instant décisif, à la pensée qui entrave le geste, l’encombre. Empêche l’élan, le retient. Je pensais à cette exigence que le réel entretient avec la pratique photographique : celle de se jeter tout entier dans la vie pour capter la vie !
[Francis Traunig 20100605 Vers l'image]


Genève - 14 heures 38
Une image ! Vite une image !
[Francis Traunig 20100604 Vers l'image]


Genève - 15 heures 56
Projection dans le futur…
[Francis Traunig 20100603 Vers l'image]


Genève - 08 heures 18
L'intelligence c'est la capacité d'adaptation au changement du milieu. Ce couple s'est rendu compte que les trottoirs, le matin, étaient constellés de miettes de croissants. Ils attendent qu'il en pleuve..
[Francis Traunig 20100602 Vers l'image]


Genève - 12 heures 30
Nicolas revient d'Israël avec un cadeau pour moi! Post Tenebras Lux!
[Francis Traunig 20100601 Vers l'image]


Genève -
On ne peut quand même pas demander à nos taggeurs de mômes d’être bons, simultanément, en latin, en français et en anglais. (L’anglais, au moins, est acquis, le latin l'est par défaut, reste à travailler encore un peu le français).
[Francis Traunig 20100531 Vers l'image]


Sionnet - 15 heures 12
…rayonnement d'immuable fraternité entre les êtres de chair et le règne végétal.
[Francis Traunig 20100530 Vers l'image]


Genf - 18 heures 04
Als das Kind Kind war,
war es die Zeit der folgenden Fragen :
Warum bin ich ich und warum nicht du ?
Warum bin ich hier und warum nicht dort ?
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum ?
Ist das Leben unter der Sonne nicht bloß ein Traum ?
Ist was ich sehe und höre und rieche
nicht bloß der Schein einer Welt vor der Welt ?
Gibt es tatsächlich das Böse und Leute,
die wirklich die Bösen sind ?
Wie kann es sein, daß ich, der ich bin,
bevor ich wurde, nicht war,
und daß einmal ich, der ich bin,
nicht mehr der ich bin, sein werde ?

Peter Handke
[Francis Traunig 20100529 Vers l'image]


Lausanne - 19 heures 37
De petits croissants au jambon, nains, s’agitent sur des plateaux d’argent. Le galeriste, sympathique, affairé, enchaîne les politesses les unes aux autres, les fait porter en cerceau aux invités comme ces colliers de fleurs qu’offrent les vahinés aux touristes quand ils descendent d’avion à Papeete. Lausanne : l’exotisme provincial dirait l’un. Verres qui tintent, avec le rouge qui s’agite. Femmes sous tensions dans leurs lycra noirs, riantes de se savoir plus vivantes que les toiles de lin suspendues aux murs.

Ping-pong de discours incohérents. (Qu’il faudrait enregistrer, décaler de trente secondes et renvoyer dans des haut-parleurs, et ainsi de suite…propose un galeriste genevois désabusé, jaloux, peut-être, un peu, du succès de son collègue vaudois).

Logopédiste poète. Peintre iranien égaré. Vieille connaissance retrouvée.

« Qu’est-ce que la poésie, madame ? »

Avec une vigueur de volcan islandais, Tabarini jaillit au milieu d’une conversation. Jacques Probst, en vrai, sort de ses livres. Une femme - née pendant la nuit - fait briller les étoiles dans les yeux de quelques uns, un peu plus bas une ambulance hulule, bref, l'ami Philippe vernit…
[Francis Traunig 20100528 Vers l'image]


Genève - 16 heures 37
"Hello! Yes! Yes! Where are you from…don't move, yes, thank you. Enjoy your stay in Switzerland!"
[Francis Traunig 20100527 Vers l'image]


Genève - 15 heures 18
Un homme à lunettes noires éructe une bulle de rouille à la rue de Chantepoulet…
[Francis Traunig 20100526 Vers l'image]


Genève - 16 heures 55
-Qu’est-ce que tu fais ?

-Je photographie un arbre.

-Pourquoi ?

-Parce que je le trouve beau.

-Mais il est pas beau ton arbre, t’es drôle toi, t’es drôle toi…

Le galopin de six ans - pas plus - me décoche un sourire qui lui va jusqu’aux oreilles, qu’il a joliment en feuilles de choux, et s’en va gambadant en chantonnant : « T’es drôle toi, t’es drôle toi… »
[Francis Traunig 20100525 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 04
[Francis Traunig 20100524 Vers l'image]


Genève - 21 heures 46
…moi pistil ! toi bourdon !
[Francis Traunig 20100523 Vers l'image]


Carouge - 19 heures 49
…une odeur de terre et de procréation sollicitait mes sens pendant qu’avec acharnement le chant du merle me retenait à l’instant, (avec ce même amour qu’ont ces mères qui ne peuvent pas lâcher la main de l’enfant au matin de son premier jour d’école). Le merle ignorait que je savais que le présent produit du futur pour devenir du passé ; et j’enviais son ignorance, qui n’était pas liberté, puisqu’il n’avait à s’affranchir de rien, il n’était même pas merle, puisque c’est moi qui l’affuble de ce nom. Pourquoi ne pas appeler le merle : pomme ? J’entendais chanter la pomme dans l’arbre pendant qu’un cycliste grimpait aux murs d’un théâtre dans lequel une école de percussion donnait un gala. Une femme saignait à la tête avec abondance - je n’y prêtais que peu d’importance - tout occupé à aimer intensément…
[Francis Traunig 20100522 Vers l'image]


Genève - 22 heures 03
Caresse de demi-lune sur la couleur d’un pavot qui se repose au milieu de marguerites enchantées…
[Francis Traunig 20100521 Vers l'image]


Genève - 12 heures 44
C’est parce que les canards locaux ont un QI au-dessus de la moyenne qu’ils font la manche devant un troupeau d’ados devant un Mac Do et pas devant un resto chinois.
[Francis Traunig 20100520 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 37
Angela Merkel : "Je crois que l'euro est en danger".

Ministre de l'économie française, Christine Lagarde réplique : "Je ne crois absolument pas que l'euro soit en danger".
[Francis Traunig 20100519 Vers l'image]


Genève - 18 heures 45
Le double chagrin d’être aimée par l'un et de se faire coiffer par l'autre, le chagrin d'enfanter en restant vierge, le chagrin d’avoir un mari absent extrêmement occupé par son travail et savoir son fils suivre la voie du père, le douloureux sentiment, surtout, d'avoir été manipulé par les ambitions démesurées des hommes fait pleurer la vierge depuis deux mille ans.
[Francis Traunig 20100518 Vers l'image]


Genève - 14 heures 39
C’est très flatteur d’être aimé démonstrativement par un être dont on ne connaîtra jamais les motivations. On peut l’investir des siennes.
[Francis Traunig 20100517 Vers l'image]


Choulex - 10 heures 52
Indolente perfection rencontrée dans le creux d'un lavabo…
[Francis Traunig 20100516 Vers l'image]


Choulex - 22 heures 02
Un jour, alors qu’il s’adonnait au plaisir simple de la randonnée, il reçut un caillou sur la tête et en mourut. Sa femme, pour honorer sa mémoire, confectionna une étiquette avec une photo du défunt qu’elle borda de noir et qu’elle colla sur de petites bouteilles de kirsch. Est aussi inscrite la date de naissance du randonneur et celle de la rencontre, fatale, de celui-ci et du caillou. A chaque fois qu’elle est invitée, elle offre une de ces bouteilles sur laquelle sourit son beau marcheur à la crinière d’argent.
[Francis Traunig 20100515 Vers l'image]


Onex - 21 heures 14
Le silence se faufile entre les phrases pour laisser au cerveau le temps de les déguster…
[Francis Traunig 20100514 Vers l'image]


Choulex - 16 heures 34
Au destin du pépin, je préfère le mien…
[Francis Traunig 20100513 Vers l'image]


Genève - 08 heures 04
Une jeune femme se penche avec son petit appareil photo rouge sur le soleil qui joue avec les rayons d’une roue de vélo - je m'approche : « Bonjour, je peux…portrait…non, non, ne suis pas photogénique…allez, venez, non, oui, merci… », bat des ailes et s’envole dans sa journée.
[Francis Traunig 20100512 Vers l'image]


Les Pâquis - 17 heures 25
Nunc est bibendum
[Francis Traunig 20100511 Vers l'image]


Genève - 09 heures 41
Ad augusta per angusta
[Francis Traunig 20100510 Vers l'image]


Choulex - 22 heures 00
Contra vim mortis non est medicamen in hortis
[Francis Traunig 20100509 Vers l'image]


Choulex - 07 heures 45
O tempus edax !
[Francis Traunig 20100508 Vers l'image]


…rue Jean Jaurès - 09 heures 44
Si tacuisses, philosophus mansisses
[Francis Traunig 20100507 Vers l'image]


…rue du Paradis - 17 heures 56
Felix qui potuit rerum cognoscere causas
[Francis Traunig 20100506 Vers l'image]


Meyrin - 19 heures 55
[Francis Traunig 20100505 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 30
Le lilla s’astique l’étamine pour séduire avec une rage de feu d’artifice : les insectes, les fleuristes et les amoureux de la vie….
[Francis Traunig 20100504 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 17
Voilà comment voit une escalope de veau lorsque dans une casserole elle fait la planche dans une sauce au beurre.
[Francis Traunig 20100503 Vers l'image]


Burtigny - 13 heures 17
Le surplus de subventions dont bénéficie le monde paysan doit absolument être utilisé avant les prochaines demandes d’aides à la Confédération sous peine de se voir réduites l’année suivante.

Alors dépenser les excédents à barboter dans la boue pour mettre les compteurs à zéro, c’est quand même plus sain que d’organiser des visites d’exploitations agricoles en Thaïlande avec le cercle des agriculteurs – me confie Liliane, femme de paysan.
[Francis Traunig 20100502 Vers l'image]


Genève - 00 heure 00
Jacques Berta cravache sa guitare pour en faire sortir de la lumière. Trente quatre ans plus tard, The Stealers Band is Back!
[Francis Traunig 20100501 Vers l'image]


Genève - 09 heures 17
En circonflexe à vélo sur le trottoir, un appareil réflexe autour du cou, elle s’arrête tous les dix mètres, se déplie sans descendre de sa monture et photographie, à mains levées, les immeubles d’en face. Elle s’arrête devant moi : le circonflexe se fait point d’exclamation et recommence sans me voir. Je ne me gêne pas et la pixellise.

" Qu’est-ce que vous faites ? " Que je lui demande pour que sa surprise ne devienne pas fâcherie.

" Je fais une série de photos sur les fenêtres d'immeubles - Réplique-t-elle - Et vous ? ".

"Moi ? Je fais une série sur des photographes qui photographient des fenêtres d'immeubles".
[Francis Traunig 20100430 Vers l'image]


Genève - 17 heures 03
…alors, plus haut que le plus haut des cèdres qui se tenait sur la pointe des pieds et tendait ses bras vers le ciel, suspendus par des fils invisibles, dix rapaces tournoyants se moquaient comme d’une guigne de nos rêves charriés par le sang vers nos extrémités…
[Francis Traunig 20100429 Vers l'image]


Genève - 13 heures 15
Spermatozoïde helvétique en déshérence, alors qu'il pourchassait le bonheur, est renversé par une voiture…
[Francis Traunig 20100428 Vers l'image]


Schaffausen - 15 heures 22
Le Rhin, double chute.
[Francis Traunig 20100427 Vers l'image]


Genève -
L’inénarrable fécondé par le pollen des fleurs sourit au soleil.
[Francis Traunig 20100426 Vers l'image]


Vandoeuvres - 19 heures 08
La petite doit avoir dix ans, pas plus, slalome à bicyclette sur l’étroite route de campagne juste devant moi. Sa mère, qui paraît inquiète, lui prodigue moult conseils comme si c’était sa première sortie à vélo. « Tut, tut…attention ! » et voilà le dialogue engagé, les vélos à l’arrêt. La maman me confie, tout de go, que sa fille vient de percuter une Harley Davidson béquillée à l’entrée d’un jardin et que le monstre lui est tombé dessus. Le propriétaire furieux a dégagé la fillette, qui, heureusement, n’a pas cabossé la moto. Elle a dû l’amortir dans sa chute.

Comme quoi, la moto, même à l’arrêt c’est dangereux.

Comme quoi, un motard, même piéton ça peut-être con.
[Francis Traunig 20100425 Vers l'image]


Genève - 12 heures 59
« Cent mille peut-être… j’en sais rien mais j’photographie tout ce que je vois… mon fils après stock mes images sur des disques… ce que j’aime, c’est prendre des images avec mon téléphone…. j’adore photographier ma voiture… au boulot, tu sais bien, je suis chauffeur… quand j’roule je fais plein de photos… j’aime ça… salut ! »
[Francis Traunig 20100424 Vers l'image]


Genève - 13 heures 11
Râcler sa truffe contre les angles humides des immeubles, battre de la queue quand un sucre vous est promis, chier sans vergogne, pisser en même temps, n’importe où, n’importe quand, mordre les gens en uniformes, s’étaler de tous ses poils sur un trottoir aux pieds d’une prostituée et regarder vibrer la lumière dans les diamants de ses chaussures – oui, j’envie parfois la vie des chiens.
[Francis Traunig 20100423 Vers l'image]


Genève - 16 heures 35
Le regard embué par les vapeurs fumantes du génocide hormonal que subissent neuf sexagénaires sur dix, X (un ami proche, père de famille dévoué) me raconte sa rencontre avec une jeune Lilith dans un club sado maso New Yorkais alors qu’il y accompagnait, par curiosité désinvolte, son fils et quelques uns de ses amis.

« Une jeune et belle femme voit mon appareil autour du cou et me demande si ça me ferait plaisir qu’elle pose nue pour moi. Mon instinct de photographe ne fait qu’un tour sur lui-même, me fait dire oui.

Depuis que X m’a raconté cette histoire, attestée par une image de cette belle Lilith, je ne quitte plus mon Canon que je fait pendre autour de mon cou comme une cloche de vache…
[Francis Traunig 20100422 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 44
…pensant tailler dans le gras de la journée une belle tranche de couleurs dégoulinantes pour la faire frire sur l’écran de mon HP, me voilà, nez en l’air, démuni sous un cerisier en fleurs, l’appareil photo en berne. Je vois alors un croissant de lune me faire signe à travers la neige des fleurs. Me dégage : un pas en arrière, et suspends la lune au bout d’une des branches de l’arbre. Et zip, c’est flou. Je recommence. Ajuste, me reprends. Je la tiens ! Elle se balance. Je déclenche, jubile et baisse la garde en lui disant : « Je t’ai eue ! Je t’ai accrochée à la branche du cerisier ! ». A ce moment même, entre …isier et le point d’exclamation, entre la lune et la cime de l’arbre, entre la pulsation d’un instant et celui qu’il faut au suivant pour reprendre son souffle, glisse dans ces entre-deux, avec ses ailes en lame de couteau, un héron cendré silencieux.
[Francis Traunig 20100421 Vers l'image]


Genève - 10 heures 13
La vérité ? Quelle vérité ? Peut-être est-ce parce que nous ne supportons pas le vide que nous le remplissons de sens ?
[Francis Traunig 20100420 Vers l'image]


Entre Berne et Romont - 10 heures 43
Entre Berne et Genève, les aventures extraordinaires de Pierre sur son vélo électrique.
[Francis Traunig 20100419 Vers l'image]


Bulle - 17 heures 36
Entre Poulenc et Bartok, pour deux marimbas et piano : Les Aventures extraordinaires de Balthazar d'Yves Meylan.
[Francis Traunig 20100418 Vers l'image]


Vandoeuvres - 12 heures 36
"coulures pertes rigueur
abandon

impatiences

tensions

repentirs

une forme cherche
à naître
hésite s'affirme
cède au doute
s'altère
se structure…."

Charles Juliet (Rencontres avec Bram Van Velde)

Charles Juliet consacré par la fondation Bodmer, célébré par un mécène généreux.
[Francis Traunig 20100417 Vers l'image]


Genève - 22 heures 07
…Yeeeehh! Faut déconner, faut déconner, Yeeeep!!!

Déconnons!

Youhou!!!!

Yep!

C'est la fêêêête…

Blurp!

Merde c'est déjà presque minuit.
[Francis Traunig 20100416 Vers l'image]


Genève - 08 heures 07
… on m’a arrêté hier, je roulais sur une piste cyclable à moto. Une voiture de police me pourchasse sur le pont du Mont-Blanc, à contresens, me coince à la hauteur de l’église anglaise. On me fait enlever mon casque, me réclame papiers, etc. Sanglé dans ses attributs, jambes écartées, un de mes deux poursuivants, méfiant comme un chien, me renifle et dit :

-Sortez votre main de la poche !

Imperceptiblement, je m’avance vers lui. Lui, recule. Joli mouvement de danse contemporaine. Il réitère :

-La main de la poche !

-Pourquoi la main de la poche ? M’interloque-je.

-Parce que je ne vous connais pas.

Me lance le poulet qui peut-être simplement voulais me la serrer, la main.
[Francis Traunig 20100415 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 36
[Francis Traunig 20100414 Vers l'image]


Martigny - 11 heures 07
[Francis Traunig 20100413 Vers l'image]


Genève - 19 heures 21
[Francis Traunig 20100412 Vers l'image]


Genève - 13 heures 20
[Francis Traunig 20100411 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 34
[Francis Traunig 20100410 Vers l'image]


Genève - 20 heures 00
[Francis Traunig 20100409 Vers l'image]


Choulex - 22 heures 30
[Francis Traunig 20100408 Vers l'image]


Genève - 15 heures 57
[Francis Traunig 20100407 Vers l'image]


Genève - 19 heures 51
Foutre…
[Francis Traunig 20100406 Vers l'image]


Genève - 09 heures 43
[Francis Traunig 20100405 Vers l'image]


Cologny - 18 heures 18
[Francis Traunig 20100404 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 13
[Francis Traunig 20100403 Vers l'image]


Burtigny - 15 heures 27
[Francis Traunig 20100402 Vers l'image]


Genève - 12 heures 33
[Francis Traunig 20100401 Vers l'image]


Cologny - 19 heures 46
[Francis Traunig 20100331 Vers l'image]


Genève - 11 heures 05
Protéger la dégradation par la dégradation pour éduquer les méprisants, poésie de la répression à forte senteur surréaliste. Dommage qu'un fumeur de pipe n'aie jamais abandonné sa pipe dans le bac, ça pourrait inspirer… du moins affiner l'inspiration.
[Francis Traunig 20100330 Vers l'image]


Genève - 10 heures 41
[Francis Traunig 20100329 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 57
Love never dies.
[Francis Traunig 20100328 Vers l'image]


Choulex - 27 mars 2010
[Francis Traunig 20100327 Vers l'image]


Genève - 09 heures 03
[Francis Traunig 20100326 Vers l'image]


Genève - 15 heures 28
[Francis Traunig 20100325 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 52
[Francis Traunig 20100324 Vers l'image]


Frauenfeld - 11 heures 49
[Francis Traunig 20100323 Vers l'image]


Genève - 18 heures 05
[Francis Traunig 20100322 Vers l'image]


Genève - 14 heures 22
[Francis Traunig 20100321 Vers l'image]


Genève - 13 heures 18
[Francis Traunig 20100320 Vers l'image]


Genève - 18 heures 22
[Francis Traunig 20100319 Vers l'image]


Genève - 15 heures 44
[Francis Traunig 20100318 Vers l'image]


Genève - 13 heures 45
Il a quinze ans, rêve de Maxi Puch, traîne devant les vitrines du marchand de vélomoteurs. Son insistance agace le vendeur qui un jour lui fout une bordée, lui demande de dégager.

Vingt ans plus tard le concessionnaire MaxiPuch pour ados s’est mué en centre Harley-Davidson.

Les rêves de l’ado, eux aussi, ont changé de nature : il veut s’offrir une Harley, une softail à plus de trente mille francs. L'acheter chez ce tortionnaire d'adolescents? Jamais! Il vient de la commander à Morges chez un revendeur « vraiment très sympa…. »
[Francis Traunig 20100317 Vers l'image]


Genève - 12 heures 27
Empathie? Mimétisme? Cinéma? Manipulation? Séduction? Un de ces deux oiseaux se la joue - alors que quelques secondes auparavant il brassait furieusement l'écume - le printemps semble faire de nous des marionettes dans les mains de Dieu.
[Francis Traunig 20100316 Vers l'image]


Onanenburg - 17 heures 24
[Francis Traunig 20100315 Vers l'image]


Prévondavaux - 13 heures 51
[Francis Traunig 20100314 Vers l'image]


Genève - 17 heures 34
[Francis Traunig 20100313 Vers l'image]


Genève - 16 heures 03
[Francis Traunig 20100312 Vers l'image]


Genève - 15 heures 42
[Francis Traunig 20100311 Vers l'image]


Genève - 12 heures 43
Vu : Un ciel bleu neiger.
[Francis Traunig 20100310 Vers l'image]


Lausanne - 12 heures 40
"Crêêêpe…" crie l'homme.
[Francis Traunig 20100309 Vers l'image]


Eaux-Mortes - 09 heures 53
[Francis Traunig 20100308 Vers l'image]


Genève - 13 heures 58
[Francis Traunig 20100307 Vers l'image]


Genève - 17 heures 06
[Francis Traunig 20100306 Vers l'image]


Petit-Lancy - 21 heures 24
DICK VAN LOVE, décapsuleur de nostalgies, fait se trémousser les filles qui font mousser les garçons.
[Francis Traunig 20100305 Vers l'image]


Genève - 14 heures 22
Il n'y a de bonheur que dans la redite, dit le clou au marteau.

Francis Traunig
[Francis Traunig 20100304 Vers l'image]


Milan - 12 heures 32
Aperçu quelque chose d'incroyable, d'inimaginable…
[Francis Traunig 20100303 Vers l'image]


Genève - 15 heures 29
Poisson-clown grimaçant dans son bocal.
[Francis Traunig 20100302 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 56
[Francis Traunig 20100301 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 41
[Francis Traunig 20100228 Vers l'image]


Zermatt - 10 heures 58
Extraits choisis : Bakou derniers jours d'OLIVIER ROLIN.
[Francis Traunig 20100227 Vers l'image]


Zermatt - 14 heures 10
« La mer est parfaitement calme, laquée bleu pâle, l’horizon vaporeux. »
[Francis Traunig 20100226 Vers l'image]


Zermatt - 11 heures 48
« Toujours est-il que le 20 septembre 1918, dans le désert de Karakoum, entre les gares de Pereval et d’Akhtch-Kouima, les vingt-six sont fusillés sans jugement. »
[Francis Traunig 20100225 Vers l'image]


Zermatt - 14 heures 14
« …Le Ruhnama l’enseigne : L’enfant est une partie du corps de son père, mais un morceau du cœur de sa mère. »
[Francis Traunig 20100224 Vers l'image]


Zermatt - 14 heures 54
« Qu’est-ce qui m’autorise à la placer imaginairement, Gültakin, dans cette situation libertine ? »
[Francis Traunig 20100223 Vers l'image]


Zermatt - 15 heures 10
« …je n’étais qu’un apprenti journaliste, je n’avais encore publié aucun livre, je ne connaissais personne à Buenos Aires… »
[Francis Traunig 20100222 Vers l'image]


Zermatt - 11 heures 36
« … : ce n’est pas lesbienne qu’elle est, mais lezguienne. Bien sûr. Les Lezguiens sont un peuple vivant sur la façade caspienne du Caucase… »
[Francis Traunig 20100221 Vers l'image]


Zermatt - 16 heures 52
« Chaque soir, à l’heure où les hirondelles tourbillonnent dans le ciel mauve… »
[Francis Traunig 20100220 Vers l'image]


Choulex - 19 heures
[Francis Traunig 20100219 Vers l'image]


Marchissy - 15 heures 18
…25 juin 1954…
[Francis Traunig 20100218 Vers l'image]


Meyrin - 19 heures
[Francis Traunig 20100217 Vers l'image]


Zurich - 08 heures 27
[Francis Traunig 20100216 Vers l'image]


Genève - 14 heures 09
[Francis Traunig 20100215 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 40
[Francis Traunig 20100214 Vers l'image]


Genève - 16 heures 31
[Francis Traunig 20100213 Vers l'image]


Genève - 19 heures 16
[Francis Traunig 20100212 Vers l'image]


Choulex - 22 heures 03
[Francis Traunig 20100211 Vers l'image]


Bonvard - 07 heures 02
[Francis Traunig 20100210 Vers l'image]


Bonvard - 19 heures 19
[Francis Traunig 20100209 Vers l'image]


Genève - 10 heures 01
[Francis Traunig 20100208 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 10
La nature dégorge ce qu’elle a reçu du ciel par tous les pores. Chatouille les racines des arbres pour réveiller la sève, souffle son haleine sur les hormones des oiseaux qui lustrent leurs plumes, et, me convainc, cette fois c’est sûr, de me déplacer le plus souvent possible à vélo…
[Francis Traunig 20100207 Vers l'image]


Genève - 07 heures 55
[Francis Traunig 20100206 Vers l'image]


Genève - 13 heures 58
[Francis Traunig 20100205 Vers l'image]


Genève - 16 heures
Lors de la projection de CONFUSION DANS LE VERGER de Strubelmann, il m’aura fallu voir la version française pour vraiment comprendre les intentions du réalisateur.
[Francis Traunig 20100204 Vers l'image]


Genève - 17 heures 42
tu ramais sur le désir
chaloupe de chair
a battre l'écume
avec tes ailes

papillon
noyé dans un bol de crème
[Francis Traunig 20100203 Vers l'image]


Genève - 11 heures 17
« Je l’ai pris pour un téton ce chewing-gum rose dressé sur le trottoir… » pensa-t-il en balayant l'aréole de bitume.
« Allez, une bière ne me fera pas de mal » et il se dirigea vers le café des Deux Ponts, faisant chuinter son balai qu’il tenait par le manche en se récitant du Cervantes pour se donner un brin de courage.
[Francis Traunig 20100202 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 08
En vaisseau spatial dans la proximité d’Orion, en route vers la constellation de la Grande Meule que certains astrophysiciens renommés suspectent d’occulter un gigantesque trou noir en forme de serrure - trou noir au fond duquel nicherait l’origine de la vie.
[Francis Traunig 20100201 Vers l'image]


Choulex - 16 heures 14
…un jour j’écrirai un long récit. Il n’y manquera pas un éclat de rire, pas un dimanche ensoleillé, pas une saveur. Pour raconter, le plus simplement possible, comme je ne comprends pas que tout a été si vite…
[Francis Traunig 20100131 Vers l'image]


Genève - 12 heures 25
[Francis Traunig 20100130 Vers l'image]


Genève - 15 heures 04
[Francis Traunig 20100129 Vers l'image]


Genève - 07 heures 33
[Francis Traunig 20100128 Vers l'image]


Genève - 10 heures 50
Le secret de Marcel.
[Francis Traunig 20100127 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 21
[Francis Traunig 20100126 Vers l'image]


Oberried - 11 heures 01
[Francis Traunig 20100125 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 32
Si placé à 680 mètres on dit à une fleur qu'elle sent bon, les mots mettront 2 secondes pour arriver à elle et la faire vibrer.
[Francis Traunig 20100124 Vers l'image]


Genève - 15 heures 16
Manuela, qui n'a peur de rien, ferait battre un dragon en retraite en lui cognant sur le groin avec ses chaussures, tombe sur ses lunettes devant Notre Dame : 16 points de sutures.
[Francis Traunig 20100123 Vers l'image]


Genève - 09 heures 40
La maîtresse se fâche avec René et le traîne par l’oreille jusque vers la poubelle dans laquelle elle le place, debout, et lui ordonne de se taire. C’est ce sapin esseulé vertical dans son sac poubelle qui revivifie ce haut fait pédagogique vieux d’un demi-siècle.
[Francis Traunig 20100122 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 42
Le fruit offre la lumière dont il s'est nourrit.
[Francis Traunig 20100121 Vers l'image]


Genève - 20 heures 01
Ce soir, après la belle lecture de Cyril, les extérieurs semblaient bondés pour une collective et joyeuse séance de goudronnage de poumons malgré le crachin hivernal.
[Francis Traunig 20100120 Vers l'image]


Genève - 12 heures 10
Que sait la truite
Dans l'écume de son torrent de montagne
De l'écume de mon désir pour toi
[Francis Traunig 20100119 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 51
Constructeur de robots génial, virtuose de l'informatique, hacker, ami indéfectible, aventurier - il me raconte qu’avoir des cheveux gris lui permet d’exiger des réductions troisième âge quand il va au cinéma.
[Francis Traunig 20100118 Vers l'image]


Genève - 19 heures 43
Rien n’est plus beau pour une limace qu’une salade qui s’ébroue sous la pluie

Rien n’est plus beau pour un motard que le feulement de son moteur en léger sous régime dans un tunnel

Rien n’est plus beau pour un concierge que des sacs poubelles bien alignés sur un trottoir

Rien n’est plus beau pour un photographe que de donner la chair de poule à l’illusion
[Francis Traunig 20100117 Vers l'image]


Nyon - 18 heures 24
« …je vais récupérer ce filet pour y mettre des boules de naphtaline, c'est pratique, comme ça les fouines ne viendront plus me manger les câbles dans le moteur de la voiture… »
[Francis Traunig 20100116 Vers l'image]


Genève - 08 heures 46
Aujourd’hui, je me sens comme un tas de neige qui rêve de Cervin…
[Francis Traunig 20100115 Vers l'image]


Genève - 08 heures 20
Pour l’ami Alan, dans le tango de la réflexion :

Si ceci n’est pas une pipe, qu’est-ce que c’est ?

Une image ? Un sexe dans la bouche d’une femme. L’image d’une image ? Le carrousel du plaisir tournant sur l’axe du monde ? Un désir de cigarette sublimé ? Le moment qui précéda la demande en mariage ? Une ode a Magritte, à Man Ray, à la Vie ?

Non ceci n’est pas une pipe, ni un moment de bonheur pour les élus, de frustrations pour les rejetés, ce n’est qu’une modeste invitation par l’image à l’accouplement entre réflexion et émotion…

Et cet accouplement, quand il est réussi, nourrit.
Parfois pas.

On ne peut pas exiger des gens qui s’expriment qu’ils aient le talent de dire des choses avec pertinence, sinon avoir des exigences de pertinence envers sa propre création.

C’est à celui à qui l’on s’adresse, que l’on offre son regard, qu’il faut laisser la liberté de prendre ou de rejeter…
[Francis Traunig 20100114 Vers l'image]


Genève - 13 heures 07
[Francis Traunig 20100113 Vers l'image]


Genève - 12 heures 18
[Francis Traunig 20100112 Vers l'image]


Genève - 11 heures 05
[Francis Traunig 20100111 Vers l'image]


Troinex - 14 heures 41
Gigot d'agneau réduit au silence par son principal prédateur.
[Francis Traunig 20100110 Vers l'image]


Servion - 13 heures 15
La mygale a huit yeux!
[Francis Traunig 20100109 Vers l'image]


Schoenried - 12 heures 55
Mais où sont les fourmis?
[Francis Traunig 20100108 Vers l'image]


Schoenried - 13 heures 50
Ski, clope and sun.
[Francis Traunig 20100107 Vers l'image]


Schoenried - 13 heures 19
Juliette renifle la couverture des œuvres complètes de …éditées à la Pléïade. Considère le titre imprimé sur pleine peau, doré à l’or fin 23 carats.

-Sont nulos. A l’or ! Ben quand t’auras plus de thunes, t’auras qu’à gratter les titres de tes bouquins…


Il décroche le prix Nobel, ses livres se vendent comme des petits pains, son éditeur jubile, cartonne et le tue au volant de sa voiture. Absurde fin pour le philosophe de l’Absurde.


55 francs pour monter, descendre, monter, descendre, monter, descendre : L’absurde naît de la confrontation de l’appel de la pente avec la volupté déraisonnable de s’y laisser glisser, et recommencer… dirait Sisyphe.

Une femme, lisse comme un plan de travail de cuisine Bulthaupt, porte un manteau de fourrure. Elle s’épile pour se recouvrir de poils…

Un homme, Blancpain au poignet, considère l’heure à l’horloge de la gare.
[Francis Traunig 20100106 Vers l'image]


Schoenried - 10 heures 21
Là, sous les sapins, Polansky, bracelet au poignet, lit peut-être le journal sous l’œil joliment soyeux et attendri de sa femme, probablement dévouée corps et âme. Il lit peut-être le dossier de Charly Hebdo sur : INJURES, savoir-vivre et code pénal. Eclate d’un rire contagieux, peut-être, en apprenant que Christophe Birot a été condamné à un mois de prison ferme pour avoir dit : « Retourne en Chine espèce de Hongrois » à Sarkozy le 31 janvier 2004. Il se dit, alors, peut-être ? : « Un mois de tôle pour si peu ? C’est cher payé, sans même avoir pris son pied.» Mais peut-être qu’il ne se le dit pas. Peut-être qu’il a d’autres soucis. Et que sa femme soyeuse et attendrie lui fait la gueule parce qu’elle est coincée dans son mazot étriqué. Alors, il me semble la voir à la fenêtre qui me regarde. Je lui souris et dévale la pente et écrit dans la poudre avec mes skis : ELLE EST BELLE LA … mais n’arrive pas à finir ma phrase.
[Francis Traunig 20100105 Vers l'image]


Schoenried - 10 heures 15
-Please mon chat, ne traverse pas la voie. Please dont ! Please…
-Tu me fait chier, tu m’emmerdes, en plus devant tout le monde, sur un quai de gare, C’est quoi ça ? C’est quoi ça … ?

Avec une souveraine indifférence, le chat, la trentaine, une bonne centaine de kilos, pose ses deux valises, sort son E-phone et le considère en fumant une cigarette.

Elle, sans doute la belle mère, sèche comme un chips, enveloppée dans une doudoune Montcler, remballe vite son désarroi, et offre un very big smile a tous les gens qui attendent le train… et s’en foutent.
[Francis Traunig 20100104 Vers l'image]


Schoenried - 13 heures 39
Sur le dos renversé des montagnes blanches, se côtoient deux armées qui ne savent rien l’une de l’autre. L’une est mécaniquement organisée, arrime les cimes aux vallées avec des multitudes de câbles, s’y transporte en hordes, qui, une fois aux sommets les dévalent pour recommencer inlassablement. Ces soldats conquièrent tout l’espace, le balisent, le colonisent, plantent des antennes sur les plus hauts rochers, qu’ils encerclent avec leurs avions et leurs hélicoptères. Ce sont les soldats-skieurs.

La seconde armée est en route depuis des millénaires. Elle chevauche les vallons, traverse les rivières en courbant l’échine sous les ciseaux géants des éclairs. Avec plus d’obstination que Grace de Monaco à l’assaut de son rocher, avec la volonté du cristal qui concentre en lui le soleil en un seul point, elle chemine silencieuse vers les hauteurs. C’est l’armée des sapins noirs. Lugubres la nuit comme des cormorans mazoutés, les sapins-soldats tendent leurs bras chargés de pives qu’ils jettent alentour quand les tempêtes les ébouriffe. Alors parfois c’est un mètre de pris à la pente sur deux mille pives larguées. Un mètre en cinquante ans.

Alors ? Sapins, skieurs, que savent-ils de leurs parallèles conquêtes ? Aussi peu de choses, peut-être, que la sardine sait du monde des blaireaux !
[Francis Traunig 20100103 Vers l'image]


Schoenried - 14 heures 44
Ski, soupe and sun.
[Francis Traunig 20100102 Vers l'image]


Crolles - 12 heures 00
…entre-temps, mille cent trente sept voitures ont été incendiées dans l'hexagone. Mais la nuit a été calme déclare Nicolas Sarkozy.
[Francis Traunig 20100101 Vers l'image]


Crolles - 22 heures 44
07 heures 15 :

Dans un café genevois, un couple lit le Matin :

-Khadafi, encore lui. Il a cogné sa femme à Londres ?
-Oui, c’est un sale type, celui-là…

Un homme, à deux tables de là, lit le même journal, le seul paru aujourd’hui, déclare, badin :

-Attention, M’sieur dame, j’appelle la police. C’est du racisme. On peut pas parler des gens comme ça.

L’homme en couple :

-Oui vous avez raison, c’est un comble. Les anglais, eux, sont moins cons. Ils l’ont laissé partir…

La femme :

-C’est vrai que c’est souvent les Maghrébins qui cognent leurs femmes et le dire c’est pas être raciste, c’est dire la vérité.

-C’est vrai que c’est un comble que quand on dit la vérité, on nous traite de raciste !

La serveuse, Savoyarde, s’en mêle :

-Oui, même chez les français y a des racistes. Et on ose le dire…

Le bistrot, en choeur :

-Oui !
-Oui z’avez raison.
-Sale type
-Ma foi…

Et chacun replonge dans son journal pour s'irriguer de news et de caféïne.


08 heures 25 :

23 coups de canons ébranlent la ville. On célèbre le départ des troupes de Napoléon en 1813 et la restauration genevoise. Cygnes, canards et autres volailles perdent les pédales dans la rade, détalent à tire d’ailes.


09 heures 45 :

Karaman me vend Libé - bonne année - touffu comme un buisson ardent. Jamais je n’aurai le temps de tout lire, sinon cette métaphore magnifique dans l’éditorial de Joffrin qui résume si bien la décade qui s’achève : « …les curés qui l’emportent sur les instituteurs… ».


09 heures 55 :

Une femme avec un feu de forêt dans les cheveux promène un parapluie vert pomme fermé, sous la pluie.


09 heures 37 :

Chuka m’envoie ses vœux de Mongolie et réveille d’un coup de cravache un voyage passé.


09 heures 57 :

En pissant, je pense à tout ceux qui vont pisser aujourd’hui les bulles de leurs mousseux et autres Champagne, à tout ceux qui ne pourront se contenter que d’eau, à ceux qui vont devoir faire des kilomètres pour boire. A Carla Sarkozy, à mon ami John, à Bernard, à Uwe, à Bubu. A Ahmed, à El-Oued. Je pense à Sophie, Isabelle, Antoine, au chef du poste de police de Pécolat, aux contractuels noirs qui bossent aujourd’hui - à tout ceux qui comme moi pissent où vont pisser dans la journée. Je pense à l’écume de ce qui nous relie au fond des égouts… à notre physiologie commune.

11 heures 35 :

Il a peu plu et ne pleut plus.

12 heures 15 :

Avec Sophie et Mathias à l'Aiglon autour de trois steack frites.


15 heures 45 :

On me rappelle, en espagnol, avoir assisté à l’accouchement d’une truie.


17 heures 45 :

9 degrés : la pluie a lessivé les Alpes, les rend sales et moroses les skieurs.

19 heures 15 :

«Crolles. Située à vingt kilomètres au Nord-Est de Grenoble et à quarante kilomètres de Chambéry, la ville de Crolles est implantée sur la rive droite de l'Isère au coeur de la vallée du Grésivaudan. Elle fait partie du Parc Régional de Chartreuse. Resserrée sur les coteaux de la Chartreuse, orientée Sud-Est, face à la chaîne de Belledonne, Crolles bénéficie d'un cadre ensoleillé et exceptionnel. »

Dans une ferme plantée au milieu d’un champ – dans ce silicone valley grenoblois – Isabelle et Bertrand nous reçoivent pour fêter simultanément, leur cinquante ans et leur tout récent mariage.

20 heures :

Effusion des retrouvailles, foie gras et nez de clown sur fond d’explications au sujet des votations sur les minarets.

20 heures 30 :

Oies rôties et gratin.

21 heures 35 :

Animations joyeuses.

22 heures – environ :

Animations joyeuses et fromage.


22 heures 44 :

Un môme lumineux : Tu vois, je bois du café!

23 heures – environ :

Animations joyeuses et gâteau.

2010, bientôt. Tout va trop vite. Tu te rends compte comme ça passe. Quelle heure il est ? Tu bois un verre ? Lui, il roule en Harley… c’est le mari de l’amie d’école d’Isabelle. Belle fratrie déployée autour des fêtés. Tout à coup Jean-Marc, avec sa voix de stentor, fait tinter un verre, à moitié vide, à moitié plein, ne me souvient même plus si c’était vraiment un verre – et donne sa voix à Apollinaire, invité surprise, mort, surpris si il ne l’était pas de se retrouver parmi nous.


Puis d’autres animations joyeuses, encore, qui occupent ce qui reste du temps de cette décennie. Quelle heure il est ? Soif ? Oui, je suis le cousin de la sœur de…

Vivre, partager, rire.

Boire du café.

I lived and loved and laughed and left – l’épitaphe sur la tombe de Joyce! C’est pas beau ? C’est pas génial ?

Ouais, ouais… c’est quelle heure ?

Mince, il est déjà plus tard que je croyais.

24 heures :

Bonne année! Bonne année! Bonne année!
[Francis Traunig 20091231 Vers l'image]


Genève - 13 heures 15
Il ne craint ni le froid, ni la pluie. Jamais. En T-shirt toujours. Les jette quand ils sont trop sales, en rachète des neufs. Son amie était cheffe d'escadrille des "rats volants", leurs parlait, affublait chaque pigeon d’un petit nom. Elle les aimait infiniment mais en même temps arrosait le pieds des arbres, le bords des trottoirs de graines de maïs contraceptive pour qu’ils s’éteignent, disparaissent, cessent de fienter sur les façades des immeubles.

Son amie est décédée, mais les pigeons courent toujours.
[Francis Traunig 20091230 Vers l'image]


Genève - 19 heures 13
Beau comme un panier en osier rempli d'oranges qui attendent d’être pressées

Beau comme un ciel fatigué après l’orage

Beau comme la page du journal qui retombe, légère, avec tout son poids d’encre, sur celle qui la précède, que lit un homme qui a une tête de chat

Beau comme un point d’exclamation qui s’échappe d’une phrase

Beau comme le bleu qui rôde dans la couleur verte et grince comme une balançoire dans le vent du soir

Beau comme ses lèvres, portes d’église, qui s'ouvrent sur un matin de Pentecôte

Beau comme une miette de pain qui flotte sur une table vert émeraude où nagent des poissons tachetés noir et blanc.

Beau comme cette lune, trou du cul d’ange, assise dans un platane rouge déplumé
[Francis Traunig 20091229 Vers l'image]


Genève - 19 heures 05
Torturée par l’Absolu, la bestiole au regard de bouche, s’ahurit de voir son reflet errer à la surface d’un miroir de glace - et nourrir les ronces qui l’enserrent avec ses illusions putréfiées…


…mais le Pape a partagé la table de démunis. Sous le regard bienveillant des médias, il s’est fait Père Noël et a distribué des cadeaux…


Alors, Dieu soit loué, il reste le rire. Le rire qui secoue les entrailles et réchauffe les cœurs.

Prions le rire ! Si il ne peut nous sauver, au moins il nous réchauffera du vent glacial de l’Absurde.
[Francis Traunig 20091228 Vers l'image]


Jussy - 12 heures 24
Pelle repue.
[Francis Traunig 20091227 Vers l'image]


Genève - 21 heures 08
Les yeux, les crocs, la truffe, sont les mêmes : regarder, sentir, manger… c’est juste qu’il n’utilise plus les pattes de devant et sautille sur celles de derrière en débitant fadaises et autres balivernes. J’en ai même vu renifler leurs femelles, chier et pisser contre les murs, pense le chien en me considérant avec une certaine ironie…
[Francis Traunig 20091226 Vers l'image]


Marchissy - 16 heures 54
Mozart et Noël célébrés par une agricultrice qui découvre la flûte traversière à 52 ans.
[Francis Traunig 20091225 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 33
« Pattes jointes, elle saute du poulailler, dès qu’on lui ouvre la porte. C’est une poule commune, modestement parée et qui ne pond jamais d’œufs d’or. Eblouie de lumière, elle fait quelques pas, indécise, dans la cour. Elle voit d’abord le tas de cendre où, chaque matin, elle a coutume de s’ébattre. Elle s’y roule, s’y trempe, et, d’une vive agitation d’ailes, les plumes gonflées, elle secoue ses puces la nuit. Puis elle va boire au plat creux que la dernière averse a rempli. Elle ne boit que de l’eau. Elle boit par petits coups et dresse le col, en équilibre sur le bord plat. Ensuite elle cherche sa nourriture éparse. Les fines herbes sont à elle, et les insectes et les graines perdues. Elle pique, infatigable. De temps en temps, elle s’arrête. Droite sous son bonnet phrygien, l’œil vif, le jabot avantageux, elle écoute de l’une et de l’autre oreille. Et, sûre qu’il n’y a rien de neuf, elle se remet en quête. Elle lève haut ses pattes raides, comme ceux qui ont la goutte. Elle écarte les doigts et les pose avec précaution, sans bruit. On dirait qu’elle marche pieds nus. »

Jules Renard


…et toujours ce goût d’espoirs déçus au fond de la bouche qui nous coule dans les tripes, emportés par des rasades de vin rouge, où la foi et le foie gras confondent leurs consistances et nous font roter l’amertume et la culpabilité.

Une sacrée histoire, en fait, qui commence par un cocufiage : un charpentier se fait piquer sa femme par Dieu le Père.

Je connais peu de mes amis qui auraient le courage, ne serait-ce que de dire : « Eh, oh, non mais… ».

Oui, perplexe, je suis, en mangeant la poule de Jules Renard.

Et puis, je sais que ça va mal finir, tout attendri par cette mère aimante à laquelle on va arracher son fils et l’assassiner pour lui avoir reproché d’avoir, à son tour, aimé son prochain.

Coupable ou cynique? Je donne alors, ma pensée en cadeau à un plus démuni que moi. Je donne, me rachète, me dédouane, ça n’a pas de prix, ça passe mieux avec un peu de gâteau au chocolat baigné dans du Rimus…

…et trinquons alors à la lumière qui brille entre deux néants avec l'ami bouddhiste qui travaille à la Migros.
[Francis Traunig 20091224 Vers l'image]


Genève - 20 heures 38
Je sais quelque chose de Hodler qu'il ne sait pas : qu'il va mourir dans quelques mois. Nous sommes en 1918. Mon père a 7 ans, et lui aussi ignore que déjà il me contient. Que je verrai un homme mettre le pied sur la lune.

Et lui emboîter le pas…
[Francis Traunig 20091223 Vers l'image]


Genève - 16 heures 13
Dans mon dépotoir sentimental, sous des couches de bonheurs encore humide de pleurs de joie, une moule entrouverte cache un secret.

Mais je ne me souviens plus lequel…

Je me souviens par contre avoir photographié un chien qui s'appelait BOB…
[Francis Traunig 20091222 Vers l'image]


Genève - 19 heures 05
Le solstice est un événement astronomique qui se produit lorsque la position apparente du Soleil vu de la Terre atteint son extrême méridional ou septentrional.

C’est aussi, dans certains cas, lorsqu’un homme marié atteint son extrême libidinal et pense pouvoir se réchauffer au souvenir de ce qui a été, alors que c'est l'automne déjà…
[Francis Traunig 20091221 Vers l'image]


Genève - 13 heures 17
Souvenir de voyage intergalactique.

…aux douze coups de minuit, ils ont sorti la bouteille du frigo, et X s’est mis à désentortiller le fil de fer pour libérer le bouchon. Les rires fusaient, on s’embrassait. X tenait avec fermeté la bouteille par son col comme une oie qu’on allait gaver, et penche la tête sur le bouchon pour le considérer. Un éclair alors foudroie X et le propulse dans la voie lactée qui l’éblouit…
[Francis Traunig 20091220 Vers l'image]


Genève - 19 heures 52
Hier, en achetant des cacahouètes dans un supermarché, je n’ai pu m’empêcher de penser à ce singe que j’observais au zoo de Bâle, (souvenir qui remonte à quelques années, qui me semble si proche pourtant), à ce singe qui s’est collé à la vitre - comme je l’étais collé moi-même - et dont les babines se sont agitées avec exaltation. Il s’est mis à taper contre la vitre. Je ne sais toujours pas ce qu'il voulait me faire comprendre, ou si bêtement il me trouvait risible dans ma cage…
[Francis Traunig 20091219 Vers l'image]


Genève - 07 heures 59 -2 degrés
Je ne sais comment trouver les mots pour décrire cet homme qui - c’est impossible que ce ne soit pas le cas - ingurgite tous les matins un cocktail prozac ecstasy au petit-déjeuner. Il semble chaussé de bottes des sept lieues et arpente la ville en tout sens, en sifflant comme un merle, mais un merle qui sifflerait son chien. Un sifflement furieux, mélange d’injonction et de bonheur. Un sifflement pénible d’alarme anti-effraction qui modulerait ses stridences sur des airs de Vivaldi.

Il va d’un pas assuré vers quelque part qui semble hors de portée, toujours bras nus, été hiver.

Il est peut-être poursuivi par la mort, et siffle pour se donner du courage ?
[Francis Traunig 20091218 Vers l'image]


Genève - 22 heures 15
J’ai vu les arbres fouettés par la neige rougir sous les coups. Se tordre de douleur en implorant la lumière. Pousser des plaintes que seuls entendent les oiseaux.
[Francis Traunig 20091217 Vers l'image]


Genève - 14 heures 20
Chéris rituels qui nous permettent de rebondir d'une saison à l'autre et entretenir la nostalgie de ce qui a été.

Et si les adultes, finalement, n’étaient que des mômes ridés ? (qui jouent aux adultes).
[Francis Traunig 20091216 Vers l'image]


Genève - 10 heures 14
Aujourd'hui? Un lièvre blanc dans un champ de neige!
[Francis Traunig 20091215 Vers l'image]


Genève - 10 heures 42
La Suisse vue d'avion avec le gratte-ciel en bois de l'UBS en son centre.
[Francis Traunig 20091214 Vers l'image]


Genève - 13 heures 40
Quand la guerre devient folklore, c’est une victoire de la culture sur la bête.
[Francis Traunig 20091213 Vers l'image]


Bonvard - 21 heures 18
Sur le chemin de Béthléem, une étoile se perche dans un arbre et se repose quelques instants avant de reprendre sa route.
[Francis Traunig 20091212 Vers l'image]


Genève - 08 heures 06
…dès sept heures du matin on peut l'apercevoir rôder autour de la grande poste. Toujours bien mise, toujours un sac à commission à la main elle interpelle avec sa voix flûtée les passants…

-Une piècette, Monsieur, s’il vous plaît

…et si quelqu'un donne, elle s’en va vite sans un merci, comme étonnée d’avoir reçu quelque chose.
[Francis Traunig 20091211 Vers l'image]


Genève - 08 heures 19
Les pleurs du violon font chanter le merle dans le platane d'en face pendant que glissent les passants de la gare vers le bureau.
[Francis Traunig 20091210 Vers l'image]


Genève - 12 heures 03
Par habitude sans doute, il jette sa cigarette dans l’herbe avec un dédain pareil à celui qu’il doit avoir pour ses poumons. Ce carré de verdure qu’il prend pour un cendrier, pourtant m’appartient un peu.

Mais l’aléatoire qui baguenaude dans la lumière est le paquet cadeau de ce beau neuf décembre.
[Francis Traunig 20091209 Vers l'image]


Genève - 18 heures 41
Je cite Keynes, économiste génial, né fin dix-neuvième : "Nous ne vivons pas une crise de la rareté, mais une crise de l'abondance; or nous ne savons pas gérer l'abondance; c'est ce qui provoque une dépression nerveuse universelle." D’aucuns diraient une indigestion consumériste provoquant la flatulences de nos valeurs…
[Francis Traunig 20091208 Vers l'image]


Carouge - 08 heures 19
"Dis, qu'est-ce que tu écris?"

"A Strasbourg, au sujet des votations!"
[Francis Traunig 20091207 Vers l'image]


Genève - 18 heures 24
[Francis Traunig 20091206 Vers l'image]


Genève - 13 heures 19
"Quand Dieu joue aux dés, ils ne sont pas pipés".
Llona Staller


"Dans tout choix il y a un sacrifice!".
Lao Tseu


"Je veux tout, tout de suite!"
Bertrand Schnelenberger


"Quand on a connu un homme, on les connait tous!".
Rose-Marie


"Surprise, surprise!"
Alan Humerose
[Francis Traunig 20091205 Vers l'image]


Genève - 15 heures 08
Entre l'appel du décor et la beauté du réel, the fucking frustration…
[Francis Traunig 20091204 Vers l'image]


Genève - 16 heures 59
La maîtrise parfaite de l'image au service du tiroir caisse c'est magique.

On nous tient vraiment par les boules.

Avec délicatesse.
[Francis Traunig 20091203 Vers l'image]


Genève - 17 heures 29
Il y a trois jours, à trois rues d’ici, une poignée de mômes ont incendié des voitures, fracassé des vitrines et écrit sur les murs d’une banque : « Détruir (e) ce monde est possible. »

Il y a deux jours, le peuple suisse, par les urnes, refuse aux Musulmans que leurs minarets côtoient nos clochers.

Ce soir, Marius, se fait un nez de clown avec une mandarine.

Décidément, chaque jour nous amène son lot de surprises !
[Francis Traunig 20091202 Vers l'image]


Genève - 20 heures 50
Sur cette planète existent d’autres planètes dont je ne ferai qu'effleurer la périphérie, même en ayant lu avec assiduité l’oeuvre complète de Lévi-Strauss.
[Francis Traunig 20091201 Vers l'image]


Genève - 08 heures 19
Mais qu'écrit-il? Je le lui demande. Et il me répond en criant :

"Vive le temps des shorts!"
[Francis Traunig 20091130 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 32
Banana-brunch et brassées de petits bonheurs pour lutter contre la grisaille.
[Francis Traunig 20091129 Vers l'image]


Grand-Lancy - 23 heures 15
…il nous raconte comment, embarqué à 20 ans dans le contingent des travailleurs forcés (les Fremdarbeiter), par les nazis en 1942, il se retrouve en Allemagne chez Leitz.

« Je devais monter les viseurs qui servaient à bombarder. Il fallait ajuster une loupe pas plus grosse qu’une pièce de cinq francs avec une petite croix qui permettait de cibler. Alors, le plus souvent possible, je décalais légèrement la croix pour que ça tombe à côté… »

Souvenir qui fait scintiller la malice dans ses yeux…
[Francis Traunig 20091128 Vers l'image]


Genève - 19 heures 00
C’est sans doute pour puiser l’énergie à la jeunesse - et alimenter la leur - que certains vieux crabes côtoient ceux qui pourraient être leurs enfants.
[Francis Traunig 20091127 Vers l'image]


Genève - 13 heures 05
…et dire que nos mains étaient des nageoires - c'est pas si loin que ça - et voilà que ces nageoires manipulent des souris, font des doigts d'honneur, brandissent des drapeaux - ce vertige me fait mieux comprendre mon attirance pour la plage, particulièrement en novembre.
[Francis Traunig 20091126 Vers l'image]


Genève - 13 heures 02
Peut-être que les braillards qui chevauchent les TGV de leur viriles aspirations feraient mieux de se fier plus souvent à la carte de géographie de leurs incertitudes - me murmura-t-elle à l’oreille.

Koa, Koa ! répondis-je en battant des ailes.

Tu m’as tout à fait comprise, cul, cul !
[Francis Traunig 20091125 Vers l'image]


…..12 heures 16
…qui connaît la folle épopée de ce flocon de neige qui devient goutte de pluie, goutte de pluie mise en bouteille, bouteille bue par un gestionnaire de fortune, vessie pleine qui se libère dans un urinoir, urine épurée rejetée dans une rivière, rivière précipitée dans le Rhône, Rhône dilué dans la mer, mer qui nourrit les nuages, nuages qui s'ébrouent en flocons dorés, etc…
[Francis Traunig 20091124 Vers l'image]


Genève - 09 heures 02
Le temps tient toujours ses promesses - qu'on soit Swatch ou Rolex.
[Francis Traunig 20091123 Vers l'image]


Gland - 15 heures 55
Mélange de graines pour les oiseaux de dehors : CHF 10.50

Menu lapin nain – 1 kilos : CHF 7.90

Cocktail de légumes pour lapin nain – 150 grammes : CHF 2.80

Life Cobaye – Cocktail – 600 grammes : CHF 7.90

JBL BioNitrarEx – 240 grammes : CHF 41.50

Menu Cobaye – 1 kilos : CHF 6.90

Toutes les six secondes - sans faire d’amalgames stupides qui ne changeront rien de toute manière - toutes les six secondes, vous ne le saviez probablement pas, toutes les six secondes, meurt un Hamster, une perruche ou un animal domestique suite aux conséquences d'une suralimentation…
[Francis Traunig 20091122 Vers l'image]


Genève - 20 heures 39
Slalome vers la ville à moto. Un feu rouge me stoppe, en tête de colonne. Sur la rive d’un trottoir, une femme, la soixantaine, coiffée d’un bonnet écossais à pompon jaune, me fixe en souriant. Deux cabas chargés à ras bords la leste. Feu vert pour les piétons. Elle ne bouge pas. Je la regarde me regarder, intrigué. Puis gêné, considère le feu qui clignote. Tout à coup, elle dépose ses cabas et se dirige vers moi d’un pas décidé. Elle sert de sa main ma main gantée, et déclare :

-Je vous aime.

Bouleversé par cette déclaration, je cherche à baisser le haume de mon casque, me préparer à partir et jette un furtif coup d’œil aux voitures derrière moi. Le feu passe au vert, son sourire est immense.

-Pas maintenant, Madame, excusez-moi, je n’ai pas le temps.

Et démarre…



Ca s’est passé il y a dix ans, ici, exactement. Fleurir une interdiction de parquer m’a semblé m’être directement adressé : cette rose a ravivé ce souvenir, ce rendez-vous manqué.
[Francis Traunig 20091121 Vers l'image]


Genève -18 heures 54
-On pose comme des japonaises, mêmes sourires…
-Mais pas du tout
-Je m’en veux c’est réducteur
-De quoi ?
-De réduire les japonais à un cliché
-Mais non, allez, smile !


Du coup j’ai oublié de leur demander où elles allaient avec leur matelas Louis Vuitton…
[Francis Traunig 20091120 Vers l'image]


Genève - 07 heures 14
Immobiliser le caddy sur un socle. En granit, en acier pour bien lester l’intention. Tisser autour de l’objet sacralisé un discours sur la consommation, la déflation, la crise. (C’est selon l’inspiration). S’adjuger l’aval d’un conservateur en lui laissant de l’espace pour qu’il y sème son grain (qui justifiera son salaire), convoquer la presse, (qui a si peu à se mettre sous la dent quand les catastrophes font grève), ameuter les amis (qui s’ennuient quand ils ne boivent pas) donner de la consistance au vide (quand la mort fait peur) et appliquer la recette avec n’importe quoi : une chaise à laquelle on pourrait donner des dimensions monumentales, à des pneus peints en rose qui, empilés méticuleusement, pourraient suggérer un sous-marin, etc…

Tout est là, sous nos yeux, c'est si simple. Il n’y qu’à …
[Francis Traunig 20091119 Vers l'image]


Genève - 12 heures 12
Sa langue se débattait dans ma bouche comme la queue d’un chien content de retrouver son maître. Comme si par cette intrusion molle et liquide, elle cherchait à me faire admettre l’évidence que, dans un premier baiser, nichent les promesses de tout le reste.

Mais je pensais à autre chose. Elle était loin de s’en douter…
[Francis Traunig 20091118 Vers l'image]


Genève - 12 heures 49
Diana et Holga, l’antidote à l’hégémonie numérique.

Holga pour réactiver la magie qui rôde dans les tréfonds de la chambre noire ! Là où se nouent des alliances contre-nature entre ombres et lumières.

Diana pour contrer le flux tendu, pour terrasser le net et le super net.

Se faire des cures de lumières baveuses avec Holga, des cures d’aléatoires avec Diana, des cures de flou dans le monde pas net du numérique.
[Francis Traunig 20091117 Vers l'image]


Genève - 09 heures 02
Me bouleversent ces gens qui glissent le long des rues vers leur travail et transportent avec une attention un peu théâtrale un gobelet en carton rempli de pisse de bouc à plus de 5 francs la dose.

L'Arabica Star Fuck!
[Francis Traunig 20091116 Vers l'image]


Nyon - 18 heures 44
"Lorsque les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière."
[Francis Traunig 20091115 Vers l'image]


Genève - 20 heures 44
« O Fortuna
Velut luna
Statu variabilis »

…mais je ne vois que la nuque de cette femme…

« Sort monstrueux
Et vide
Tu fais tourner la roue »

…elle est immobile et droite. Vêtue de noir. Cinquante ans peut-être ?

« Tu me tourmentes aussi ;
Là par le jeu
Mon dos nu
J’apporte à ta vilenie… »

…ce chiffre tatoué sur sa nuque me tourmente. Les images défilent au pas de l’oie devant mon imagination. Impossible, elle est trop jeune. Impossible, cependant, cependant…

« Le salut du sort
Et son mérite
Sont maintenant contre moi »

…lui demander ? oser poser la question ?

« Il est fait
Et défait
Toujours en esclavage »

…mais le puissant souffle des 200 choristes m’embarque avec toutes mes questions dans la terrible frénésie de 1933…

« Pincez les cordes vibrantes
Puisque le sort
Abat l’homme fort
Pleurez tous avec moi »

…et ne peux m’empêcher d’associer, Carmina Burana, la cantate de Carl Orff jouée la première fois en 1937 avec la nuque de cette femme.
[Francis Traunig 20091114 Vers l'image]


Genève - 13 heures 23
…dégringolent du ciel deux corneilles emmêlées et s’écrasent en paquet sur un trottoir. Un tourbillon braillard d’une trentaine d’entre elles semble encourager les combattants. Les passants sont médusés, effrayés. Quelqu’un se rapproche, fait mine de botter du pied le paquet de plumes. Elles s’envolent, la chasse reprend. Se retrouvent sur le bord d’un toit. De là, en se débattant, glissent et s’écrasent sur une verrière. Elles s’observent alors comme deux crotales, face à face, pour recommencer de plus belle. Une femme d’une fenêtre proche, leurs jette un verre d’eau. Elles s’envolent vers un platane. Les passants dans la rue, les corneilles, au-dessus, suivent les deux enragés. Du sommet de l’arbre, elles en dégringolent, se martelant du bec avec fureur, tombent devant un café. L’une d’elle se dégage, est rattrapée en plein vol, devant la poste, pour finir sur la route.


Mais le trafic, enfin, les disperse. Elles s’envolent et le nuage de corneilles aussi…
[Francis Traunig 20091113 Vers l'image]


Genève - 07 heures 56
Hier il attaqua son croissant par les deux bouts - pas simultanément bien sûr - pour rejoindre le centre. Mais à mi-chemin il abandonna et laissa sur la table, non pas un cadavre de croissant mais la trace d’une intention.

Les miettes firent signe.

Mais signe de quoi ? On peut broder. Déployer de la rhétorique, chercher à produire du sens - me vient à l’esprit la victoire de … sur les Ottomans, la bannière déchue transformée en viennoiserie qu’on ingurgite, et vaincre une seconde fois en avalant l’identité de ce qu’on combat.

On dit bien : Avaler ses peurs.

On bouffe du sens tous les jours, les miettes font signe, têtues.

Mais peut-être qu’en mâchant il réalisa qu’un enfant meurt de faim toutes les six secondes.

Peut-être qu’il s’est dit « Je mange sans me rendre compte du bonheur d’apprécier ce que je mange. J’arrête de mastiquer par gratitude pour ce que chaque jour me donne… »


Peut-être que rien de tout ça. Peut-être qu'il s'est juste rendu compte que manger sans appétit, c’est combler un vide.

Comme moi ici, écrire.
[Francis Traunig 20091112 Vers l'image]


Meyrin - 19 heures 04
« Méfiez-vous, les images mentent, racontent des bobards, nous flattent, nous endorment. Méfiez-vous, elles nous font croire qu’elles s’adressent à nous. C’est pour ça que les vendeurs, les églises, les empires et les roublards s’en drapent. Méfiez-vous, crévindiou, avant de devenir vous-même une image… »

Anonne un homme accroché à un caddy rempli de sacs dans la solitude glacial d’un centre commercial déserté.
[Francis Traunig 20091111 Vers l'image]


Genève - 09 heures 34
Mettez la croix dans la bonne case :

Cette femme a un rhume, mais n’a pas le temps de s’apitoyer sur son sort car elle prépare un repas de fête pour les 15 ans de vie commune qu’elle va célébrer en tête à tête avec son mari - qui bêtement n'a pas eu le temps de penser à acheter des fleurs pour l'occasion.

Cette femme est mon ex. Nous avons traversé les Etats-Unis à moto pour nous séparer dans un camping du parc national Yosemite. Et elle sourit à l'évocation de ces souvenirs.

Cette femme fait de la pub pour une marque de lunettes connue dont le slogan est : Si la gauche rend flou - Soyez fou, changez de lunettes plutôt que de parti!

Cette femme vient de rencontrer un parlementaire engagé d’extrême droite mais ne sait pas comment lui dire qu’elle n’est pas de son bord politique.

Cette femme se présente à l’élection au Conseil d’état et va prendre un bouillon, ça la fait transpirer, elle le sait, car elle est, de nature, très intuitive.

Cette femme est une maîtresse d’école et est amoureuse de Sarcloret - notre Brel local - et lui a mis sous pli une chanson-poème qu’elle lui dédie.
[Francis Traunig 20091110 Vers l'image]


Genève - 10 heures 08
…alors on n’allait quand même pas se séparer parce qu’elle ne supportait pas, à chaque fois que je lui préparais une tarte aux pommes - elle adorait celles de sa mère - que je la cuise un peu trop, ou encore parce que, lorsqu’il m’arrivait d’ouvrir une armoire, souvent, c’est vrai, j’oubliais de la refermer. Se quitter pour si peu, me semblait un peu court. Mais le pire, ce qui la rendait totalement folle, c’est que je conduise en sifflotant. Elle me menaçait, me traitait de tous les noms et exigeait de descendre de la voiture sur le champ.

C’est curieux, c’est lorsque mon insistance est devenue tenace pour savoir ce qu’elle faisait comme travail lorsqu’elle me quittait le soir, qu’elle a vraiment commencé à me chercher des poux…
[Francis Traunig 20091109 Vers l'image]


Genève - 17 heures 50
"Pour qui est-ce que j'écris?" Anton Tchékov

Mais pour les mouettes…

Ah? Et elles te comprennent?

Celles qui savent lire, oui.

Et les autres ? Celles qui savent pas ?

Je leurs raconte des gags…

Et puis ?

Ca les faire rire…
[Francis Traunig 20091108 Vers l'image]


Genève - 17 heures 56
Didier vernit, verni.
[Francis Traunig 20091107 Vers l'image]


Genève - 17 heures 26
La poire -qui contient en elle le poirier- et se balance au bout de sa branche comme les hommes au bout de leurs rêves, pouvait-elle imaginer finir en poire carrée ?

Pouvait-elle imaginer éclairer les ténèbres d’un estomac avec le soleil dont elle s’est gorgée, et finir - merde - sa carrière avec des restes de croissants, de pizza et de poulets ?

Et moi, mangeur de poire, gorgé comme elle de soleil, de résolutions impérieuses, de projets, de phrases et d’élans amoureux, par quel estomac serai-je digéré?

…pour échouer, étron décoloré, en forme de point d’interrogation sur le fumier des rêves.

Je ne cesse d'y penser depuis qu'elle m'a dit, en me tenant par la queue : T'es vraiment qu'une bonne poire!
[Francis Traunig 20091106 Vers l'image]


Choulex - 22 heures 59
Doris Leuthard (Conseillère fédérale en charge du département de l’économie) déclare, pour contrer l'initiative populaire contre l'exportation du matériel de guerre :

"NE COULONS PAS UNE BRANCHE INNOVANTE ! "

Il y a quelques années, Couchepin, lui-même en charge du même département, confie à la presse :

"J'AI PROFITé DE MON PASSAGE A HONG KONG POUR ME FAIRE TAILLER UN COMPLET SUR MESURE!"

Après le triomphe de la parité homme/femme tant souhaitée par les milieux féministes, il nous est démontré que la connerie n'a pas de sexe.
[Francis Traunig 20091105 Vers l'image]


Genève - 13 heures 23
"Mon fils est pilote sur Mirage au Tchad…"
[Francis Traunig 20091104 Vers l'image]


Vevey - 12 heures 42
Saint-Suaire de carpe au-dessus d’un urinoir où les pèlerins viennent pisser des rivières.
[Francis Traunig 20091103 Vers l'image]


Genève - 09 heures 27
Moi aussi je le love Kiki. M'arrivait même un temps de l'aduler.
[Francis Traunig 20091102 Vers l'image]


Genève - 13 heures 26
Manger du vivant (poisson, viande ) et conjurer la mort qu’on célèbre aujourd’hui.
[Francis Traunig 20091101 Vers l'image]


Eaux-Vives, devant le cinéma Scala - 19 heures 56
… un peu plus loin, trois petits chérubins timides déguisés en monstres, bredouillent une chansonnette dans une pizzeria bruyante. Tendent, hésitant, leur sébile.

« Pourquoi vous êtes déguisés comme ça ? »
« C’est palowine, M’sieur. »
« Ah bon ! Et c’est quoi Palowine ? »
« Ca sert à faire peur M’sieur. »

« Allez plutôt voir LE RUBAN BLANC, mes mignons, si vous voulez avoir peur. » ai-je murmuré en donnant une piécette. Mais personne n’a entendu.
[Francis Traunig 20091031 Vers l'image]


Genève - 13 heures 24
Watson Blackwood, un film, une production helvético-judéo-chrétienne :

C’est l’histoire d’un vertueux magistrat de gauche, pourfendeur d’inégalités, marié à une épouse dévouée, rencontrée dans sa jeunesse à la permanence syndicale où elle s’occupait du nettoyage des bureaux. Cet homme engagé, à première vue intègre, se révèle être un adepte forcené de sado masochisme. Lors d’une négociation avec une banque de la place, il tombe amoureux d’une gestionnaire de fortune roumaine qui vient d’une famille pauvre. Fille de père et de mère illettrés, elle s’est jurée devant la tombe de son amant piétiné par une vache pris d’un inexplicable accès de folie, de réussir sa vie, et prendre sa revanche sur le destin en montant une usine de corned beef, en Roumanie, une fois fortune faite. Mais le destin est cynique, cruel : le magistrat de gauche adultère promet à chaque fois le mariage à son amante roumaine pendant les préliminaires amoureux, pour s’en dédire, invariablement, après. Entre en scène un magistrat de droite que l’amoureuse éconduite va séduire pour faire chanter son amant de gauche. Elle lui demande de les filmer lors de leur relation sexuelle. L’amant de gauche ne peut jouir qu’en se faisant cravacher, tout en lisant Mein Kampf. Mais voilà que le magistrat de droite, terriblement excité par la scène, sort de l’armoire où il est caché, jette sa caméra sur le tapis, se mêle au couple et tombe amoureux du magistrat de gauche. La révélation de leur latente homosexualité dans une scène sodomite filmée avec un doigté à la Godard rend la gestionnaire roumaine folle. Se sentant doublement trahie, elle décide alors de se venger. Elle met en place un réseau de crapules qui utilisent leurs enfants pour faire l’aumône dans les rues avec le dessein de miner les institutions politiques. Elle actionnera de manière très perverse le couple responsabilité/culpabilité des hommes politiques de tout bords qu'on verra s’entredéchirer au Parlement…

La machination semble réussir. Alors que l’expulsion musclée des mendiants est à l’ordre du jour au Parlement, la confrontation dégénère en pugilat. Les parlementaires de gauche s’en prennent à ceux de droite, ceux de droite aux verts à qui ils reprochent leur molle neutralité. L’affrontement tourne en mêlée. Sous cette masse humaine mouvante, dans les bras l’un de l’autre, les vêtements en lambeaux, les deux hommes politique de gauche et de droite s’embrassent fougueusement en pleurant. Puis d’autres, à moitié nus, s’embrassent aussi. Le pugilat se transforme alors en une immense orgie de corps nus emmêlés. Les "oui", les "je t’aime", les "encore" fusent vers le plafond…

Séquence finale : Par la fenêtre on aperçoit le ciel s’illuminer du grandiose feu d’artifice des fêtes de Genève (dont l’invité d’honneur, cette année, est la Roumanie). Les ténèbres flambent, la liesse se lit sur les visages. Générique de fin.


Télérama : Oui, il existe un cinéma suisse après Godard !

Polanski : Si je dois choisir entre fiction et réalité, je choisis la Suisse.

Siné Hebdo : On peut pas rire de tout, parce qu’on risque de le payer très cher un jour.
[Francis Traunig 20091030 Vers l'image]


Genève - 15 heures 05
Septembre 2001 :

…au moment où j’apprends par la radio que les tours sont tombées, la circulation en ville de Carouge s’engorge. Je dois freiner un peu brusquement et un des enfants que je transporte pour foyer handicap glisse hors de son siège. En lui venant en aide, son regard se superpose au mien, me bouleverse. Je décide alors d’écrire PAIX sur une feuille de papier que je colle contre le pare-brise de mon bus. Mon patron me fait une remarque, me demande de l’enlever. Ce que je ne fais pas. Pour moi cette proclamation est essentielle. Deux semaines plus tard, je suis renvoyé.

C’est cet évènement qui m’a décidé de prendre la route. J’ai traversé 77 pays et récolté 80'000 signatures pour ma pétition mondiale pour la Paix…

A suivre…
[Francis Traunig 20091029 Vers l'image]


Genève - 12 heures 13
…faire claquer l’instant décisif (photographique!) comme une corde à piano demande du doigté, de l’entraînement. Je m’y essaye d’abord avec des pigeons qui se chauffent au soleil, les talonne, leur cours après, mais sans grand succès. Me voilà aux aguets, me rapproche d’un allumé en jeans vert pomme assorti à ses lunettes faire une déclaration à la vie par portable interposé. Je suis sûr qu’il fait semblant, se parle à lui-même, j’en oublie de déclencher… puis un peu plus loin à la terrasse d’un café, aperçois l’Aigle de la route, terreur du quartier, s’envoyer un pichet… me rapproche de lui à pas feutrés, dégaine mon petit S90 et déroule mon bras langue de caméléon, déclenche…

Je vous laisse deviner la suite.
[Francis Traunig 20091028 Vers l'image]


Genève - 20 heures 10
Froissement des étoffes. Pas un mot. Presque une danse à trois, un peu molle. C’est le scintillement glacé des menottes qui rend d’un coup la scène brutale - et rend flou mon désarroi.
[Francis Traunig 20091027 Vers l'image]


Genève - 15 heures 38
La ville…

…et ses pigeons, ses vendeurs de salades, ses macros aux canines étincelantes. La ville et ses troupeaux de consommateurs chargés de cabas, ses bataillons de contractuels, de vigiles, de flics, ses trottoirs usés par les balayeuses. La ville et ses artères encholestérolées par les bagnoles. La ville et son dernier cinéma porno « version française ». La ville, décidément, enchantera inépuisablement mon regard. Mais jamais autant que les vagues de la plage de Palombaggia.
[Francis Traunig 20091026 Vers l'image]


Sanary sur mer - 08 heures 08
Savoureux petit-déjeuner dans un paysage carte postale.

A Sanary les bateaux des pêcheurs sentent le neuf, pas la mer. Les fruits du marché sont beaux comme sur les photos du magazine Plein-Sud, et la tomme de brebis est à presque 40 Euros le kilo.
[Francis Traunig 20091025 Vers l'image]


Palombaggia - 11 heures 31
Jeunes ados débarrassés de leur chrysalide s'essayant à l'envol hors de l'enfance…
[Francis Traunig 20091024 Vers l'image]


Palombaggia - 17 heures
Buisson ardent.
[Francis Traunig 20091023 Vers l'image]


Palombaggia - 14 heures 36
Petit-déjeuner paisible. Il faut le souligner. Pas même une abeille pour mettre un peu d'ambiance.
[Francis Traunig 20091022 Vers l'image]


Bonifacio - 10 heures 42
Voyager, c'est changer le slip à son point de vue. (Le string pour certains…)
[Francis Traunig 20091021 Vers l'image]


Dans les hauts de Zonza - 15 heures 15
Pin tenace donnant une magistrale leçon aux Akoibonistes*

*un akoiboniste est quelqu'un qui abuse de l' à quoi bon…
[Francis Traunig 20091020 Vers l'image]


Palombaggia - 12 heures 54
Le soleil se promène sur la nappe entre miel et confiture.
Vu une étoile filante trop belle hier soir sur la plage – dit mon fils.
J’ai du sable dans les cheveux, réplique Emilie
Des étoiles plein la tignasse que le vent pourrait peigner.

On fait vibrer les baffles avec Chinese Man records à fond de berzingue.

Christine s’agace. On pourrait pas juste écouter le silence, couper la musique.
Enchaîne :
Passe-moi le beurre !
Ce que je fais, en mâchant mon pain, puis m’échappe derrière la haie de mes pensées
Pense à Carver, à La Vitesse Foudroyante du Passé, à la banalité poétique de ses points de vue, banalité qui me remue pourtant parce qu'elle rejoint la mienne.

Mais ma fille qui a dans la tête un carrousel de systèmes solaires en mouvement me ramène à table : les étoiles filantes, c’est des étoiles qui meurent ?

Et se délecte de Nutella.

Alors que j’étale mes pauvres savoirs au sujet des météores et autres aérolithes, je ne peux m’empêcher de regarder des ombres de feuilles danser sur une jarre…
[Francis Traunig 20091019 Vers l'image]


Palombaggia - 15 heures 30
Le vent rugit
Bouscule le ciel, les arbres, mes cheveux, la mer
Une procession de naufragés enveloppés de sacs de couchage, de linges bariolés et de bâches plastique, remonte de la plage.
Sans un mot.
« Ca va les enfants ? »
« Ouais.»
« Comment c’était ? »
« Bien… »

La table du petit-déjeuner est mise. Le pain, chaud, sorti du four. Les naufragés s’assoient, tendent machinalement leurs mains vers les bols, la confiture.. .

« Alors ? »
« Alors quoi ? »

Mais fiche leur la paix, lance Christine, en plus t’as mangé tout le beurre.

Je plonge mon nez dans mon café en me rendant compte comme cet « Alors ? » est malvenu, stupide.

Les mômes mâchent. Je me tais. Le naufragé c’est moi.
[Francis Traunig 20091018 Vers l'image]


Palombaggia - 16 heures
Coquettes sur un mur…
[Francis Traunig 20091017 Vers l'image]


Savona - 19 heures 44
Lundi pique-nique. Mardi pique-nique. Mercredi pique-nique. Jeudi pique-nique. Vendredi pique-nique. Samedi pique-nique. Dimanche pique se repose….
[Francis Traunig 20091016 Vers l'image]


Genève - 15 heures 09
J’ai vu un homme pleurer à la poste, probablement bouleversé par ce qu’il venait de lire dans la Tribune de Genève, qu’il avait sous le bras :

Sarah Ferguson croule sous les dettes. Marie-Claire : J’ai ressorti les habits de l’année passée. Comment punir les chauffards ? En retirant le permis. Coussin anti-solitude. Les papillons d’Hawaii ont de l’imagination. Maxi épaulettes, ceinturons, clous et cuisardes : vous n’y échapperez pas. Conseil : recettes pour avoir un bébé. Messieurs, ne craignez pas le téflon. Shana P. doit (aussi) une fière chandelle à Vitaa…
[Francis Traunig 20091015 Vers l'image]


Genève - 12 heures 43
Dehors, le vent soulève les jupes des nuages.
[Francis Traunig 20091014 Vers l'image]


Genève - 18 heures 55
"Ce qu'on mange bien ici…"

"T'en as de la chance, t'es un veinard!"
[Francis Traunig 20091013 Vers l'image]


Genève - 17 heures 01
Lucy in the Sky with Diamonds.
[Francis Traunig 20091012 Vers l'image]


Saint-Prex - 15 heures 09
Amis de toujours, crème de dattes, historiettes joyeuses.
[Francis Traunig 20091011 Vers l'image]


Lausanne - 21 heures 03
Alain fête ses soixante ans, entouré de ses amis!
[Francis Traunig 20091010 Vers l'image]


Genthod - 22 heures 21
Alex fête ses 40 ans enveloppée dans sa robe de mariée !
[Francis Traunig 20091009 Vers l'image]


Carouge -
Nico vernit son Calvin.
[Francis Traunig 20091008 Vers l'image]


Genève - 12 heures 14
"Ma moto, elle pèse 475 kilos…"
[Francis Traunig 20091007 Vers l'image]


Genève - 16 heures 56
Au coeur de la ville, la vie se débat, s'accroche avec conviction à si peu - comme l'alpiniste suspendu d'une main à un piton dans la face nord de l'Eiger - qui n'aurait ni perdu son sourire, ni l'espoir d'arriver en haut…
[Francis Traunig 20091006 Vers l'image]


Genève - 08 heures 47
Le Matin bleu va disparaître !

« C’est dommage parce qu’il avait une météo très complète ».

Le Matin bleu a disparu et est remplacé par des poubelles.

« C’est dommage j’aimais bien la chronique People ».

Le matin bleu est mort.

« Ah bon?»
[Francis Traunig 20091005 Vers l'image]


Marchissy - 13 heures 37
Cosmos bousculés par le vent.
[Francis Traunig 20091004 Vers l'image]


Genève - 12 heures 07
I said : Whats's going on?

Nobody answered and I just split the scene.
[Francis Traunig 20091003 Vers l'image]


Arles - 14 heures 18
Arles, la belle décatie…
[Francis Traunig 20091002 Vers l'image]


Arles - 17 heures 35
[Francis Traunig 20091001 Vers l'image]


Carouge - 14 heures 27
Avec Vincent, barbotons de plaisir dans la lecture d’un texte de Vautravers, lecture interrompue par un météore bleu tombé du ciel.
[Francis Traunig 20090930 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 45
Pas besoin de décors coûteux, de scénaristes qui se triturent les méninges, d’acteurs imbus d’eux-mêmes aux salaires faramineux : l’affaire Polanski nous montre qu’on peut se faire une production à tout casser avec du réel.

Le réel c’est moins cher que la fiction.

Le réel on l’a sous la main.

Le réel au moins c’est vrai.

Le réel c’est graveleux et ça a des odeurs.

Le réel faudrait s’en faire des cures.
[Francis Traunig 20090929 Vers l'image]


Genève - 08 heures 31
Polanski rattrapé par son passé, cueilli par les Suisses, est mis à l’ombre pour une histoire d’abus sexuel.

Frédéric Mitterrand, ministre de la culture déclare : « …pour une histoire ancienne qui n’a pas vraiment de sens. »

Widmer-Schlumpf, ministre de la justice helvétique : « … la loi s’applique à tous, également, qu’on soit célèbre ou pas. »

Samantha Gailey, la victime : « Je retire ma plainte… ».

Polanski pervers ? La réponse niche dans son œuvre.

Ces relents puritains qui nous viennent des Etats-Unis, alors qu’en même temps on y produit de la sous-culture de masse véhiculée par les séries TV, sont inquiétants.

Inquiétant que la première industrie pornographique au monde s’offusque de l’image en couverture de Vanitiy Fair d’une femme enceinte et trouve l’image obscène.

Inquiétant cet acharnement contre ce vieux monsieur, peut-être pervers, artiste maudit, et créateur dérangeant qui a échappé à Hollywood et à son formatage idéologique.

Il y a autre chose derrière ces flatulences de bonne conscience – briser l’artiste en fustigeant le vieillard immoral ?

Parce qu’un artiste (qui a du talent) c’est dangereux quand ça vous échappe.
[Francis Traunig 20090928 Vers l'image]


Bienne - 14 heures 47
"Non, non, je ne suis pas photogénique!"

"C'est comment votre nom?"

"Anne-Marie."

"Anne venez poser avec Marie!"
[Francis Traunig 20090927 Vers l'image]


Genève - 09 heures 57
Faut-il légender les images ?

…alors voilà, est-ce important de savoir que ce chien vient de Lugano passer sa journée à Genève avec sa maîtresse, qu’il s’appelle Bombino, qu’il a dix ans…

Faut-il planter le décor pour mieux partager ?

Discussions polémiques au sein des participants à ce site.

Certains disent : Ca fait blog de rajouter des légendes qui finalement n’intéressent que ceux qui les écrivent. D’autres proclament : écrire c’est un métier - à chacun le sien, alors que ce site est un site de photographes ! D’autres disent : Qu’est que ça peut faire de savoir si le fils de untel a fait du parapente et a réussi ses examens, que le ciel est bleu alors qu’on voit qu’il est bleu sur l’image, que machin est célèbre et qu’il nous a souri. D’autres disent : une image sans légende c’est comme un minaret sans muezzin.


Il y a dans ce site des nombrilistes forcenés déguisés en humbles.

Des joyeux qui transpirent l’angoisse.

Des talents qui s’ignorent.

Des acharnés de la braguette qui n’en sont d’autant que plus touchant.

Il y a ceux qui célèbrent le peu avec rien. D’autres qui font le contraire.

Ceux qui se prennent pour eux-mêmes alors qu’ils ne sont que le clone d’un autre.

Ceux qui sont libres, donc beaux, même si on les trouve moches

Ceux qui, poètes, ne savent pas écrire mais le sont bien plus que ceux qui savent.

Il y a aussi des écorchés vifs qui célèbrent à leur manière la beauté du glaçon qui fond dans le verre d’eau chaude.

Conclusion : Une par jour est un espace de liberté au sein duquel chacun peut exprimer sa différence comme il le souhaite.

N’en déplaise a certains !
[Francis Traunig 20090926 Vers l'image]


Genève - 18 heures 50
Max vernit!
[Francis Traunig 20090925 Vers l'image]


Genève - 18 heures 48
Denis vernit!
[Francis Traunig 20090924 Vers l'image]


Genève - 12 heures 03
Michel est verni!
[Francis Traunig 20090923 Vers l'image]


Genève - 12 heures 11
[Francis Traunig 20090922 Vers l'image]


Genève - 10 heures 13
[Francis Traunig 20090921 Vers l'image]


Genève - 14 heures 41
[Francis Traunig 20090920 Vers l'image]


Genève - 21 heures 07
[Francis Traunig 20090919 Vers l'image]


Aosta - 17 heures 38
[Francis Traunig 20090918 Vers l'image]


Como - 16 heures 44
[Francis Traunig 20090917 Vers l'image]


Genève - 12 heures 41
[Francis Traunig 20090916 Vers l'image]


Léman - 10 heures 44
[Francis Traunig 20090915 Vers l'image]


Genève - 18 heures 45
[Francis Traunig 20090914 Vers l'image]


Thônex - 22 heures 21
[Francis Traunig 20090913 Vers l'image]


Genève - 19 heures 45
Un cadre
un ring
une scène

aussi
[Francis Traunig 20090912 Vers l'image]


Jujurieux - 16 heures 53
Charles Juliet et M.L.
[Francis Traunig 20090911 Vers l'image]


Bienne - 14 heures 06
[Francis Traunig 20090910 Vers l'image]


Carre d'Aval - 21 heures 58
How happy the lover,
How easy his chain!
How sweet to discover
He sighs not in vain.

No joys are above
The pleasures of love

Henry Purcell - King Arthur
[Francis Traunig 20090909 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 20
[Francis Traunig 20090908 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 10
Vu s'affoler les étoiles sous les paupières de mille personnes.
[Francis Traunig 20090907 Vers l'image]


Carre d'Aval - 14 heures 13
Buxetehude au festival Amadeus, inégalement apprécié par le public.
[Francis Traunig 20090906 Vers l'image]


Bienne - 13 heures 57
Samedi après-midi au centre de Bienne. Les gens musardent, font des emplettes, du lèche-vitrines, font chauffer leur carte de crédit.

Au deuxième étage d’un immeuble cossu, un homme, casquette rouge, est assis sur une chaise, armé d'un fusil d'assaut de l'armée suisse.

Je l'apostrophe sur son balcon:

« Tire, tire si t’es un homme ! » Je sautille sur place, m’excite, écarte les bras et crie : « Vas-y ! T’as pas les couilles, hein ! Tire ! Tire si t’es un mec ». Les passants ne prêtent que très peu d’attention à mon délire.

Le sniper esquisse un timide sourire, mais ne bouge pas. Je réitère mes provocations, me place devant le Mac Do. sans succès. Il ne bouge pas une oreille.

Ma déception est grande. Il est clair que s’il avait brandi son arme j’aurais détalé comme un lapin, bondi derrière une poubelle.

J’ai alors remisé le programme d’Utopics dans la poche, tourné les talons, un peu déçu. C’était une des interventions de la 11e Exposition Suisse de Sculpture d’Art Contemporain. Mais était-ce de la sculpture, de la provocation, peut-être une réflexion sur la violence ? Je me suis alors demandé ce que la sculpture avait à voir avec ce glandu armé d’un fusil d’assaut assis sur un balcon. Formuler bruyamment cette question aurait peut-être fait tirer le sniper ?
[Francis Traunig 20090905 Vers l'image]


Bienne - 18 heures 04
Christian et Jane pour un sniff d'exotisme puissant aux journées photographiques de Bienne.
[Francis Traunig 20090904 Vers l'image]


Genève - 17 heures 48
Non. Nous ne sommes pas le centre de l’univers.

Il y a les arbres aussi.

Les escargots, les chats, les insectes et les crocodiles.

Les fleurs et même les nuages.

Nous sommes entourés de milliers d’univers. Qui s’enchevêtrent, se dévorent, s’observent.

Il y a les ânes aussi. Les ânes - bien plus humbles de nature que les hommes, les hommes qui s’inventent des Dieux, fabriquent des clôtures, empêchent les fleuves de couler - les ânes qu’on croit stupides n’ont pas besoin de clochers pour conjurer la mort, d’églises, de pasteurs, de temples de curés, d’évêques, de mater dolorosa, manger des carottes leur suffit.
[Francis Traunig 20090903 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 48
Au revoir Jean-Benoît…
[Francis Traunig 20090902 Vers l'image]


Genève - 09 heures 20
Je peux lire l'avenir dans le marc de café. L’avenir de Nestlé et de ses capsules qui augmentent constamment, mais à chaque fois de si peu.

Cours clôture : 43.98 - Cours précédent : 42.90
[Francis Traunig 20090901 Vers l'image]


Genève - 11 heures 56
Photographier - c'est l'art de laisser de côté.
[Francis Traunig 20090831 Vers l'image]


Troinex - 19 heures 12
L'aventure d'être vivant !
[Francis Traunig 20090830 Vers l'image]


Genève - 12 heures 15
[Francis Traunig 20090829 Vers l'image]


Genève - 13 heures 20
Kamasutra - page 42
[Francis Traunig 20090828 Vers l'image]


Calvingrad - 21 heures 21
Louable et intelligente tentative de rendre Calvin plus humain, Calvin dont on fête la naissance il y a 500 ans, Calvin l'intransigeant, Calvin père de l’économie moderne capitaliste, celui par qui la place financière genevoise a pu déployer ses ailes et conquérir l’Amérique. Promoteur génial de la notion de culpabilité/responsabilité - sans aucun doute terreau de la psychanalyse moderne. Pourtant Calvin se meurt, sa doctrine avec lui. Son héritage n’est plus que pièces de théâtre, livres commémoratifs et colloques studieux. Mais Calvin reviendra. C’est sûr ! Calvin qui n’est peut-être pour l’instant qu’un enfant innocent et travailleur - trouvera dans son époque de quoi alimenter le feu de sa foi et rallumer les bûchers.

A Islamabad ?
Dans l’Arkansas ?
A Lausanne ?
A Pékin ?

C’est pour cette raison qu’il faut soutenir les pompiers, mettre des extincteurs dans les bibliothèques et faire lire Darwin aux créationnistes.
[Francis Traunig 20090827 Vers l'image]


Genève - 10 heures 26
Isabelle en star-conchita sous les feux de la rampe.
[Francis Traunig 20090826 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 46
…et pendant ce temps l'orage éclatait.
[Francis Traunig 20090825 Vers l'image]


Bienne - 12 heures 13
L'historiette de l'image. Une histoire triste, bien sûr, qui finit mal :

Vendredi Saint.

San Lorenzo Tezonco est un quartier situé au sud ouest de la périphérie de Mexico city. C’est une région parsemée de zones industrielles et de cités-dortoirs, peuplées de pendulaires chassés du centre ville par la spéculation immobilière. Le caractère villageois de San Lorenzo, pourtant, semble résister à la pression urbaine et c’est toujours aux abords immédiats de l’église que se déroulent les fêtes et les célébrations, entremêlements de rites préhispaniques et de catholicisme. De toutes les fêtes religieuses - avec le jour des morts, en novembre - ce sont les festivités pascales qui drainent le plus vaste public.

Cent cinquante acteurs du quartier et des alentours sont mobilisés. Un âne, vingt chevaux et une quarantaine d’enfants de dix ans complètent le tableau. Chacun s’occupe de sa tenue - à ses propres frais, pour les seconds rôles. D’anciennes familles, la paroisse et certains commerçants soutiennent la fête - en espèce, en nourriture, en vêtements - pour lui assurer sa pérennité. La commune met à disposition le matériel de sonorisation, se charge du transport de l’âne, offre des oranges et de l’eau à tous les participants.

C’est en septembre de chaque année, lors de la messe dominicale, que le curé recrute pour les prochaines célébrations. Les volontaires se retrouveront plusieurs fois par semaine pour faire des essais de voix, se voir attribuer un rôle, si ce n’est un avancement pour les figurants de l’an passé. Il faut être vierge pour être Marie, avoir un physique imposant pour être bourreau, bien retenir son texte et le dire d’une voix claire pour incarner Ponce Pilate. Le rôle principal ne peut-être attribué que trois fois de suite - exception faite pour Fernando, qui cette année, a dû remplacer au pied levé le Jésus choisi par le comité.

N’est pas Jésus qui veut. Le rôle est exigeant : il faudra traîner une croix de bois de plus de cent kilos sur plusieurs kilomètres. Etre capable d’endurer les coups : des lanières découpées dans des chambres à air cinglent le dos de l’acteur. Mais ces qualités valent bien peu si le candidat n’a pas une taille, un physique avantageux et un système pileux fourni (chauves et protestants s’abstenir). Il doit avoir entre 22 et 35 ans. Au final, c’est une moralité exemplaire exempte de vices qui fera du postulant l’élu. Le comité d’organisation reste intransigeant sur ce dernier point.

Vendredi Saint : Fernando n’a pas mangé, ni bu. Il est incarcéré dans une petite chapelle attenante à l’église avec pour seule compagnie son double en fibre de verre. Ce Christ grandeur nature semble apitoyé par le sort réservé à Fernando. Le public défile devant la cellule gardée par deux légionnaires adolescents, chaussé pour l’un d’une paire de Nike à la place de sandales, dérive qui fait rager les anciens du comité, mais qui n’altère en rien l’aplomb du soldat. Vers midi, on traîne brutalement Fernando, enchaîné, sur l’esplanade, devant l’église.

Ils lui ôtèrent ses vêtements, et le couvrirent d’un manteau écarlate. Ils tressèrent une couronne d’épines, qu’ils posèrent sur sa tête, et ils lui mirent un roseau dans la main droite; puis, s’agenouillant devant lui, ils le raillaient, en disant: Salut, roi des Juifs! Et ils crachaient contre lui, prenaient le roseau, et frappaient sur sa tête. Après s’être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau, lui remirent ses vêtements, et l’emmenèrent pour le crucifier.

Matthieu (27 :21)




Le cortège se met en route, un tambour bat la cadence, lugubre. Tout au long du parcours le public est contenu par des cordes et un service d’ordre efficace. Beaucoup se signent au passage de la procession. L’émotion est à son comble. On pleure. Fernando s’épuise, s’effondre. On ne sait plus si le réel déborde le récit, si c’était écrit qu’il doive s’effondrer, ou si c’est parce qu’il s’effondre que c’est écrit. Jésus écrasé par sa croix, est plaqué sur le goudron brûlant, on aimerait l’aider, du moins aider Fernando, épuisé par sa charge, exténué par son rôle. Le cortège redémarre de manière inattendue, les fouets claquent, certains figurants renâclent, le public se mêle au cortège, on crie, un cheval sans cavalier passe au galop…

Trois mille personnes sont massées devant le Golgotha de San Lorenzo. Fernando, recru de fatigue, mort de soif, est couché à plat ventre dans la poussière au sommet de la butte. La tension est retombée. Moment de flottement, de relâchement. Les figurants boivent, sucent les quartiers d’orange offerts par la commune. La sonorisation tombe en panne. Les apôtres et une kyrielle de jeunes vierges se regroupent en prières autour de Marie en larmes. Les marchands ambulants sillonnent la foule qui se protège du soleil, ça et là, sous des parapluies. La sonorisation, crépite, crachote et fonctionne à nouveau. A ce signal, une quinzaine de jeunes soldats vigoureux dresse la croix sur laquelle est crucifié Jésus mais au moment où la croix s’enfonce d’un coup sec dans son logement, le socle sur lequel repose Fernando se décloue. Suspendu par les bras en croix, la douleur le fait s’arc-bouter. Une clameur immense monte de la foule. Il est soutenu par la plante des pieds par des dizaines de mains pendant que d’autres reclouent le support.

Après les Sept Paroles prononcées et le coup de lance fatal, Fernando perd connaissance. Deux ambulanciers en faction se frayent un chemin entre les acteurs et plaquent rapidement une échelle en aluminium contre la croix. On descend Fernando en douceur à l’aide de longues pièces de tissu blanc passées sous les aisselles. Il est déposé sur un brancard pour y être ranimé.

Au même instant, à Ixtapalapa, à quelques kilomètres de San Lorenzo, un million de personnes assistent mots pour mots, au même scénario. Ce haut lieu de la célébration Pascale attire des mexicains de tout le pays, des touristes étrangers de passage et éclipse par son gigantisme toutes les autres mises en croix - qui sont florès au Mexique. Cette année la procession la plus médiatisée du pays à failli dégénérer en affrontement avec les forces de l’ordre : la légion romaine s’est vu empêcher l’accès au Calvaire par la police mexicaine qui tentait, sans distinguer les acteurs des spectateurs, de refouler la foule agglutinée aux pieds sanglants du fils de Dieu.
[Francis Traunig 20090824 Vers l'image]


Carre d'Aval - 13 heures 24
[Francis Traunig 20090823 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 58
D'une fleur cueillie à l'autre offerte
l'inexprimable rien.


Giuseppe Ungaretti
[Francis Traunig 20090822 Vers l'image]


Genève - 14 heures 52
Soyons fauve.
[Francis Traunig 20090821 Vers l'image]


Genève - 23 heures 51
Mais qui se cache sous le masque?
[Francis Traunig 20090820 Vers l'image]


La Léman - 20 heures 01
Faire frissonner la peau du lac pour éclabousser la canicule.
[Francis Traunig 20090819 Vers l'image]


Genève - 13 heures 12
Michel est dans le ton - sinon dans les teintes - mais est-ce de bon ton de mettre en scène l’harmonie des couleurs pour faire passer le graveleux comme joyeux ? Les Pâquis c’est ça. C’est racoleur. Ca clignote, fricotte, ça roucoule, ulule sur les trottoirs, les regards parfois affolés comme des gyrophares…
[Francis Traunig 20090818 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 40
Les dreads ?

Effet de mode grégaire ? Proclamation d’indépendance ? Terrorisme capillaire contre la raie et le peigne ? Effets collatéraux du Reggae et de ses tenants ?

Je ne sais toujours pas.
[Francis Traunig 20090817 Vers l'image]


Choux - 11 heures 25
Territoires…
[Francis Traunig 20090816 Vers l'image]


Choux - 17 heures 59
Cinquante deux ? Quarante sept ? Ne me souviens plus du nombre d’invités aux soixantes ans de Christiane et de Georges. Invités de qualités ! Deux, tout particulièrement : deux agneaux innocents passés à la broche, dépecés par deux vieux loups qui se sont déguisés en agneaux pour leur faire la peau !

C’est Bora-Bora dit l’un - avec les pives de sapins à la place du corail - répliquait l’autre…
[Francis Traunig 20090815 Vers l'image]


Genève - 14 heures 51
C'est un sacré boulot que de convoquer les mots pour faire danser les images.
[Francis Traunig 20090814 Vers l'image]


Genève - 16 heures 01
Lorsque les hormones envoient jouer l’innocence dehors.
[Francis Traunig 20090813 Vers l'image]


Zurich - 14 heures 21
"Manger plutôt qu'être mangé."

Aphorisme de commerçant zurichois
[Francis Traunig 20090812 Vers l'image]


Genève - 19 heures 25
Baignade amniotique.
[Francis Traunig 20090811 Vers l'image]


Gy - 19 heures 58
…alors soudain, sur le bord de la route, il me faut bien cinquante mètres pour intégrer ce que je vois, et freiner, juste avant GY, un paon nous regarde passer. Les amis avec qui je suis ne comprennent pas bien, imaginent le pire, parce qu’en plus je n’arrive pas tout de suite a mettre un nom sur ma vision : je pense d’abord à un faisan, à un héron, ou une caille puis à un paon mais me ravise parce que les paons ne se tiennent pas sur les bords des routes du vignoble genevois à regarder passer les voitures. Mais les faits sont têtus : « C’est un paon, paon, c’est un paon ! ». Incrédule je m’avance, fixe le volatile, sors l’appareil, mais à ce geste il se détourne, détale - reste une image floue de mon galop après l’oiseau - un peu de bonheur qui s’en va à pied sans faire la roue…
[Francis Traunig 20090810 Vers l'image]


Genève - 14 heures 40
Treize francs les deux minutes !

Les intermittents du spectaculaire bientôt au chômage ?

Message subliminal du double XX chromosomique qui renforcerait le premier degré du : « Viens t’envoyer en l’air ! ».

Pourquoi ces images de femmes fatales plastronnées ne fâchent-elles pas plus les gens attentifs au respect mutuel homme-femme ?

Peut-être parce qu’à force d’être gavés par les frasques de Papounet, d’être ébahis par les conquêtes de Talonnettes, des pipes que se fait tirer Bill, des enfants illégitimes de François, on ne sait plus vraiment à quel sein se vouer – et que, puisqu’ils le font, qu’ils érigent en norme la suprématie de l’exocet sur la moule – nous autres, grégaires comme pas deux, être conviés au festin on aimerait aussi.

Une moule frites garçon !

Pour treize francs, en prime : un bouquet d'odeurs mêlées de fromage froid et de rouleaux de printemps.
[Francis Traunig 20090809 Vers l'image]


Genève - 22 heures 29
[Francis Traunig 20090808 Vers l'image]


Choux - 20 heures 28
Joyeuse soirée champêtre près de Choux chez Christiane et Georges - grand broussard africain, spécialiste de la Namibie et du Botswana.
[Francis Traunig 20090807 Vers l'image]


Lac Léman - 11 heures 21
Entre le lac de Genève et le lac Léman. Pile au centre!
[Francis Traunig 20090806 Vers l'image]


Lac Léman - 21 heures 39
Frémissements sur levé de lune au large de partout.
[Francis Traunig 20090805 Vers l'image]


Erlach - 12 heures 39
Le tortueux chemin de la sève vers la lumière.
[Francis Traunig 20090804 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 49
Une poire mange une abeille.
[Francis Traunig 20090803 Vers l'image]


Les Avants - 11 heures 28
Retour en plaine - en caisson de décompression sur rails.
[Francis Traunig 20090802 Vers l'image]


Château-d'Oex - 21 heures 26
"Sur nos monts quand le soleil…" devant un jeune public conquis.
[Francis Traunig 20090801 Vers l'image]


Château-d'Oex -19 heures 52
Max der Zinger à l'Esti Flak de Château d'Oex devant un public clairsemé.
[Francis Traunig 20090731 Vers l'image]


Kandersteg - 11 heures 20
"Grâce à ses nombreux sentiers attrayants de montagne, marche ou promenade, Kandersteg est un paradis pour les amateurs de nature et de randonnées. Les itinéraires les plus connus mènent par le col de la Gemmi directement à Loèche-les-Bains dans le Valais, au lac d’Oeschinen ou à travers la vallée sauvage et romantique de Gastern, pour continuer vers le Lötschental en prenant le col du Lötschen (le plus important du point de vue historique) à 2690 m d’altitude."

Rencontré Dino et ses chiens.
[Francis Traunig 20090730 Vers l'image]


Bunderspitz - 12 heures 36
Help ! Help ! résonne contre les parois du Bunderspitz. Quentin pose son sac et aussi sec grimpe dans un pierrier. Je le suis. M’essouffle. Crie : Fais attention !

Help ! Help !

Un anglais paniqué, coincé contre la falaise, est incapable de redescendre. Mon fils l’empoigne, le guide. L’homme crie, glisse, tombe ne veut plus avancer.

« Appelez un hélicoptère, je ne bouge plus »

Arrivé sur le sentier, il s'empiffre de saucisses et de fromage et reprend la route, bouche pleine, en marmonnant qu'il va se plaindre à l’office du tourisme, et oublie de dire au revoir.
[Francis Traunig 20090729 Vers l'image]


Entschligefäll - 12 heures 05
Qu'est-ce qu'un paysage? Question lancinante qui me tarabuste depuis le début de la marche.

"Un Hodler qui n'aurait pas de prix…" sans doute.
[Francis Traunig 20090728 Vers l'image]


Hahnenmoospass - 10 heures 31
Au sommet du col nous tombons sur un troupeau de monomaniaques du joy stick. Les femmes, elles, le nez couvert de crème lisent des romans policiers en attendant que les thermiques flanchent et leurs restituent leurs hommes. Certains passent une semaine en dortoir pour assouvir leur passion, sinon l’épuiser. Je me demande ce qu’ils pensent des randonneurs ? On se renifle, on se regarde, on se sourit. Il fait beau, ça arrange tout le monde.
[Francis Traunig 20090727 Vers l'image]


Trüttlisberpass - 11 heures 39
"A 1068 m d’altitude, Lenk a obtenu le label de qualité « Familles bienvenues » et propose un programme d’animation varié pour les enfants. Durant la saison estivale, les petits pourront monter à bord du train à vapeur « Strübeli ». En outre, Lenk s’est taillé une solide réputation dans le domaine de la culture et de la musique grâce à ses festivals et ses formations."

1150 mètres de dénivelés - 21 kilomètres de marche - Christine nous a rejoint, s’en sort bien, fait tchou-tchou, les vaches, sans doute, la prennent pour un train. Renvoyé 7 kilos de vêtements et de choses inutiles par la poste pour nous alléger.
[Francis Traunig 20090726 Vers l'image]


Louroenesee - 14 heures 46
"De nombreuses manifestations prestigieuses et régulières sont originaires de Gstaad: le tournoi «Swiss-Open-Tennis-Turnier», le tournoi de beachvolleyball, le tournoi de polo, le festival de musique de Yehudi Menuhin ou le festival de country, pour ne citer que les plus importants."

Alors c'est pourquoi parfois, si l'on est un peu patient, on peut voir dans l'alpage un chihuahua aboyer après une vache - ce qui paraîtrait improbable à Monaco - ou apercevoir de la bouse sur les enjoliveurs d'une ferrari.
[Francis Traunig 20090725 Vers l'image]


Lauenen - 11 heures 56
"La réserve naturelle de l’idyllique lac Lauenensee, avec ses cascades et ses hauts marais, les ruelles étroites du centre historique du village de Saanen ou le calme du petit village de montagne bucolique d'Abländschen sont autant d’autres attractions de cette région de vacances."

C'est vrai! Alors on se repose.
[Francis Traunig 20090724 Vers l'image]


Hauts de Gstaad - 09 heures 24
"Le vaste paysage ouvert de la région du Saanenland offre un programme sportif varié et divertissant: randonnée (réseau de chemins de plus de 300 km), VTT, parapente ou golf. La Saane vous réserve des aventures en eaux vives et de canoë. La piste de luge d’été de Schönried, une via ferrata et le paradis naturel du lac Lauenensee constituent des destinations d’excursions idéales pour les familles."

Vu un grand corbeau, trois marcheurs en sens opposé et un renard. Dormis sous tente. Pas fermé l'oeil de la nuit. Vent tempêtueux.
[Francis Traunig 20090723 Vers l'image]


Vidmanettes - 14 heures 39
"Sentier d’altitude à la belle vue, par l’auberge «Berghaus Eggli» et la région calcaire de Wilde Bode jusqu'à la frontière linguistique du col de Jable. Nombreuses cabanes d’alpage avec grands toits de bardeaux et fabrication de fromage au-dessus d’Etivaz."

7 heures de marche - 1250 m de montée - un orage nous donne une série de coups de pieds au cul, nous bouscule en hurlant de rire. Croisons une famille sans équipement au sommet du Jable. Trempée. La température a chuté de 15 degrés en cinq minutes.
[Francis Traunig 20090722 Vers l'image]


Les Rochers-de-Naye - 09 heures 58
"Le lac artificiel du Hongrin est calme et isolé au cœur d’une topographie vallonnée. Une arête aérienne mène le long de yourtes mongoles et d’un jardin de plantes au sommet des Rochers de Naye, la fascinante montagne panoramique du Pays de Vaud."

Annonce notre guide.

23 kilomètres pour ce premier jour de marche. Trois personnes croisées en chemin. Arrivons épuisés à l'Etivaz. Sacs trop lourds.
[Francis Traunig 20090721 Vers l'image]


Caux - 18 heures 41
En route pour Kandersteg par la Via Alpina.
[Francis Traunig 20090720 Vers l'image]


Genève - 16 heures 00
Tout finira par remonter à la surface. Disait Andy, un copain rencontré la veille.
[Francis Traunig 20090719 Vers l'image]


Gurten - 18 heures 28
…elle disait à son bernois d'ami :"Andy, weish was, ich a s'Füdli nass".
[Francis Traunig 20090718 Vers l'image]


Gurten - 19 heures 37
Ska-P, le groupe de ska espagnol défonce le thorax des spectateurs à coups de décibels, dénonce la corrida, la répression policière et le système marchand. Avec talent. Un peu plus loin, les SWISSCOM draguent à tours de bras, font distribuer par des zigues déguisés en portables jaunes géants, des offres attractives - SPECIAL FESTIVAL. Avec talent. La MIGROS, elle, nourrit tout ce beau monde avec ses produits calibrés et déclare, avec force de slogans, vraiment beaucoup aimer la musique. Le plus grand distributeur de Suisse sait vraiment cajeoler les jeunes. Avec talent.

…et Ska-P de conclure : INTIFADA!!! VIVA LA REVOLUTION !!!! Alors tout le monde lève les bras vers eux et fait trembler les mains comme les petits moineaux quand ils ont faim…
[Francis Traunig 20090717 Vers l'image]


Genève - 19 heures 36
La rue de Fribourg est une rue où l’incivilité a régné pendant des mois. Où les descentes de police se sont succédées avec une brutale obstination pour coffrer dealers, voleurs à la tire et autres crapules. L’innocence, timide, pépie à nouveau sur le macadam.
[Francis Traunig 20090716 Vers l'image]


Genève - 20 heures 45
[Francis Traunig 20090715 Vers l'image]


Genève - 13 heures 19
-Ca va ? Qu’est ce que tu fais ?

-J’attends mon fils. Il revient d’Espagne Dimanche. J’ai fait cent mille photos avec mon téléphone. J’adore ça. Mais je sais pas quoi en faire.

-Cent mille ?

-Oui. Personne me croît. Cent mille !

-Et tu vas attendre jusqu’à Dimanche, ici ?

-Non. Je change de terrasse. J’adore les terrasses. Je prends des photos des gens qui passent. Je fais des autoportraits.

-…
[Francis Traunig 20090714 Vers l'image]


Ville-la-Grand - 09 heures 54
Ville la Grand, la ville en France où naquit Oxymore, prince du monde moderne.
[Francis Traunig 20090713 Vers l'image]


Marchissy - 13 heures 49
Pierre est valet de ferme, gagne 2800 francs mensuels. Il envoie une grande partie de son salaire en Pologne à sa femme pour que sa fille puisse faire des études. Son portable sonne au milieu de la conversation. Il s’illumine mais ne répond pas. « C’est ma femme, c’est quand elle pense à moi. Répondre est trop cher. A chaque fois que nous pensons l’un à l’autre nous téléphonons, sans décrocher, nous laissons sonner. Pour lui parler, je vais dans une cabine, c’est moins cher…"
[Francis Traunig 20090712 Vers l'image]


Genève - 19 heures 22
Elle suçait ses radicelles avec la ferveur d’une mystique qui redécouvre la vraie vie après s’être échappée d’un couvent. Il lui caressait le feuillage en lui murmurant des mots qu’elle ne connaissait pas. Qui se gravaient dans sa chair. Lui, étendaient ses bras au ciel en lui promettant de le retenir pour elle. Ils s’offraient l’un à l’autre l'abandon.
[Francis Traunig 20090711 Vers l'image]


Genève - 12 heures 52
Avec Nico, ça fonce, on parle pendant qu’on mange, on avale en respirant, vite, on s’épuise en récupérant, on se marre en photographiant… et déjà on est plus loin, tout étonné qu'il soit déjà 5 heures et quart.
[Francis Traunig 20090710 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 15
[Francis Traunig 20090709 Vers l'image]


Genève - 08 heures 07
Faudrait aussi leur interdire le restaurant. C'est à cause d'eux qu'augmentent les primes maladie, ils ont du diabète, font fréquemment des accidents cardiovasculaires, et ça coûte cher à la collectivité. En plus c'est obscène un obèse, ça mange la bouffe des pauvres.
[Francis Traunig 20090708 Vers l'image]


Genève - 15 heures 23
[Francis Traunig 20090707 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 37
Jouet enfariné dans la main de Dieu.
[Francis Traunig 20090706 Vers l'image]


Genève - 11 heures 48
On sait pas où, justement…
[Francis Traunig 20090705 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 36
Sur le bord d’une route de campagne, un joggeur, belle stature moulée dans un marcel blanc, pleure.




Quelqu’un, quelque part se fait laper la groseille.



Sur la sirène qui coiffe l’école (censée prévenir la population d’un danger) chante un merle. Sans doute pour se remettre d’une déception amoureuse et, dans la foulée, embrayer la suivante.



Au bord du lac, sur le quai Gustave-Ador, des hommes excités poussent des chariots de supermarchés sur lesquels sont montés des cornes de taureaux et crient Olé !



-Qu’est ce que tu dis ?
-Rien !
-Ca ne m’étonne qu’à moitié.



Et voilà que le merle remet ça…
[Francis Traunig 20090704 Vers l'image]


Genève - 23 heures 44
…truite dans un torrent de lumière.
[Francis Traunig 20090703 Vers l'image]


Genève - 13 heures 08
Dans la jungle des Pâquis, Sissi!
[Francis Traunig 20090702 Vers l'image]


Genève - 22 heures 40
A cheval sur nos motos, dans les dunes de sable de Mauritanie, Gerlof et moi rêvions de glaces au chocolat. A la rue des Eaux-Vives, ce mercredi soir, avec nos montagnes de glaces au chocolat nous rêvons des dunes de sable de Mauritanie.
[Francis Traunig 20090701 Vers l'image]


Genève - 18 heures 21
Agir sans parler ? Parler d’agir ? Agir en parlant ? Parler ou agir ? Ou se la coincer, simplement, et agir?
[Francis Traunig 20090630 Vers l'image]


Genève - 16 heures 32
Peindre ? Un peu de couleur, une feuille de papier…
[Francis Traunig 20090629 Vers l'image]


Genève - 19 heures 36
Rare. Croisé un dinosaure argentique. Ca m'a fait tout flou.
[Francis Traunig 20090628 Vers l'image]


Genève - 21 heures 51
Dans la poche de mon veston, Putain de Mort, le récit du voyage dans l’enfer de la guerre du Vietnam de M.H. Autour de moi la fête bat son plein, certains sont bourrés, traînent les pieds en promenant leur verre de bière qui leur coule sur les doigts. D’autres vont à la chasse au sourire avec le leur affûté, harpon de baleinière enrobé de miel, d’autres encore poussent la poussette comme s’ils poussaient la tondeuse. Dans ma poche, dans mon livre, ça mitraille, saute, explose, dégomme. Je sens les mots me faire vibrer la carcasse, donne une tape sur le bouquin au fond de ma veste pour qu’il se calme. Le tchoc tchoc des hélicoptères qui crachent le feu pour anéantir la vie se confond avec la basse du groupe qui joue sur la grande scène. Passe T., le poète musicien, courbé en deux comme s’il recherchait un trou pour s’y lover. Tchoc tchoc, effluves de cuisine indienne qui s’entortillent à l’âpre odeur d’un joint, joie d’être là, de voir les mômes en rase mottes faire les hirondelles, de retrouver une vieille connaissance perdue de vue à la fin du siècle passé. "Santé, Ca va ? Ca va !" Tchoc, tchoc, la basse toujours. Puis merde, une image insoutenable, sort du livre, remonte le long de la poche avec l’obstination d’un insecte, tire sa phrase, fusée éclairante - tiens, mais de Dieu ce qu’elle a vieilli, Salut ! Salut - ce Marine’s qui… non, je refoule. Il fait si beau, l’odeur de tilleul prend le dessus, j’enlève ma veste, ne plus sentir le livre, l’oublier. Me lève, me tourne vers trois jeunes filles. Une de ces trois donzelles est la reine du cake à la banane. Deux des trois sont psychologues. Et toutes les trois, quand elles sont en goguette, rien ne les arrête…et c’est la fête aux Cropettes !
[Francis Traunig 20090627 Vers l'image]


Genève - 16 heures 35
Sarracénie pourpre carnivore au café…
[Francis Traunig 20090626 Vers l'image]


Entre Wil et Wattwil - 15 heures 53
Si loin de Wattwil et de ses charmes bucoliques - qu’il ne verra d’ailleurs jamais - seul avec lui-même, il agonise, fait défiler le film de sa vie sur le drap blanc de son lit d'hôpital, regrette peut-être de ne pas avoir su rester ce qu’il était, enfant, lui qui n’était ni homme, ni femme, ni blanc, ni noir, lui qui rêvait d’être tout à la fois, immortel, émouvoir tout le monde, être Peter Pan, Papa, mari, un industriel du divertissement, il termine son immense carrière en capitaine de pédalo perdu sur les eaux troubles du liquide séminal de ses rêves, bref, dans ce petit tortillard bruyant de rase campagne, en arrivant enfin à Wattwil, personne ne pouvait imaginer que le King de la Pop allait mourir forever…
[Francis Traunig 20090625 Vers l'image]


Genève - 18 heures 33
Peut-être un peu à la fois Pégase, Rossinante et Bucéphale, le scoot de Mathias n'est en tout cas pas un boguet - ça c'est sûr.
[Francis Traunig 20090624 Vers l'image]


Pévondavaux - 22 heures 07
…déjà…
[Francis Traunig 20090623 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 56
J’aperçois un bourdon, manœuvrer serré, tanguer dans le vent, dans la bise qui cravache et s’arrimer à une grappe de fleurs du tilleul qui s’ébouriffe les odeurs. Je dégaine, m’enfile sous les ramures, pour photographier. L’insecte me balade, monte descend, m’échappe. Un autre arrive. Me frôle l’oreille, et se colle contre une fleur. Je le colle. Flou. Le suis. Il se colle, je le colle. Flou encore. Quel boulot ! Les voisins doivent se dire : « Tiens le voisin se prend pour un bourdon, il pollinise ». Mais il m’en faut plus pour abdiquer. Encore un bourdon, à moins que ce soit le même, zigzague entre les branches. Je m’approche, et là, stupéfaction, c’est sur un escargot que je tombe, collé à une feuille du tilleul.

Invraisemblable méprise: en voulant faire le bourdon, le gastéropode se retrouve suspendu dans le vide.

Tirer une morale de cette histoire? On est tous une fois ou l’autre, gastéropode dans un cul de sac, à côté de la plaque. On voit la cime d'un arbre caresser une étoile et, trop rapidement, on pense qu’il suffit d’y grimper pour la toucher…
[Francis Traunig 20090622 Vers l'image]


Genève - 18 heures 12
Comme Mouammar Kadafi, François, jamais ne se déplace sans ses amazones.
[Francis Traunig 20090621 Vers l'image]


Genève - 19 heures 55
Le Deambulatör Orchestra et Sophie Solo font fondre l'asphalte.
[Francis Traunig 20090620 Vers l'image]


Genève - 09 heures 57
Petit choix de légendes :

Il a fait chaud aujourd'hui.

Le baiser du pot de fleur à l’occiput.

Le retour de la météorite du Yucatan.

Le snapp shot (manqué) du lancer de balle par la main de Dieu.

Ca n'arrive qu'aux autres.

Quand l’absurde triomphe de lui-même en nous empêchant de photographier son rire.

Les fleurs qui rêvaient de voler.
[Francis Traunig 20090619 Vers l'image]


Nyon - 20 heures 46
L’affection, terreau du savoir vivre ensemble, oxygène du cœur !
[Francis Traunig 20090618 Vers l'image]


Genève - 19 heures 04
…du fil à retordre.
[Francis Traunig 20090617 Vers l'image]


Genève - 17 heures 37
On a eu, lui et moi, au même moment, la même envie… s'humecter les cordes vocales pour mieux pépier.
[Francis Traunig 20090616 Vers l'image]


Genève - 20 heures 29
Entêtante odeur d’humus dans les plis de la pelouse. Douce. Dans les arbres, les oiseaux fanfaronnent. Quelques glandus pik nik, joyeux, boivent au goulot la sève du jour avant qu’il ne soit plus. D’autres flânent, sans destinations, d’autres encore semblent chercher - avec une molle conviction - quelque chose dont ils auraient oublié le nom.

Au milieu de si peu, tout à coup, procession de trois femmes qui portent comme en offrande au ciel, un laptop ouvert. C’en est trop, je bondis, veux savoir. A mon bonjour, un Holà, et s’embraye une conversation en espagnol. Elles m’apprennent qu’elles sont connectées avec le Pérou, et qu’à leur correspondant, à travers l’œilleton de la Webcam intégrée, elles montrent ce si joli bord de lac… et c’est définitivement, ce soir-là, que je me suis senti emporté par le nouveau millénaire, et en faire partie.
[Francis Traunig 20090615 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 16
Mais que retient on des livres que l'on lit?

Leur titre?
[Francis Traunig 20090614 Vers l'image]


Genève - 19 heures 37
Yes indeed! History depends on who wrote it…
[Francis Traunig 20090613 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 14
Couple!

Il y en a toujours un qui aime plus que l'autre.

Mais lequel ?
[Francis Traunig 20090612 Vers l'image]


Genève - 18 heures 50
Vrainissage des œuvres d’Emmanuel Mottu chez Hors-Jeu.
[Francis Traunig 20090611 Vers l'image]


Genève - 15 heures 31
Rencontre avec un Le Clézio's fan. Ou quand les affinités s'affûtent mutuellement.
[Francis Traunig 20090610 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 41
Le môme plante son regard dans le mien. Farouche. Je ne dis rien, ne bouge pas. Nous nous fixons, c’est interminable. Je tiens le dernier livre de Kertész dans la main, bois un thé, en revenant sur une phrase en dernière de couverture qui m’a fait acheter le livre : …nous devons nous dire clairement qu’aucun totalitarisme de parti ou d’état n’est possible sans discrimination, or la forme totalitaire de la discrimination est nécessairement le massacre, la tuerie de masse.

Mon mutisme semble donner au môme l’envie de tenter un deuxième essai. Il tourne sur lui-même en raclant sa béquille sur le sol et me refait face. Il tend son gobelet sous mon nez, et tapote sur une attelle misérablement sale qui lui enserre la jambe.

Je repense à cette femme assise devant l’UBS, à sa sébille que shoot de rage le joueur d’orgue de barbarie dépossédé de son territoire. De mon intervention, des insultes qui s’ensuivent, de la violence en crue, des menaces que m’adresse le barbu joueur d’orgue.

Je repense à ce jeune qui mendie, tout sourire déployé, qui se fait remettre en place par un hochement de tête et qui tend la main vers le walkman de celui qui venait de lui refuser l’aumône – qui cette fois-ci explose de rage.

Je repense à cet autre qui se fait chasser à coups de balai des escaliers de la poste.

A l’arrogance des uns : « Fous le camp ! Retourne chez toi… Casse-toi d’ici, casse-toi ».

Et des autres : « Moi mangé, moi faim, fil d’pute, salopé… ».

Il est toujours là, opiniâtre. Emmêlement d’empathie, de compassion, de confusion. Au même moment, un moineau plonge sur la table, se saisit des restes d’un biscuit et s’envole. Arrive la patronne des lieux, demande au jeune roumain de partir, il rengaine son gobelet et se traine vers le café d’à côté.

« Décidément on ne vous laisse pas lire tranquillement… ».
[Francis Traunig 20090609 Vers l'image]


Genève - 22 heures 17
Percée des Verts aux européennes. En Suisse aussi !
[Francis Traunig 20090608 Vers l'image]


Vandoeuvres - 12 heures 55
[Francis Traunig 20090607 Vers l'image]


Genève - 09 heures 59
Super Robert - ici démontrant sa force - veut épauler la Police Municipale pour rétablir l’ordre et la dignité dans le quartier des Pâquis. La légende dit qu’il serait le fils illégitime d’un politicien (qui, dans les années soixante, aurait traduit le Kama-Sutra en suisse allemand) et d’une prostituée spécialiste de Hegel, (et de sa philosophie représentative de l’idéalisme teuton).

Super Robert cherche par tous les moyens possibles à transgresser les attentes de ses parents. Et on l’a souvent vu soulever des voitures de police en criant chaque fois : « Regarde Papa ! regarde maman !, regardez comme je suis fort…»
[Francis Traunig 20090606 Vers l'image]


Meyrin - 21 heures 59
L’énergie produite par certains musiciens en concert est probablement supérieure à celle nécessaire pour faire fonctionner leur bastringue. On devrait penser à la récupérer pour la réinjecter dans le réseau électrique.
[Francis Traunig 20090605 Vers l'image]


La Praille - 14 heures 06
L'ami CHE et sa nouvelle rotative Heidelberg à un million.
[Francis Traunig 20090604 Vers l'image]


Vandoeuvres - 20 heures 14
Il y a des circonstances où une troisième main serait vachement utile…
[Francis Traunig 20090603 Vers l'image]


Genève - 10 heures 29
Vu un ange pratiquer le saut à l’élastique au cas où ses ailes le laisseraient tomber.
[Francis Traunig 20090602 Vers l'image]


Troinex - 21 heures 42
[Francis Traunig 20090601 Vers l'image]


Prévondavaux - 15 heures 55
[Francis Traunig 20090531 Vers l'image]


Prévondavaux - 15 heures 51
[Francis Traunig 20090631 Vers l'image]


Genève - 14 heures 97
Voisines forever.
[Francis Traunig 20090530 Vers l'image]


Entre Bâle et Olten - 14 heures 38
Hic sunt leones.
[Francis Traunig 20090529 Vers l'image]


Nagold bei Stuttgart - 14 heures 31
Zone industrielle : Quand la laideur, au nom de la fonction, ravage le paysage.
[Francis Traunig 20090528 Vers l'image]


Genève - 18 heures 48
[Francis Traunig 20090527 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 48
Un beau jour, oui, je me ferai un sandwich avec mon cordon ombilical. Je passerai à l'acte pour prendre mon envol à cheval sur Pégase.
[Francis Traunig 20090526 Vers l'image]


Choulex -
Un beau jour je me ferai un sandwich avec mon cordon ombilical et, oui, prendre mon envol à cheval sur Pégase.
[Francis Traunig 20090526 Vers l'image]


Genève - 17 heures 48
[Francis Traunig 20090525 Vers l'image]


La Savonnière - 18 heures 47
Au Finistère du temps libre.
[Francis Traunig 20090524 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 01
Marie-Claire, c’est pas très joli comme tu relèves les jupons de ton magazine pour vendre ta salade putassière ! Marie-Claire qu’est ce que tu va nous servir au prochain coup ? Parce que tu vas nous lasser, nous lecteurs, si tu vas pas y mettre un peu de surenchère, et nous embarquer un peu plus loin à chaque fois. Quelques propositions de reportages pour ne pas que s’effrite l’intérêt du lecteur-client :

« Les bons coups au sein de l’église. »
« J’ai sodomisé mon chat et ça m’a sauvé de la dépression. »
« Mon amant jardinier m’a fait une tartiflette avec les poils du cul .»
« J’appelle Maman après l’amour et lui raconte. »
« Quand je déprime, je m’enfonce… »

Etc…

Marie-Claire, faut que je te laisse, je dois vider le lave-vaisselle.
[Francis Traunig 20090523 Vers l'image]


La Capite - 20 heures 17
Petite leçon de portrait d'ados :

Les deux minettes - dans les bords du cadre - ont déjà posé une multitude de fois pour moi. Pour les convaincre il me faut déployer une batterie d’arguments hyperboliques pour qu’elles cèdent - tout particulièrement ma fille qui balayent mes velléités par un « …lâches-nous papa, reviens demain si tu veux… ». Je cravache mon osbtination parce qu’une image prise vaut mille fois plus que le regret de ne pas avoir déclenché. Alors, tout assuré de mon autorité paternelle, je me lance dans la course aux arguments, prends des postures incongrues, toujours renouvelées pour ne pas lasser, pour surprendre.

On voit clairement que mes arguments de père photographe (abusif) touchent variablement sinon qu’ils ont déjà éprouvé le portraituré ou pas.

Moralité : pour recevoir il faut savoir éclabousser - mais juste ce qu’il faut pour ne pas fâcher. La pratique du portrait d’ados est énergétivore, demande des arguments qu’on prendra soin de préparer à l’avance, arguments qui risquent d’être balayés s’ils ne paraissent pas spontanés. Si la tension chez l’ado tombe, il faudra agiter les bras, distraire sa pensée aussi vive est imprévisible qu’un torrent de haute montagne. Faire attention surtout de ne rien promettre qu’on ne puisse honorer. A cet âge, l’opiniâtreté est souvent le fer de lance d’une mémoire redoutable. Si rien de toutes ces postures ne les impressionne, ne surtout pas faire semblant de vouloir laisser tomber, l’ado va immédiatement en profiter pour vous arracher l’appareil photo des mains et tirer de vous un portait pitoyable.

Et c’est bien connu, les photographes détestent être photographiés.
[Francis Traunig 20090522 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 34
Laper la lolette, le nichon de maman avant d’être lapé par Claudette - tout ça est arrivé à un ami cher qui s'en souvient à chaque fois qu'il lape son assiette.
[Francis Traunig 20090521 Vers l'image]


Genève - 13 heures 40
Autoportrait du tatouage d’une autoconnerie.
[Francis Traunig 20090520 Vers l'image]


Genève - 09 heures 34
…l’accordéon en éventail, à cheval sur le barrissement joyeux de la trompette, aspire du jaune et recrache tout bleu…
[Francis Traunig 20090519 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 13
Ce 18 mai, quelle journée!
[Francis Traunig 20090518 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 09
Qu'est ce que vous faites?

On surfe sur le net pour organiser des vacances de surf à Biarritz.

Trait d'humour de la génération Brice de Nice.

Cassé!
[Francis Traunig 20090517 Vers l'image]


Genève -
[Francis Traunig 20090516 Vers l'image]


Genève - 15 heures 17
Licencions

les patrons

qui se font des couilles des couilles

en or!

Licencions les patrons !
[Francis Traunig 20090516 Vers l'image]


Genève - 16 heures 08
Oser. Merde !

Si j’avais su j’aurais acheté des UBS à 10 alors qu’elles sont à 17. Si j’avais su que l’andropause est à l’homme ce que l’eau est au carbure, je me serai mis au champagne plus vite. Si j’avais su que sous sa jupe elle cachait le Vésuve, j’aurais tout de suite sorti mon déguisement de pompier. Si j’avais su qu’il suffit de dire oui quand on ne pense pas le contraire, je me serais simplifié la vie. Si j’avais su qu’une femme quand elle dit bleu, pense à l’arc-en-ciel, je lui aurais répondu, je n’en pense pas moins, cependant. Si j’avais su qu’au fond de moi niche la bête, je l’aurais appelé Kiki.

Bref, si j’avais su que pour oser il suffit d’oser, j’aurais arrêté de cafouiller dans les nénuphars.
[Francis Traunig 20090515 Vers l'image]


Genève - 12 heures 40
Nous nous sommes déjà souvent effleurés du regard mais je ne savais pas qu'elle s'appelait Sissi…
[Francis Traunig 20090514 Vers l'image]


Genève - 12 heures 31
…mais si Dieu parle, il parle quoi? l'américain ou le swahili?
[Francis Traunig 20090513 Vers l'image]


Bienne - 14 heures 11
Entre potes …
[Francis Traunig 20090512 Vers l'image]


Bienne - 14 heures 11
Entre potes …
[Francis Traunig 20090512 Vers l'image]


Genève - 10 heures 17
Faire suinter le murmure…
[Francis Traunig 20090511 Vers l'image]


Genève - 10 heures 17
Faire suinter le murmure.
[Francis Traunig 20090511 Vers l'image]


Marchissy - 16 heures 34
Masque Dan en balade dans le pays de Vaud.
[Francis Traunig 20090510 Vers l'image]


Dardagny - 22 heures 14
Au fin fond du far West genevois, dans la salle polyvalente d’un village viticole, un Big Band survolté nous chauffe le sang.
[Francis Traunig 20090509 Vers l'image]


Genève - 08 heures 59
…la lumière prise au piège dans le linceul des ténèbres agonise en battant des ailes.
[Francis Traunig 20090508 Vers l'image]


Genève - 18 heures 54
…rien n'est moins sûr que l’affection de Micha pour Barnabé ne passe pour une atteinte à la dignité de l’animal, sinon qu’il est répréhensible de faire sentir à un chien qu’il a été domestiqué au détriment de sa nature propre, que de le tenir en laisse pourrait empêcher sa socialisation avec ses congénères canins, que de l’abrutir constamment avec des sobriquets ne le rende définitivement dépendant d’un maître.

Tu ne trouves pas ma chérie ? mon lapin…
[Francis Traunig 20090507 Vers l'image]


Genève - 07 heures 48
Martine, en sandwich pendant 25 ans entre la carte grise et le permis de conduire de Marius, inexorablement joyeuse.
[Francis Traunig 20090506 Vers l'image]


Genève - 14 heures 57
Jeune fille au pair de la région de Dübendorf écrasée par une météorite dans l'abribus du Pont-de-l'Ile. Il y a dix ans certains passants auraient sans doute ouvertement dit : « C’est bien fait ! ». Le mépris du romand envers le suisse-allemand n’est heureusement plus aussi marqué qu’à la fin des années quatre vingt dix et se traduit aujourd’hui par de la simple indifférence.
[Francis Traunig 20090505 Vers l'image]


Genève - 16 heures 37
Dans le taffetas d'une rencontre où se percutent le "…mais que me veut-il?" avec le "…qui c'est ce type?", rencontre que clôt le clic au milieu d'un vague sourire.
[Francis Traunig 20090504 Vers l'image]


Essertines - 13 heures 39
L'ange et l'abeille au championnat de trampoline d'Essertines.
[Francis Traunig 20090503 Vers l'image]


Genève - 09 heures 13
…alors planant dans les limbes, a cheval sur une pensée polissonne, au moment ou j’allais sauter les quatre dernières marches de l’escalier de la poste, comme je le fais tous les matins pour maintenir la forme, un chien, le regard plein de compassion, plus humain que celui de cet enragé qui criait hier matin, presque au même endroit : « Ta mère est une chienne, fils de pute, je t’encule pédé… », ce regard canin, donc, fait tanguer mes sentiments et m’arrêter net. Les yeux de la bête en laisse me tourneboulent. Après une brève hésitation je la libère, elle me lèche la main, bat de la queue et me colle aux basques. Je suis flatté par cette allégeance mais aussi un peu inquiet de ce que pourrait penser son maître s’il nous voyait faire ami ami. Au même moment, par un hasard extraordinaire, passe l’enragé d’hier qui vomissait ses insultes sur quelqu’un que, d’ailleurs, je n’avais pas vu. Sans hésitations, sans savoir ce qui m’a pris, je crie : « Attaque, attaque !!! » à mon nouvel ami en pointant l’insultant du doigt. Le chien devenu fauve bondit et plante ses dents dans les couilles de l’homme qui crie : « Pardon ! Pardon ! ». Il détale avec la bête suspendue à l’entrejambe. Une dame, derrière moi, avec une voix flûtée appelle : « Youky, Youky, revient… »
[Francis Traunig 20090502 Vers l'image]


Genève - 18 heures 40
J'entends rire fort un homme. Lui demande de pouvoir le photographier. "Faudra que tu payes pour ça!". Je lui ai donné deux francs. Il a ri plus fort encore .
[Francis Traunig 20090501 Vers l'image]


Genève - 12 heures 19
Reconquérir les territoires perdus. A coups de chaises.

Ne plus se plaindre de la merdification du petit écran. Eteindre.

Donner. A ceux qui agréent en souriant.

Faire au moins une fois l’amour à un(e) ramoneuse(eur) dans sa vie. Pour ne rien regretter.

Prendre le soleil. Là où il s’offre.
[Francis Traunig 20090430 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 43
…et chacun effectuera avec son âme, telle l'hirondelle avant l'orage, un vol indescriptible.

Mandelstam
[Francis Traunig 20090429 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 01
Promener ses pensées comme on promène son chien.
[Francis Traunig 20090428 Vers l'image]


Genève - 19 heures 28
Et si faire le beau n'était en somme qu'une des multiples manifestations de l'instinct de survie?
[Francis Traunig 20090427 Vers l'image]


Choulex - 13 heures 03
. . . . !
[Francis Traunig 20090426 Vers l'image]


Genève - 07 heures 48
La clef USB en bois WWF - formidable compromis pour tous les eco-concernés qui pourront la brûler dans leur fourneau une fois hors d'usage.
[Francis Traunig 20090425 Vers l'image]


Genève - 17 heures 52
La photo comme plateau labial.
[Francis Traunig 20090424 Vers l'image]


Cologny - 22 heures 20
Cette anodine enseigne dans un patelin bourgeois, petit poème racoleur de nos préoccupations chien-chien, parle mieux du crash de nos valeurs que pourrait le faire en prêche tout un escadron de curés réunis.
[Francis Traunig 20090423 Vers l'image]


Genève - 21 heures 59
Le câble électrique et la guirlande, filaments de l’énergie solaire d’A & d'A.
[Francis Traunig 20090422 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 11
Détail de la nébuleuse d'Hypérion avalée par le trou noir du lavabo.
[Francis Traunig 20090421 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 13
Journée harassante, besoin de rire, mais mes besoins ne trouvent pas d’échos chez les autres, ils semblent déjà avoir épuisé leur capital de drôleries, je décide alors de m’y mettre seul, mais les choses que je me raconte je les connais par cœur, ne me surprennent plus, c’est alors que j’aperçois le reflet d’un pitre dans la vitre – il me dit : topinambour ! C’est absurde mais je réplique : la bourre, la bourre toujours… et ça me fait hoqueter de rire et me sentir mieux sans vraiment comprendre pourquoi.
[Francis Traunig 20090420 Vers l'image]


Troinex - 15 heures 13..
…et pan dans l'objectif!
[Francis Traunig 20090419 Vers l'image]


La Capite - 19 heures 12
Intimité.
[Francis Traunig 20090418 Vers l'image]


Grand-Saconnex - 19 heures 52
Fiesta!
[Francis Traunig 20090417 Vers l'image]


Cointrin - 20 heures 09
Quel bircher ce fucking add for eine schweizer Uhr. Das ist évidemment dificult to decide quelle montre acheter. There is such a big choice de montres und so wenig Zeit. Ce mec, c’est un soldat? Celui que je rêve d’être, oder ist er une image sortie d’un film, film de ma vie dont je serais le héros. Et ce Nietzsche, c’est qui, un joueur de tennis, un pilote d’avion ? Et cette phrase in english, déjà entendue, mais où ? when ? wann ?
[Francis Traunig 20090416 Vers l'image]


Genève - 14 heures 10
Il faudra l'aide d’un bouddha pratiquant le sumo pour repousser le désir du fumeur hors du cendrier.
[Francis Traunig 20090415 Vers l'image]


Carouge - 10 heures 05
Passion.
[Francis Traunig 20090414 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 37
Fleurs de cerisier.
[Francis Traunig 20090413 Vers l'image]


Choulex - 10 heures 32
Le bal du pistil et de l'étamine - une vieille histoire.
[Francis Traunig 20090412 Vers l'image]


Choulex - 17 heures 57
Croisé un éléphant au détour d’une ligne droite
[Francis Traunig 20090411 Vers l'image]


Choulex - 16 heures 23
Léon : J’t’arrose !?
[Francis Traunig 20090410 Vers l'image]


Crache - 20 heures 25
Au milieu d’un tourbillon d’effluves printanières, nous célébrons Nadia, qui vient de nous déclarer que c’était son anniversaire aujourd’hui. Entre les Oh non ! les si on avait su et le clapotis des baisers, à l’étage du dessous, sous la nappe d’autres joies écument et bousculent la table qui se soulève…
[Francis Traunig 20090409 Vers l'image]


Genève - 17 heures 32
Compères photographes en goguette.
[Francis Traunig 20090408 Vers l'image]


Genève - 17 heures 36
Le bonheur de passer ne vaut rien sans celui de s'en rendre compte…
[Francis Traunig 20090407 Vers l'image]


Genève - 09 heures 44
Troupeau de soucoupes volantes à l'approche de Genève Cointrin.
[Francis Traunig 20090406 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 15
La jacinthe lèche les pieds du ciel.
[Francis Traunig 20090405 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 49
Laisser fleurir l'adolescence.
[Francis Traunig 20090404 Vers l'image]


Genève - 07 heures 38
Carte postale longtemps censurée aux USA représentant un ami de H.Miller qui semble nostalgique du berceau. John, lui, pense que l'homme écoute la mer dans un coquillage.

Ecouter la mère - le bassin océanique - rajoute-t-il!
[Francis Traunig 20090403 Vers l'image]


Genève - 19 heures 20
Philippe, entrepreneur en Fish Cake au chocolat et champion du monde du lancé du boulet aux Olympiades des transplantés, treuille son triporteur fabrication maison sur la plateforme de son tricycle après avoir distribué gratuitement 120 poissons fourrés au chocolat aux passants pour lutter contre la morosité engendrée par la crise économique et fêter en fanfare le deux avril.
[Francis Traunig 20090402 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 06
Anamorphose du repli sur soi - ou quand peu c'est mieux que rien.
[Francis Traunig 20090401 Vers l'image]


Genève - 19 heures 11
Max et Sébastien déchaînent leurs rafales numériques pour capter l'âme, peut-être, d'un innocent tombé dans la fosse aux lions.
[Francis Traunig 20090331 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 05
Le monde est vaste dit le bourdon à la bourdonne. Allons boire un verre au nectar doré, après dare-dare, on ira amener Prospère au cirque et je te présenterai à ma mère.
[Francis Traunig 20090330 Vers l'image]


Marchissy - 14 heures 49
Pour ses 84 ans ma mère exhibe sa collection de pelles à neige.
[Francis Traunig 20090329 Vers l'image]


Chêne-Bougeries - 19 heures 45
Pour ses 50 ans, Françoise nous reçoit avec panache sous chapiteau
[Francis Traunig 20090328 Vers l'image]


Chêne-Bougeries -19 heures 45
Pour ses 50 ans, Françoise nous reçoit avec panache sous chapiteau.
[Francis Traunig 20090328 Vers l'image]


Carouge - 19 heures 42
Michel fêté!
[Francis Traunig 20090327 Vers l'image]


Genève - 15 heures 27
Portrait d'Ella Maillart dans sa cuisine.
[Francis Traunig 20090326 Vers l'image]


Versoix - 21 heures 53
La guitare donne des frissons à la peau de l'instant.
[Francis Traunig 20090325 Vers l'image]



[Francis Traunig 20090324 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 09
Expériences, suite :

…ma femme payée (cash) pour lui rappeler que je suis un homme qui a des besoins.
…mon chien payé(en croquettes) pour qu'il remue la queue quand je rentre du boulot
…mes amis payés (en cinéma, en plats du jour et en ice cream) pour qu'ils sachent que je suis un type bien.
…l’église payée (en dons ) pour me réserver un strapontin au paradis.
[Francis Traunig 20090324 Vers l'image]


Genève - 23 heures 05
Ambiance à La Plage.
[Francis Traunig 20090323 Vers l'image]


Genève - 14 heures 20
Etienne.
[Francis Traunig 20090322 Vers l'image]


Genève - 12 heures 29
Les prix proches de zéro pour une qualité moins que nulle, c'est encore trop cher payer.
[Francis Traunig 20090321 Vers l'image]


quelque part entre Suisse et Allemagne - 13 heures 25
…rien de si beau que le peu.
[Francis Traunig 20090320 Vers l'image]


Dulliken - 09 heures 36
Industriel suisse qui n'existerait simplement plus si il n'avait pas déplacé sa production en Bulgarie.

"Mais ai-je bien fait? Les coûts de production augmentent d'un mois à l'autre…"
[Francis Traunig 20090319 Vers l'image]


Genève - 17 heures 28
A chaque fois que je vais acheter mes tridents, Karaman me demande si les ventes sont bonnes chez moi. Autant pour prendre le pouls de la vitalité commerciale de la journée que d’être rassuré par l’éternel poncif que je lui balance : « Oui Karaman, si ça va pour moi, ça va pour toi, et le contraire aussi… ».
[Francis Traunig 20090318 Vers l'image]


Genève - 17 heures 19
Le faux vrai réel fait vraiment vrai faux réel. A moins que ce soit le contraire.
[Francis Traunig 20090317 Vers l'image]


Genève - 12 heures 22
Lily.
[Francis Traunig 20090316 Vers l'image]


Choulex - 11 heures
Couple.
[Francis Traunig 20090315 Vers l'image]


Genève - 11 heures 55
Avec une effronterie d’alcoolique désinhibé, la corneille aboie ses : QUOI ? QUOI ? QUOI ?

Je réponds : Clic, Clac ! Clic, Clic, Clac !

Et s’envole sans prévenir me laissant avec la queue de l’instant décisif.
[Francis Traunig 20090314 Vers l'image]


Genève - 16 heures 18
Vu : un homme en rouge secouer un arbre déplumé et lui parler comme à un vieil ami qui aurait perdu la mémoire.
[Francis Traunig 20090313 Vers l'image]


Genève - 10 heures 59
…avec Sarclo, king de la déconnade et du politiquement incorrect.
[Francis Traunig 20090312 Vers l'image]


Genève - 21 heures 32
Vernissage, chez Cyril Kobler, des travaux d’Adèle, Sébastien et Max. Magnifiques images, belle ambiance, musique, soupe, amis retrouvés.

Elise, soudain s’affaisse sur le trottoir, dans le froid. Nous la transportons à l’intérieur, s’évanouit une seconde fois. Ses amis, attentifs, l’entourent, la recouvrent, la cajolent. Puis, comme si de rien n’était, les conversations continuent autour du bar, les gens entrent, sortent, des musiciens, dans le fond de la salle s’animent.

« Performance artistique ? »

« Non, c’est un malaise »



Je m’allonge auprès d’elle et nous faisons, joyeux, de son malaise une petite performance artistique.
[Francis Traunig 20090311 Vers l'image]


Genève - 17 heures 58
Le bizness des guides touristiques pour les flippés de la découverte. On va tranquillement vers des versions GPS intégré qui nous guideront directement vers les incontournables, qu'on aura fait raquer pour se situer en haut de page, en premier choix, technique qu'utilise avec succès Google.

Pour être référencé, allongez la monnaie.

L'impromptu et la poésie de l'approximatif en prennent un coup quand-même.
[Francis Traunig 20090310 Vers l'image]


Genève - 14 heures 13
Grisélidis, écrivain, peintre, prostituée, (c'est dans cet ordre qu'elle souhaitait qu'on se souvienne d'elle), est exhumée aux aurores, à 7 heures, du cimetière du Grand-Saconnex, pour rejoindre au Père Lachaise local, qui s’appelle cimetière des Rois, la clique des notables, politiciens et autres personnages publics qui ont donné son rayonnement à Genève. La police est mobilisée pour éviter tout débordement - certaines, certains, offusqués qu’une pute puisse reposer à vingt mètres de Jean Calvin ont manifesté leur volonté de troubler la cérémonie. Mais les hommages ont débordé les quelques acariâtres, et tout s’est bien passé.
[Francis Traunig 20090309 Vers l'image]


Marchissy - 14 heures 49
Le nombril du printemps.
[Francis Traunig 20090308 Vers l'image]


Genève - 20 heures 47
"…oui maman, je sais, les hommes sont des flans, mais pas celui-là…oui maman, il boit un peu, mais j'arriverais à le changer, je l'aime tu sais…allô, maman!"
[Francis Traunig 20090307 Vers l'image]


Milan - 14 heures 17
Ouf, enfin un vrai sourire dans le temple de la mode milanaise.

La fake wild attitude, le délabré vestimentaire porté au sommet du trend, proclamé comme canon incontournable de l’élégance me casse les….
[Francis Traunig 20090306 Vers l'image]


Milan - 14 heures 20
Rodéo sur les clichés.

Dessus, dessous, confusion, jeu de rôle, jeu de drôles…
[Francis Traunig 20090305 Vers l'image]


Milan - 23 heures 02
Princesse Maya dont le profil est taillé dans une des pyramides de Tikal.

L‘immémoriale beauté prêtée à Ana, le temps de son séjour terrestre, lui appartient-elle autant que les plumes de couleur au grand Ara ?

Qui a voulu que cet oiseau soit un arc-en-ciel volant ?
[Francis Traunig 20090304 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 13
Rien n’est moins certain que se satisfaire de peu soit diététiquement salubre pour son équilibre… mais déjà, j’engouffrais mon deuxième yoghourt à la fraise.
[Francis Traunig 20090303 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 16
Aussi peu que moi, probablement.
[Francis Traunig 20090302 Vers l'image]


Carre-d'Aval - 18 heures 33
Cavalière piétonne.
[Francis Traunig 20090301 Vers l'image]


Genève - 18 heures 54
Jean fêté!
[Francis Traunig 20090228 Vers l'image]


Genève - 18 heures 57
Alan, projeté contre un mur, rejoint ses naïades projetées au MAMCO.
[Francis Traunig 20090227 Vers l'image]


Genève - 13 heures 15
… sans sexe pas de poésie, pas de yoghourt à la fraise, pas de films de Schlöndorff, pas d’exposition au Mamco, pas de rires entre amis, qui tous, sans exception, ne sont là, parmi nous, que parce qu’un homme et une femme se sont reproduits, sinon aimés…

C’est cette pensée qui me traversait l’esprit alors que je sortais de sa housse mon appareil photo et chaussais mes lunettes… soudain dubitatif.
[Francis Traunig 20090226 Vers l'image]


Genève - 07 heures 24
…et sa bouche avait un parfum de fraise - et elle me manque, et ses baisers - si pauvrement évoqués, chaque matin depuis que nous nous sommes quittés, par la confiture de ma tartine, au café…
[Francis Traunig 20090225 Vers l'image]


Genève - 19 heures 30
Rolywholyover ou la petite cure d’expérience esthétique.

-Qu’en pensez-vous ?

-J’aime cette confrontation entre le banal et le rien, ça donne à penser.

-…ne pas convoquer la culture seulement mais donner sa place à l’émotion

-J’aime bien, mais ne comprends pas.

.-Comment prendre partie sans culture. Je n’ai rien à dire.

-Il faudrait que l’œuvre s’efface au profit de l’expérimentation.

-Mais ces photos, j’aurais pu les faire moi-même, l’artiste se fout du monde et en plus touche du fric.

-On n’a pas le droit de juger, c’est réac, c’est con.

-Je crois qu’il ne faut pas toujours chercher là où il n’y a que de l’émotion.

-Les terrains d’expérimentations esthétiques dans l’art moderne sont comme les parkings des supermarchés le samedi : saturés.


Extrait de scène magazine :

Subversion :

Ces expositions s’offrent aux regards et aux sens comme une composition florale aux parfums et couleurs très variés, elles suscitent autant d’émerveillement que d’inquiétude sur l’état de notre monde contemporain – et corollairement sur soi-même – que l’art tour à tour fustige ou célèbre. De manière générale, le propos sous-jacent de chaque monographie véhicule une forme de subversion, celle-ci pourtant se pare d’une rhétorique plastique avenante et bigarrée, ce qui permet à l’artiste de traiter son désenchantement de biais, nous évitant par la même occasion (on les en remercie au passage) les poncifs de la contestation politicienne et médiatique.

Le MAMCO ouvre un nouveau cycle d’expositions sous le titre d’ « onamatterpoetic », terme énigmatique qui est un mot-valise crée par James Joyce dans Finnegans Wake.
Le premier épisode de cette époque s’intitule « rolywholyover » (autre mot-valise de Joyce) avec cinq expositions monographiques.(…)
[Francis Traunig 20090224 Vers l'image]


Genève - 10 heure 01
…l'inconsistance rendue liquide. Totalement!
[Francis Traunig 20090223 Vers l'image]


Cologny - 16 heures 14
Bout de ciel sur le parking du Lion d'Or.
[Francis Traunig 20090222 Vers l'image]


Genève - 08 heures 01
Ca fait deux ans et demi que c'est demain.

Aujourd'hui serait le moment!

Bien que pour certains, demain c'est toujours.
[Francis Traunig 20090221 Vers l'image]


Genève - 09 heures 05
Les fish cake au chocolat de Philippe à la conquête du quartier, qui, à l’endroit où il harangue joyeusement les quelques passants engoncés dans leurs doudounes, devraient rappeler que le lac, dans sa fougueuse jeunesse, s’étalait jusqu’ici.
[Francis Traunig 20090220 Vers l'image]


Genève - 12 heures 56
Le tombeau de Pollock.
[Francis Traunig 20090219 Vers l'image]


Genève - 20 heures 33
Mafieux de la pizza et de la cravate en polyester s'autoportraiturant.
[Francis Traunig 20090218 Vers l'image]


Genève - 18 heures 44
Ariane et Ariane et Daniel.
[Francis Traunig 20090217 Vers l'image]


Genève - 15 heures 46
Didier et Holga.
[Francis Traunig 20090216 Vers l'image]


Prévondavaux - 13 heures 15
[Francis Traunig 20090215 Vers l'image]


Zermatt - 11 heures 00
[Francis Traunig 20090214 Vers l'image]


Zermatt - 13 heures 30
[Francis Traunig 20090213 Vers l'image]


Zermatt - 12 heures 17
[Francis Traunig 20090212 Vers l'image]


Zermatt - 14 heures 37
[Francis Traunig 20090211 Vers l'image]


Zermatt - 11 heures 46
[Francis Traunig 20090210 Vers l'image]


Zermatt - 22 heures 03
[Francis Traunig 20090209 Vers l'image]


Zermatt - 13 heures 37
[Francis Traunig 20090208 Vers l'image]


Zermatt - 16 heures 31
[Francis Traunig 20090207 Vers l'image]


Genève - 18 heures 25
Marie-Lou n'a pas sa langue dans la poche…
[Francis Traunig 20090206 Vers l'image]


Genève - 09 heures 31
Enfin autre chose qu'une déclaration de guerre, une revendication politique ou une apologie au nihilisme, enfin un peu de poésie, un peu de couleur, sur le trottoir de nos jours.
[Francis Traunig 20090205 Vers l'image]


Genève - 12 heures 43
A la croisée de mondes qui plus jamais ne se rencontreront(bis).
[Francis Traunig 20090204 Vers l'image]


Glattbrugg - 13 heures 13
L’arrogance de la mode qui nous fait croire qu’on est unique - nous offre d’être un héros - et cherche à nous soumettre à l’idée bien plus qu’au vêtement lui-même.
[Francis Traunig 20090203 Vers l'image]


En route vers ailleurs - 17 heures 47
A la croisée de mondes qui plus jamais ne se rencontreront.
[Francis Traunig 20090202 Vers l'image]


Choulex - 07 heures 56
[Francis Traunig 20090201 Vers l'image]


Genève - 15 heures 27
« Halte au tout fric, stop à la mondialisation sauvage, les criminels c’est pas nous, mais bien plutôt ceux qui mènent le bal à Davos, les privatisations, les restructurations, les délocalisations, sapristi, ça suffit… » sont les slogans peints sur les panneaux que brandit la foule en colère pendant que Vaneck hurle dans son gueulophone :

« Assassins…banque sont des… mort au… il faut que… luttons !

Ziegler s’y met, avec son accent suisse allemand qui lui colle à la glotte, enchaîne :

… il faut, il faut natzionaliser l’UBS !!! ».

Et paf ! Une bouteille vole, une autre, suivie d’une grêle de bouteilles. Fumigènes. Qui tire quoi ? Confusion. Une grosse clameur enfle, on se croirait à un match de hockey, et vlan, bing et paf. Les yeux brûlent. Les flics chargent. Les autres détallent. Se font coincer, pris en tenailles par un camion blindé cracheur de flotte glacée. J’ai l’impression de voir mon fils, même âge, même allure, mais me souvient qu’il est au ski, au-dessus de ce merdier, il a fait beau au-dessus de 1200, une autre réalité ! Une jeune femme, la trentaine, cogne sur une voiture : « Connard, casse-toi, fous le camp… », le conducteur, un sourire feint, opine du bonnet sans demander son reste. Un flic, au même moment, même endroit, « Monsieur, circulez, s’il vous plaît… ». La teigneuse se retourne vers le policier : « Connard, fous lui la paix… ».

Troubles sociaux en Islande, à Madagascar. Manifestations en France !

Frustrations des exclus pendant que les bling-bling-on-vous-en-fout-plein-la vue se pavanent dans les magazines, pendant que les joueurs de tennis se font des 600'000 dollars pour JOUER au tennis. Pendant que les stars du rap s’achètent des châteaux en JOUANT de la musique, pendant que des spéculateurs peu scrupuleux JOUENT à la bourse avec notre fric, et que nous on se fait chier à la plonge, qu’on se fait chier comme magasinier pour gagner un peu de thune pour pouvoir gratter nos guitares. Oui, ça serait cool d’en vivre, parce que je veux pas me faire chier dans un bureau comme mon vieux…excuse-moi, on m’appelle sur mon portable….

Explosion ! Je détale, j’en ai marre, fait froid…
[Francis Traunig 20090131 Vers l'image]


Genève - 14 heures 54
Honte ! Honte de lire Match, le choc des photos, le poids des mots. Je referme le magazine parce que cette image est insupportable. Honte de ne pas oser faire face. Honte de boire un chocolat chaud crémeux. J’ouvre le magazine encore une fois. Hoquet d’indignation mais ne sais pas si j’en veux aux Israéliens, ou aux vendeurs de scoop, aux politiciens ou aux crapules qui vendent des pétoires à ceux qui s’entredévorent. Je sors l’appareil, fais une image sans réfléchir, pour mettre à distance, me protéger, je vois la tulipe qui penche la tête, triste…
[Francis Traunig 20090130 Vers l'image]


Genève - 15 heures 18
"Do you speak english?"

"Nein!"
[Francis Traunig 20090129 Vers l'image]


Genève - 20 heures 21
Image d'une image d'une image.
[Francis Traunig 20090128 Vers l'image]


Genève - 08 heures 15
…ce qui n'est pas le cas pour la connerie.
[Francis Traunig 20090127 Vers l'image]


Genève - 09 heures 36
Tel est pris qui croyait prendre.
[Francis Traunig 20090126 Vers l'image]


Choulex - 13 heures 15
Ambiance aux 78 ans de Simone.
[Francis Traunig 20090125 Vers l'image]


Genève - 22 heures 48
Ambiance aux 18 ans d'Elodie et d'Alexandre.
[Francis Traunig 20090124 Vers l'image]


Genève - 20 heures 41
…la vie, riche, dense, éclaire l’insoupçonné de ses fusées polychromes avant que nous soyons rendus aux ténèbres, sans bruit, pour toujours.
[Francis Traunig 20090123 Vers l'image]


Genève - 17 heures 40
Les voyages d'Alan, prochainement offerts en pâtures numériques au public très averti du MAMCO.
[Francis Traunig 20090122 Vers l'image]


Genève - 14 heures 44
"Nous sommes tous des Tamouls…"
[Francis Traunig 20090121 Vers l'image]


Genève - 18 heures 34
« Omami, ommama, obami, olala ! »

Pas compris. Floue la journée, trop vite, rien vu passé.

Juste : « Rester normal ! Garder les pieds sur terre, Garder les pieeeeds sur terre ! »
[Francis Traunig 20090120 Vers l'image]


Genève - 18 heures 08
Dealer de l'émotion peut rapporter gros!
[Francis Traunig 20090119 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 19
…et pendant ce temps, il langeait la petite.
[Francis Traunig 20090118 Vers l'image]


Genève - 15 heures 28
« Nous sommes tous des Palestiniens ! » scande la foule.

Moi alors pas du tout ! Ni pro Hamas, ni pro Israélien.

Je me sens concerné, oui, dépassé par les barbares qui s'entredévorent sur le dos des innocents, dépassé par la complexité des enjeux.

Ich bin ein Berliner ! disait l’autre. Comment un américain peut-il être berlinois, l’Algérie française ? Les Suisses un peuple de banquiers, les noirs des gens qui savent danser ?

Simplifier pour régner, être d’un camp ou de l’autre pour mieux manipuler : "Si t’es contre les Palestiniens, t’es forcément pro-Israélien.

Et vlan dans ta niche, mon poulet, tu vois bien qu’avoir une opinion nuancée est intenable. Si on coupe ton jardin en deux avec un mur, j’aimerais bien te voir réagir. Un jour où l’autre il faudra bien prendre partie…"

Oui mais…
[Francis Traunig 20090117 Vers l'image]


Genève - 11 heures 07
Ca s'appelle un corbeau mon chéri…
[Francis Traunig 20090116 Vers l'image]


Genève - 10 heures 45
Son voyage, qui aura duré 54 ans, s'arrête aujourd'hui.
[Francis Traunig 20090115 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 58
Someone in Israël is… what???
[Francis Traunig 20090114 Vers l'image]


Genève - 07 heures 37
…dans le bus, (parce que mon garagiste me fournit des batteries qui tiennent une année, ce qui est la norme, du moins ça le devient, je n’en peux rien, dit-il, mais on s’arrangera), dans le bus, coincé entre des collégiens, ces semences qui seront les fleurs de demain, je surprends une conversation déroutante : « Tu entres par la porte de derrière, prends à gauche, longes les toilettes et tu tues le barman. Mais fais gaffe, il y a des vigiles l’entrée du restaurant… ». Je suis abasourdis, me colle à eux, les écoute planifier ce qui m’a tout l’air d’un meurtre, un meurtre prémédité. Je les fixe, le bus s’arrête, ils descendent. Ne me rends compte que bien plus tard qu’ils devaient parler de jeux vidéo, du moins je l’espère, et repense à ce môme, Daniel Petric qui a tué sa mère, blessé son père parce qu’ils lui avaient confisqué un jeu électronique qu’ils estimaient violent, meurtre que le jeune assassin a cherché a faire passer pour un drame passionnel impliquant son père. Mais bon, ce qui est rassurant c’est que ça s’est passé en Ohio, et que jamais, vraiment, ça n’arrivera chez nous…
[Francis Traunig 20090113 Vers l'image]


Genève - 15 heures 52
Liste numéro 1 : Fauche Tout !
[Francis Traunig 20090112 Vers l'image]


Savigny - 16 heures 05
Gâteaux aux pommes patagés avec Madeleine et Yvan et leurs amis au-dessus de la mer de brouillard.

Glisse, neige rires.
[Francis Traunig 20090111 Vers l'image]


Le Vaud - 19 heures 04
Pizzas maison patagées avec Fabienne et Eric et leurs amis au-desus de la mer de brouillard.

Nuit, neige lune.
[Francis Traunig 20090110 Vers l'image]


Genève - 16 heures 32
… lui, la cinquantaine conquérante, elle, belle comme une Caïpirinha préparée par Jésus, barman du fameux cinq étoiles Botox Inn à Jérusalem, ce couple si pleinement heureux, si follement ensemble, pour la deuxième ou troisième fois mariés, roucoulant sous l’objectif du photographe, ce couple se vautre dans son bonheur pour le plaisir à venir des lecteurs qui vont les découvrir dans l’édition dominicale, lecteurs qui vont baver, faire couiner les gonds des portes de leurs rêves, oui, masos lecteurs qui vont claquer des thunes pour se payer quelques images saupoudrées d’anecdotes à faire mousser les hormones. Banane, tout ça. C’est du flan, de la construction. Ces peoples sont payés par le journal pour s’exhiber : coup monté à plusieurs dizaines de milliers de balles pour produire de l’évènement.

Le rêve aussi, suivant comment c'est goupillé, peut être pornographique.

Je le sais, j’étais caché derrière un palmier de l'île où ça s'est passé.
[Francis Traunig 20090109 Vers l'image]


Genève - 16 heures 55
Rire ensemble pour contrer la dépression, (économique).
[Francis Traunig 20090108 Vers l'image]


Genève - 14 heures 01
Certaines banques utilisent le côté monochrome, nul, incompétent de nos hommes politiques pour voiler leurs appétits de prédateurs cyniques.
[Francis Traunig 20090107 Vers l'image]


Genève - 20 heures 22
[Francis Traunig 20090106 Vers l'image]


Genève - 15 heures 54
…partagé…
[Francis Traunig 20090105 Vers l'image]


Genève - 16 heures 12
Amour…
[Francis Traunig 20090104 Vers l'image]


Schöenried - 09 heures 57
Love au pays de la crême.
[Francis Traunig 20090103 Vers l'image]


Rougemont - 11 heures 55
Glisse sur les pentes du rire.
[Francis Traunig 20090102 Vers l'image]


Schöenried - 12 heures 20
« Oui, ce domaine skiable est le plus proche de chez nous, nous confie un belge, 750 kilomètres… ». Nous rions indécemment avec Philippe : « Nous c’est 75 kilomètres ! »
[Francis Traunig 20090101 Vers l'image]


Schöenried - 23 heures 38
Les mains de Suzy ont du cœur qu'elle met dans ses biscuits.
[Francis Traunig 20081231 Vers l'image]


Rougemont - 15 heures 02
La luge, avatar du berceau duquel, enfin, on prend les commandes ?
[Francis Traunig 20081230 Vers l'image]


Gstaad - 15 heure 25
Les vaches de Gstaad chient sur de l’herbe qui vaut entre 4500 à 20'000 francs le mètre carré. Voilà pourquoi l’entrecôte chez Pernet-traiteur vaut 105 francs le kilo.
[Francis Traunig 20081229 Vers l'image]


Schöenried - 15 heures 02
Valentin survole le filet à papillons dans lequel s’est pris un sauteur.
[Francis Traunig 20081228 Vers l'image]


Montreux - 18 heures 31
Dans un des wagons-aquarium du MOB qui traverse les Préalpes en se dandinant l’arrière train, une pie bavarde coiffée d’une toque de vison, la soixantaine bien frappée, pousse des ah, des oh et des ouf, en espagnol, ce qui en dramatise l’intensité. Elle occupe l’espace avec arrogance, se soucie aussi peu du paysage enluminé que de ses voisins de convoi.

Le lui faire savoir ?

Changer de wagon ?

Utiliser le bras armé du contrôleur ?

Rien de tout ça. Je me convaincs simplement de l’incongruité de la situation, y découvre une drôlerie absurde, ri de ce personnage décalé qui comble finalement ma soif d’exotisme.
[Francis Traunig 20081227 Vers l'image]


Genève - 12 heures 49
Comme un chien attaché à une chaîne, un sapin abandonné à la devanture d’un commerce qui aura plastronné Noël pour faire tinter la caisse, me déclenche une gueule de bois spirituelle qui plombe ma crise de foie.
[Francis Traunig 20081226 Vers l'image]


Marchissy - 17 heures 44
[Francis Traunig 20081225 Vers l'image]


Troinex - 22 heures 38
[Francis Traunig 20081224 Vers l'image]


Genève - 14 heures 59
La verve gouailleuse et incohérente de papy nous aura manqué…
[Francis Traunig 20081223 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 16
A quoi peuvent bien rêver les chimpanzés?
[Francis Traunig 20081222 Vers l'image]


Choulex - 11 heures 49
Au solstice de l'innocence.
[Francis Traunig 20081221 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 33
…le miroir-poubelle.
[Francis Traunig 20081220 Vers l'image]


Genève - 08 heures 16
John, libre comme un ado qui se fiche de mettre un anorak parce qu’il fait froid, murmure à l'oreille des fleurs : Ars longa, vita brevis…
[Francis Traunig 20081219 Vers l'image]


Genève - 12 heures 16
L'ami Michel en Quijote !
[Francis Traunig 20081218 Vers l'image]


Genève - 14 heures 46
En sandwich entre deux tranches de Pères-Noël.
[Francis Traunig 20081217 Vers l'image]


Genève - 08 heures 15
L’œil de Dieu observe, par un trou de serrure galactique, l’humanité qui se prépare à fêter la naissance de son fils.
[Francis Traunig 20081216 Vers l'image]


Genève - 07 heures 27
Un coin de la voie lactée s'est pris les cheveux dans le grand platane de la rue du Mont-Blanc.
[Francis Traunig 20081215 Vers l'image]


Genève - 15 heures 52
Le beau pull de Marius fait des envieux.
[Francis Traunig 20081214 Vers l'image]


Oberied - 20 heures 50
Le coeur des alpes au fond de l'armoire.
[Francis Traunig 20081213 Vers l'image]


Genève - 09 heures 30
Elle a compris, la démone, qu’une couleur sans l’appui d’une autre valait aussi peu qu’un clou sans marteau.
[Francis Traunig 20081212 Vers l'image]


Nyon - 18 heures 10
[Francis Traunig 20081211 Vers l'image]


Choulex - 07 heures 02
Faire vomir les ténèbres pour qu'elles retrouvent leurs couleurs.
[Francis Traunig 20081210 Vers l'image]


Genève - 19 heures 24
Quand c'est les deux, c'est emmerdant.
[Francis Traunig 20081209 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 46
Je me retranche dans le doux égoïsme de mes propres mystères: étais-je poisson un jour? et mes mains des nageoires?
[Francis Traunig 20081208 Vers l'image]


Paris - 12 heures 14
Tout passe, panache ou pas, glisse vers le néant.
[Francis Traunig 20081207 Vers l'image]


Paris - 11 heures 29


J.P. dort dans la rue parce qu’il ne sait pas où aller…

Il lui manque une jambe et passe la journée dans son sarcophage en nylon…

Son père travaillait pour médecin sans frontière…

"Merci papa" dit-il.

J.P. a vécu en Jamaïque, au Guatemala, au Pays-Bas et au Bénin…

On se regarde, on sourit… que dire d'autre ?

Au revoir, merci…
[Francis Traunig 20081206 Vers l'image]


Genève - 10 heures 35
Autruche écrasée par le camion du laitier.
[Francis Traunig 20081205 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 58
Dites surtout NON au droit de cuissage publicitaire!
[Francis Traunig 20081204 Vers l'image]


Genève - 15 heures 06
Les enfants, bien moins niais qu'à mon époque, ayant échappé à l’obscurantisme enneigé du Père Noël (mythe exhumé et phagocyté par Coca-Cola, d’ailleurs) savent qu’il n’est de secrets pour lui ni des catalogues Sony, ni de ceux de Nokia, qu’il connaît par cœur toutes les références des consoles Nintendo, sinon qu’il est un des meilleurs représentants du commerce de détail.
[Francis Traunig 20081203 Vers l'image]


Genève - 14 heures 00
Puissance au repos.
[Francis Traunig 20081202 Vers l'image]


Genève - 20 heures 23
La fondue au champagne du Bain des Pâquis rend joyeux.
[Francis Traunig 20081201 Vers l'image]


Lullier - 14 heures 01
Les troisièmes années du centre horticole de Lullier en fête.
[Francis Traunig 20081130 Vers l'image]


Genève - 23 heures 40
Fin de semaine fanfare…
[Francis Traunig 20081129 Vers l'image]


Genève - 21 heures 29
A la rencontre de l'Autre.

En hommage à Claude Lévi-Strauss qui a cent ans aujourd'hui.
[Francis Traunig 20081128 Vers l'image]


Genève - 09 heures 54
Le désordre, rassurant signe de vie.
[Francis Traunig 20081127 Vers l'image]


Genève -
Aimé-Raphaël vient me montrer sa nouvelle souffleuse.
[Francis Traunig 20081126 Vers l'image]


Genève -
Voit-il ce que je vois, sinon ce que j’imagine qu’il ne voit pas sachant qu’il aimerait voir ce que j’imagine voir sans qu’il le sache ?
[Francis Traunig 20081125 Vers l'image]


Genève - 16 heures 51
Regardez-moi dans les yeux, ces skis sont faits pour vous…
[Francis Traunig 20081124 Vers l'image]


Choulex - 13 heures
Cycle. Personne n'y échappe. Même en pédalant vite!
[Francis Traunig 20081123 Vers l'image]


Genève - 18 heures 59
Pour éviter de m'encastrer dans le pléonasme, j'éviterai le commentaire.
[Francis Traunig 20081122 Vers l'image]


Choulex -20 heures 11
Viande d'homme.
[Francis Traunig 20081121 Vers l'image]


En route - 18 heures 50
Entrain…
[Francis Traunig 20081120 Vers l'image]


Genève - 13 heures 08
De tout cœur, à plein gaz dans le Tiramisu, pour nous remettre des exaltantes prouesses du nouvel e-phone de Nicolas.

« Quelle époque ! Faut rester à la page, les mômes captent plus vite que nous, de Dieu, rester à la page… » et Nicolas tape : Jésus, you tube, et voilà le christ qui s’invite au dessert. Notre émerveillement sans retenue réveille le restaurant.

« J’en veux un, ça coûte cher ? »

« J’en sais rien, c’est mon cadeau d’anniversaire… »
[Francis Traunig 20081119 Vers l'image]


Genève - 19 heures 49
L’adulte, vieil enfant ridé, plastronne son innocence pour se réoxygéner.
[Francis Traunig 20081118 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 18
Hallucinations.
[Francis Traunig 20081117 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 58
Aphorisme de chez nous (bis) : Faudrait pas me prendre pour la queue d'une poire.
[Francis Traunig 20081116 Vers l'image]


Meinier - 22 heures 54
Aphorisme de chez nous : La fondue crée la bonne humeur.
[Francis Traunig 20081115 Vers l'image]


Genève - 21 heures 08
…trente trois, toute la sainte journée, trente trois me trottait dans la tête sans savoir ce que trente trois me voulait. Dès le lever, en me rasant : trente trois. Au café trente trois, au boulot trente trois, à table, en bonne compagnie : re-trente trois… L’âge du Christ ? Oui, tout le monde sait ça, mais quel rapport ? Trente trois tours ? Trente trois jours ? Alors je me suis mis a compter jusqu’à trente trois et espérer une révélation, une rencontre, une illumination. Rien. Ouvert le livre que je lisais à la page trente trois, peut-être y trouver la clef de cette numérologique obsession : « …fusaient dans une grisaille générale. ». Ah bon ? rien. Je ne vois pas, ça me concerne pas, moi je fuse dans la choucroute et carbure à la moutarde. En tous cas cette obsession a bien meublé ma journée.

Vivement la prochaine !
[Francis Traunig 20081114 Vers l'image]


Genève - 17 heures 38
Il y a autant de sardines au fond des océans qui ignorent l’existence des chanterelles que de questions sans réponses au fond de nos cervelles.
[Francis Traunig 20081113 Vers l'image]


Genève - 13 heures 42
Un des nombreux jardins secrets de Max : sa collection de camions verts.
[Francis Traunig 20081112 Vers l'image]


Genève - 07 heures 14
Je ne supporte pas les images volées, prises au détriment de l’autre - parce que photographier, pour moi, c’est produire de la relation, c’est célébrer la rencontre (a chacun son truc), rendre visible en la fixant dans l’ambre numérique, une émotion qu’on souhaiterait partagée. C’est entre doutes et certitudes que j’ai photographié cet homme affalé dans son malheur. Pour témoigner ? Il y a dix ans je l’aurais aidé à se relever. Sans faire d’images. Je l’aurais écouté. Je me suis contenté de le photographier.

Pourquoi ?

Peut-être parce que mon émotion ne supporte plus d’être titillée à tout va : par les médias, par ces jeunes harangueurs, qui sur fond de catastrophe humanitaire, sollicitent compassion, signatures et pognon. Tous ces professionnels de la taupe qui passent du Darfour, au sauvetage des bébés phoques, au scandale de l’excision.

« Mais enfin, vous ne pouvez pas être indifférents ! ».

Je ne supporte plus la violence de ces prises d’otages. Ca effrite mon engagement.

Image terrible de mon manque de courage.
[Francis Traunig 20081111 Vers l'image]


Genève - 11 heures 58
Tu le vois derrière ?

Ce jet continu de vapeur d’eau qui arrose les nuages.

Baisse la main, chérie !

Tu le vois derrière ?

Baisse la main…

Je me glisse dans la carte postale, pardon Monsieur, photographie moi aussi, sans vergogne, Madame, bébé et tout le tralalala puis pointe mon objectif vers Rousseau assis, nous contemplant, figé dans le bronze qu’un coup de vent enveloppe d’une brassée de feuilles mortes.

En déclenchant, me trompe de bouton, j’éteins l’appareil.

Oui Madame, moi je suis un touriste photographe.
[Francis Traunig 20081110 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 35
Nichée d'inattendus prêts à l'envol.
[Francis Traunig 20081109 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 02
"Convoquant nos instincts au milieu des troublements, elle me rappela que le rugissement du tigre est de la même ancestrale origine que le cri de l'homme"

Julio Valfred
[Francis Traunig 20081108 Vers l'image]


Genève - 07 heures 55
La sève qui pousse la feuille vers le ciel. Le ciel qui la nourrit. Photosynthèse. Azote, carbone, oxygène. Ce que nous devons à l’eau, à la lumière, tout ce que sans quoi notre vie ne serait pas et nous est un mystère, je le photographie sans le comprendre.
[Francis Traunig 20081107 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 25
Je souris au chat qui doute.
[Francis Traunig 20081106 Vers l'image]


Genève - 14 heures 44
En allant à la poste, je me disais : quelle image aujourd’hui pour fêter la fin de règne de la dictature du grand-guignol Bush ? Lever de soleil radieux ? Manchettes de journaux en oriflammes joyeuses célébrant le retour de la raison et des démocrates ? Noir souriant arborant sa négritude en costume du dimanche ? Bref…quand tout à coup, je réalise être l’otage, comme des millions d’autres, d’un monde, d’une culture qui cherche à faire de ses préoccupations, le centre de gravité de l’univers.

C’est ça l’impérialisme !

(Et les russes l’ont bien compris, et boudent en grognant, les réjouissances médiatiques planétaires du monde libre, parce que eux aussi le sont : impérialistes).

Empêtré dans ces digressions, je décide donc de ne pas célébrer par l’image l’avènement de ce politicien sincère, habile et métis mais de m’arrêter net, sortir l’appareil de sa housse et de faire un instantané du lieu où je me trouve : Passage clouté avec Jasmine !

Petite cure de réel qu m’aura fait du bien et remis en route vers l’autre rive du trottoir de ce jour radieux.
[Francis Traunig 20081105 Vers l'image]


Genève - 19 heures 02
[Francis Traunig 20081104 Vers l'image]


Genève - 19 heures 23
Si j’aime tant la compagnie d’Etienne c’est que sa si visible exubérance est un piège a préjugés. C’est avec une certaine élégance, après un moment partagé, qu’il vous amènera à vous dire à vous-même : « Il ne faudrait jamais trop se fier aux apparences ».
[Francis Traunig 20081103 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 14
[Francis Traunig 20081102 Vers l'image]


Genève -
Marcel, aujourd’hui, se serait promené avec le pola d’une madeleine dans son portefeuille.

Dignité ? Seul le photographe peut avoir de la dignité - c’est une qualité humaine.

Au moment de la fusion, de l’instant clic, du moment décisif, la photographie est toujours une reproduction d’une parcelle de réel - une communion avec l’instant - et c’est figé dans un présent éternel qu’elle supplie la mort de nous épargner.

Photographier c’est la conscience de la vitesse, de l’irrémédiable.

Chaque photographie commence par : « Il était une fois… »

Marcel, sans doute, avait une vocation de photographe, mais pas l’énergie. Il préférait sa chambre noire au galop de la lumière du jour après laquelle nous courrons avec nos lassos.
[Francis Traunig 20081101 Vers l'image]


Genève - 18 heures 53
Le baiser.
[Francis Traunig 20081031 Vers l'image]


Genève - 10 heures 21
Ah de Dieu, génial, sympa de te revoir. Ca fait des années…

Tu fais toujours de la moto ?

Ouais, je viens de me crasher au Castellet. Arrêté la compétition, suis pilote d’essai pour Yam. Crashé à 300 à l’heure, si t’avais vu ça…

Ca alors, t’as pas changé, si peu…

J’ai une femme, deux mômes, petits… ma deuxième femme… elle a trente trois ans!

Ouahhh !

J’en ai 53 ans. Comme toi, non ?

Oui.

Et j’en suis à ma centième fracture, tu te rends compte ? Pile cent.

Allez, faut qu’on se voie autour d’un plat de nouilles…

Oui un de ces jours.

Super, salut ! Fais gaffe, hein…

Salut.
[Francis Traunig 20081030 Vers l'image]


Genève - 08 heures 51
…babillages au café, ficelés de rires, futilités en gerbe, pas grand-chose de plus, sinon encore une ou deux couches de mauvaises nouvelles dans la presse : l’angoisse est un marché porteur, et puis s’en vont. Dehors il fait frais et je suis distrait, alors que je me voyais déjà plus loin, par un zigue homme sandwich pas comme les autres. Je le regarde passer du coin de l’œil mais …CE N’EST PAS MA FAUTE … me fait faire un 180 degrés, je le rattrape, et le questionne.

Une heure plus tard, je ne sais toujours pas si ce sont ses douleurs lombaires qui le font souffrir ou si c’est parce que personne ne veut l’écouter… ni ses médecins qui se bornent à nier ses souffrances… ni sa femme qui repousse ses avances, ni les avocats qui réfutent ses doléances.

Il ira exhiber son panneau devant le palais de justice. Que tout le monde sache ! Il l’a fait devant l’O N U, il a trépigné devant le tribunal fédéral. Prochainement c'est à Strasbourg qu'il se rendra !

Mais d’où lui vient cette force ?
[Francis Traunig 20081029 Vers l'image]


Genève - 19 heures 56
C’est peut-être au moment de perdre son innocence que commence vraiment sa propre histoire?
[Francis Traunig 20081028 Vers l'image]


Genève - 12 heures 24
Une quadragénaire triste, belle et bien mise sort d’un immeuble d’un pas volontaire. Le trottoir n’est pas large, je me serre contre le mur, sans m’arrêter, sourire polis, déférent. Au moment de se croiser, you’r an asshole, chuinté avec un doux mépris, m’héberlue. Je m’arrête, me retourne. Elle, elle continue de glisser, de dos cette fois, vers l’automne qui amoncelle ses bataillons de flocons - il va neiger, il paraît - prétend une fumeuse qui souffle vers le ciel.

Pour donner à mon désarroi une contenance, me déculpabiliser à tout prix, vite faire une photo :

Ce que je fais !

Mais mon désarroi, à fond de train sur son escape lane, percute cette somptueuse idiotie que clame le matin bleu pour nous faire rêver un peu : se refaire les seins tout en voyant des lions !

Et je me surprends marmonner : quelle bande d’enculés! Et la boucle est bouclée.
[Francis Traunig 20081027 Vers l'image]


Sanary-sur-mer - 08 heures 35
Trois nonnes aux sourires frais comme des banettes croisées au marché de Sanary.
[Francis Traunig 20081026 Vers l'image]


Palombaggia - 12 heures 56
Trace d'animal…
[Francis Traunig 20081025 Vers l'image]


Palombaggia - 17 heures 31
Trace d'écume…
[Francis Traunig 20081024 Vers l'image]


Palombaggia - 16 heures 28
Trace d'ombre…
[Francis Traunig 20081023 Vers l'image]


Palombaggia - 12 heures 01
Faire des traces qui meurent au moment où elles naissent.
[Francis Traunig 20081022 Vers l'image]


Palombaggia - 12 heures 01
Monstre marin qui a pris peur voyant mon caleçon de bain rayé.
[Francis Traunig 20081021 Vers l'image]


Palombaggia - 13 heures 56
Bu d’une traite Lee Miller solaire.
[Francis Traunig 20081020 Vers l'image]


Palombaggia - 10 heures 17
Partagé le besoin de confiture abricot avec la guêpe.
[Francis Traunig 20081019 Vers l'image]


Palombaggia - 16 heures 56
Partagé le besoin de lumière avec le végétal.
[Francis Traunig 20081018 Vers l'image]


Savona - 19 heures 46
L’interdiction, taille-crayon de la curiosité.
[Francis Traunig 20081017 Vers l'image]


Genève - 08 heures 01
L'horizon, à mes pieds!
[Francis Traunig 20081016 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 02
Si peu sinon le grésillement du rouge qui s'effrite.
[Francis Traunig 20081015 Vers l'image]


Genève - 21 heures 42
Etonnant reflet de lumière sur ce gros caillou rond flottant autour de la terre.

-Je suis fier de savoir que l’homme y a posé le pied.

-T’as pas vu les photos ? Elles sont truquées. On dit que tout ça c’est un coup monté, une mise en scène.

-Impossible, on le saurait, tu déconnes…

-Pas du tout. En regardant bien les photos, l’ombre du drapeau, on voit que c’est du bidon…

Merde, voilà que le bonheur d’avoir fait un pas dans l’espace - par procuration, bien sûr - ne serait qu’une illusion ?

D’ailleurs, ce caillou, est-ce bien la lune ?
[Francis Traunig 20081014 Vers l'image]


Genève - 18 heures 33
Républicain ou démocrate, blanc ou noir, pour ou contre, bien ou mal, riche ou pauvre, zéro, un, le langage binaire de la machine infeste la pensée, assassine la nuance.

Subversif? le OUI MAIS…
[Francis Traunig 20081013 Vers l'image]


Genève - 17 heures 40
-Repas pantagruélique chez Isabelle et Olivier.

-Rencontre de Françoise sans mari et enfants.

-Trois joggeurs acclamés par des cris de canards.

-Rencontre de Fabienne et d’une amie sur les quais.

-Projet de starting-blog.

-Insouciance, rires et babillages sans conséquences.

-Déjà 17 heures 40
[Francis Traunig 20081012 Vers l'image]


Genève - 17 heures 57
Les cornets, vaut mieux les mettre sur le nez que de les fumer, martèle le père à sa fille, ça fait autant d’effets qu’un joint - sinon plus – c’est moins nocif et pour le moment encore autorisé par la police…
[Francis Traunig 20081011 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 56
Le Clézio, le plus grand des écrivains de langue française vivant, enfin reconnu. Aux antipodes de Houellebecq le nihiliste et BHL le DHL du prêt-à-porter philosophique.

Avec Le Clézio, l’intelligence romanesque, la sensibilité poétique, et l’humanisme sans sponsors clinquants, sont les humbles serviteurs de la langue française.

Le Clézio, Lautréamont sans les abysses, Michaux sans le charbon.

Le Clézio aussi beau, aussi simple, aussi vrai qu’un martinet qui fend l'azur…
[Francis Traunig 20081010 Vers l'image]


Choulex - 06 heures 59
[Francis Traunig 20081009 Vers l'image]


Genève - 12 heures 27
[Francis Traunig 20081008 Vers l'image]


Genève - 14 heures 03
[Francis Traunig 20081007 Vers l'image]


Genève - 10 heures 16
Aucune sympathie pour ce grand pervers qui trempait son sexe-sismographe dans la viande de ceux qu'il dévorait…
[Francis Traunig 20081006 Vers l'image]


Saint-Julien en Genevois - 15 heures 32
Adèle et Arthur font danser les images.
[Francis Traunig 20081005 Vers l'image]


Prangins - 19 heures 29
Quelques unes des soixante mille bougies du jardin des lumières au Château de Prangins.
[Francis Traunig 20081004 Vers l'image]


Genève - 16 heures 35
Laurent - peintre talentueux - rencontré hier sur un trottoir du quartier.
[Francis Traunig 20081003 Vers l'image]


Genève - 09 heures 57
L'ami Alan sur le départ pour la Grèce à scooter. Neige à mille mètres aujourd’hui sur les Alpes, à moins qu’il passe par en dessous.
[Francis Traunig 20081002 Vers l'image]


Genève - 16 heures 54
Vision du monde qu'aurait un financier suspendu à son parachute doré. (D'après un neuroscientiste qui avait placé sa fortune dans des actions Lehmann Brothers).
[Francis Traunig 20081001 Vers l'image]


Genève - 20 heures 33
Pire que : FUMER TUE inscrit en gras sur les paquets de clopes.

Pire que : PARCE QUE TU LE VAUX BIEN ahané par des marques de fringues.

Pire que : C’EST VOUS LA PERSONNE LA PLUS IMPORTANTE AU MONDE proclamé par les assureurs vie pour vendre des contrats.

Pire que : DECLENCHEZ, L’APPAREIL FERA LE RESTE, la pub de Kodak dans les années trente.

Pire que : DIEU VOUS PARDONNERA SI VOUS VOUS METTEZ A GENOUX

Pire que toutes ces fadaises : LE FACIAL-FLEX qui promet, pour 99 francs, et deux minutes de gymnastique quotidienne, un visage plus ferme…

Nous voilà de retour dans les limbes de la préhistoire de l’émancipation féminine.
[Francis Traunig 20080930 Vers l'image]


Genève - 11 heures 57
Mais où est passé le billet de 100 francs que le pigeon avait dans le bec lorsqu’il a percuté la façade vitrée de l'UBS ?
[Francis Traunig 20080929 Vers l'image]


La Capite - 12 heures 13
[Francis Traunig 20080928 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 20
Rencontre.
[Francis Traunig 20080927 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 41
J’aperçois une grosse mouche noire collée au plafond . Monte sur une chaise, m’en rapproche sans brusqueries et dégaine mon appareil photo. Elle s’envole. Se pose sur la branche d’une étoile en bois doré. Je traîne ma chaise sous l’étoile, l’escalade. Ce n’est pas une mouche, mais deux mouches en attelage, soudées. Deux mouches qui forniquent sur la branche d’une étoile dorée.

Quel éblouissement que la vie amoureuse des mouches! J'espère qu'elles s'en rendent compte…
[Francis Traunig 20080926 Vers l'image]


Genève - 12 heures 58
La constellation du petit pois, vue depuis notre galaxie.
[Francis Traunig 20080925 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 06
19 heures 06 en route vers 19 heures 07
[Francis Traunig 20080924 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 06
Mais que sais-je de l'affection du nuage pour le ciel, de l’amour de l’arbre pour l’oiseau… Que sais-je des élans des mots vers la marge, que sais-je de la faim des yeux pour les images ?
[Francis Traunig 20080923 Vers l'image]


Genève - 19 heures 47
Aujourd'hui l'automne !
[Francis Traunig 20080922 Vers l'image]


Assens - 15 heures 51
[Francis Traunig 20080921 Vers l'image]


Rho - 12 heures 19
Pathétique amalgame de clichés au phéromone.
[Francis Traunig 20080920 Vers l'image]


Roh - 12 heures 17
Cimetière à libellules.
[Francis Traunig 20080919 Vers l'image]


Vercelli - 22 heures 33
Grenade in the night !
[Francis Traunig 20080918 Vers l'image]


Genève - 12 heures 57
Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now pay later ! Buy now pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! And we will fuck you for free ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! But how much was it ? Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now pay later ! Buy now pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! And we will fuck you for free ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now, pay later ! Buy now pay later ! Buy now pay later ! Pay now…
[Francis Traunig 20080917 Vers l'image]


Genève - 19 heures 23
Avec Luc la joie rend flou!
[Francis Traunig 20080916 Vers l'image]


Genève - 20 heures 31
Voilà ce qu'a provoqué Nicolas dans sa chambre à coucher pour avoir abusé de son accélérateur à particules (prêté par le CERN) …
[Francis Traunig 20080915 Vers l'image]


Dullier - 15 heures 34
Couple.
[Francis Traunig 20080914 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 50
Détail sans importance de l'humeur d'un moment.
[Francis Traunig 20080913 Vers l'image]


Genève - 16 heures 19
La tombe numéro 707 sur laquelle est gravé J.C. n’est pas celle de Jésus Christ mais de l'un de ses plus fervents soldats, Jean Cauvin, plus communément connu sous le nom de Jean Calvin.
[Francis Traunig 20080912 Vers l'image]


Choulex - 15 heures 26
[Francis Traunig 20080911 Vers l'image]


Genève - 14 heures 14
Capteur de rêves et sa nouvelle amie, empêtrée dans le filet de ses qualités.
[Francis Traunig 20080910 Vers l'image]


Genève - 16 heures 02
[Francis Traunig 20080909 Vers l'image]


Genève - 08 heures 09
Banc de caméras de surveillance déguisées en méduses.
[Francis Traunig 20080908 Vers l'image]


Choulex - 17 heures 18
Déjà !
[Francis Traunig 20080907 Vers l'image]


Nyon - 18 heures 54
Le portrait, quel grand mystère, cette rencontre avec l’autre qui nous renvoie à soi – comme un toucher, une caresse, un menuet entre deux miroirs où le besoin de plaire, de donner et de recevoir, de séduire, d’aimer autant que d’être aimé percutent d’un clic d’index la lumière, l’ombre et l’instant.

Collision !

Rencontre !

Réconciliation !

Combat de boxe.

Témoignage, cri, engagement !

Valse, jerk, rock and roll.

Aussi. Peut-être. Parfois.


Ps : Jeanne Gerster, photographe engagée, expose à Focale une série de portraits où elle donne sa voix, son regard aux réfugiés du Haut-Karabagh qui attendent depuis 14 ans dans des wagons de marchandises une locomotive qui les ramènerait chez eux.
[Francis Traunig 20080906 Vers l'image]


Choulex .- 19 heures 43
Tentative de photographier la tranche d’une image, son épaisseur.
[Francis Traunig 20080905 Vers l'image]


Genève - 19 heures 11
Enfin, après quatre ans de gestation, accouché de son livre sur le tyran Niazov.
[Francis Traunig 20080904 Vers l'image]


Genève - 18 heures
Belles empoignades sur le sens qu’il faut donner aux images lorsque baisse l’esprit créatif.
[Francis Traunig 20080903 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 53
Le tournesol me rappelle de l'avoir trop peu regardé cette année.
[Francis Traunig 20080902 Vers l'image]


Entre Avignon et Genève - 18 heures 10
Même les mots les plus rassurants peuvent parfois gâcher un paysage.
[Francis Traunig 20080901 Vers l'image]


Arles - 15 heures 16
Aux rencontres d’Arles, il est curieux comme on sacralise certaines photographies en les exposant dans des églises qui elles sont désacralisées par ces images.

Dans la rue sur un mur de rouille, un visage redonne au plus grand que soi un peu d’altitude.
[Francis Traunig 20080831 Vers l'image]


Genève - 21 heures 54
Je trouve Véronique rayonnante pour ses cinquante ans. Le lui fait savoir. Jusqu’à ce que son mari lui amène un gâteau avec 45 marqué dessus. Quel farceur ! A moins que je me sois planté.
[Francis Traunig 20080830 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 50
Restes de ciel bleu cachés au fond d'une pêche.
[Francis Traunig 20080829 Vers l'image]


Genève - 11 heures 58
L'Evangile, c'est selon…
[Francis Traunig 20080828 Vers l'image]


Genève - 18 heures 11
Carpe-Diem,(quam minimum credula postero). Ni plus, ni moins.
[Francis Traunig 20080827 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 22
Rentrée scolaire.
[Francis Traunig 20080826 Vers l'image]


Genève - 16 heures 30
S’engazonner les neurones pour y coucher Marguerite.
[Francis Traunig 20080825 Vers l'image]


Choulex - 12 heures 43
Jeune couple partageant son Temps.
[Francis Traunig 20080824 Vers l'image]


Genève - 13 heures 16
Micha mime le refus qui lui est adressé lors d’une énième demande d’emploi et martèle : j’aime travailler ! je veux travailler ! je dois travailler…
[Francis Traunig 20080823 Vers l'image]


Monniati - 21 heures 25
Tribune de Genève du 23 août 2008 :
Genève: la météo prive le botellon d'un succès retentissant
La météo n'était pas de la partie vendredi soir pour le botellon genevois organisé au parc des Bastions. L'atmosphère humide aura certainement découragé certains fêtards. Vers 22h00, une bonne centaine de jeunes se trouvait devant le Mur des Réformateurs.
La Ville de Genève a été la seule municipalité en Suisse à tolérer ce type de rassemblement venu d'Espagne. Elle a cependant posé des conditions, notamment que l'espace soit nettoyé à la fin de la fête. La présence d'éléments de prévention a également été imposée aux organisateurs.



Au même moment, dans la campagne genevoise, au champêtre festival de Monniati, deux quinquagénaires se retrouvent derrière un paravent décoratif pour se cuiter en cachette alors que le tout jeune public boit sagement jus de fruits et autres coca zéro.

Les amateurs d’alcools qui mettent en péril l’ordre public et transgressent les conventions (se beurrer la gueule en troupeau dans un bistrot ne fait pas encore la une des journaux) vont probablement bientôt se faire sangler le goulot.

Une autre proposition, toute morale et lucrative en même temps serait de :

TAXER LES VICES POUR FAIRE FLEURIR LA VERTU !!!

Et par-là, célébrer dans la joie, mais avec retenue, le véritable et tant attendu avènement des temps modernes.

Puisque la famille et l’éducation défaillent, l’état en s’y substituant, trouverait par sa prise en charge de ceux qui branlent au manche une nouvelle source de revenus.

Quelques propositions :

-Taxer ceux qui bouffent des Hamburger et vont à court terme embouteiller le système de santé.

-Taxer ceux qui ont des piscines et empêchent Nestlé de pomper les nappes phréatiques et ainsi mettre en bouteilles leurs très profitables eaux minérales, ce qui auraient des incidences sur leurs résultats, ce qui signifierait moins d’impôts, ce qui engendrerait, à coup sûr, des coupes dans la culture et le social.

-Taxer ceux qui baisent plus d’une fois par mois, puisqu’il est reconnu que le sexe est énergétivore et peut rendre lascif au travail.

-Taxer les voitures. Le café. Les frontaliers. Les cigarettes. La circulation en ville. Le trafic sur les autoroutes. Le passage dans les tunnels. Taxer les riches. L’information sur internet. La connexion au câble. Le profit. Taxer celui qui dit : T’es qu’un gros con ! Taxer les putes - à la source. Taxer les taxis. Taxer les fumeurs de pétards. Taxer les spectacles. Taxer les poubelles. Les chiens. Taxer les terrasses de bistrots. Taxer ce qu’on importe. Taxer le produit du travail. Taxer celui qui quitte sa femme. Taxer l’église et ceux qui y croient encore. Taxer ceux qui veulent faire la fête, animer la ville. Taxer ceux qui consomment trop. Ceux qui polluent. Taxer pour aller pisser

-Taxer les fleurs parce que ça sert à rien !
[Francis Traunig 20080822 Vers l'image]


Chêne-Bougeries - 14 heures 59
[Francis Traunig 20080821 Vers l'image]


Romont - 16 heures 56
Le train vole sur ses rails, je déclenche à l’aveugle, sans voir sinon des lignes brisées hoqueter, des arbres, des pylônes, des toits défiler à toute berzingue. Je déclenche en m’abandonnant aux mouvements de l’imprévu pour échapper au paysage tout étalé dans son arrogante évidence et ne rechercher que l’effet qu’il produit…
[Francis Traunig 20080820 Vers l'image]


Genève - 12 heures 42
Adriana consacre son travail de maturité à la photographie. La fraîcheur de ses questions est décapante.

Sa candeur fait brasiller la mienne qui est revêtue d’une épaisse couche de discours, d’influences, de plagiats et pillages d’idées. Nom d’un chien comme la liberté d’être vierge d’Histoire doit être jouissif…à condition de ne pas s’en rendre compte.

Mais peut-être pas.

Renouer avec la candeur pour être créatif ? et ainsi, enfin, échapper au cynisme.

Je n'en sais rien.
[Francis Traunig 20080819 Vers l'image]


Genève - 08 heures 34
Geste subversif involontaire d’une beauté sonore et visuel incomparable : gaspiller du sucre autrement qu’au fond de sa tasse de café.

C’est moins nocif pour la santé, sinon que gaspiller, toujours, fait chuinter les haubans de la culpabilité.
[Francis Traunig 20080818 Vers l'image]


Choulex - 16 heures 11
Papillon géant butinant un nuage chou-fleur.
[Francis Traunig 20080817 Vers l'image]


Hermance - 19 heures 58
Prétexte rêvé pour se faire la peau des végétariens.
[Francis Traunig 20080816 Vers l'image]


Carcassonne - 11 heures 19
Révolte en pays Cathare.
[Francis Traunig 20080815 Vers l'image]


Castelnaudary - 21 heures 29
Photographe de mode travaillant pour Marie-Claire, flou.
[Francis Traunig 20080814 Vers l'image]


Asturies - 14 heures 31
Photo de famille.
[Francis Traunig 20080813 Vers l'image]


Larache - 17 heures 10
Zara fait travailler des dizaines d’ateliers comme celui-ci, en Galice. Nièves emploie dix neuf personnes. Elle a investi toutes ses économies dans son parc de machines qui ronronnent au jour le jour, en flux tendu avec la frénésie acheteuse des minettes du monde entier. Sans garanties. Si la demande baisse, Zara ferme un peu les robinets, et c’est à Nièves de se démerder avec ses employées, de les virer ou de leur baisser le salaire.
[Francis Traunig 20080812 Vers l'image]


Santiago - 15 heures 04
Pélerins-business.
[Francis Traunig 20080811 Vers l'image]


Batallha - 15 heures 25
Deux chevaliers se battent par armées interposées. Les forces sont inégales, les Castillans sont plus nombreux. Le destin du Portugal est en jeu. Si je gagne la bataille, j’élèverai ici un monument somptueux à la gloire de la vierge, une cathédrale, un monastère.

Il gagne.

Heureusement pour le poisson rouge - qui vit dans un luxueux bassin d’époque, arrosé de pièces de monnaies.
[Francis Traunig 20080810 Vers l'image]


Quinta do Barro - 15 heures 33
C’est l’histoire d’un roi qui veut marier sa fille et convoque les trois prétendants :

« Le prince qui me ramènera le plus de balles de ping pong pourra épouser Lucille, ma fille. »

Et les trois princes se mirent en route. Après un mois revint le premier avec dans ses sacoches 258 balles de ping pong.

« Très bien dit le roi, attendons que les deux autres princes reviennent avant que je ne prenne ma décision… »

Six mois plus tard revint le deuxième prince avec 328 balles dans ses bagages. Et juste avant l’échéance qu’avait fixée le souverain, revint le dernier prince, (héritier du royaume de Galle) tout en sueur et visiblement fourbu. Il tenait délicatement dans ses mains deux petites balles. Etonné le roi lui demanda pourquoi il lui avait fallu presque une année pour ne ramener que deux balles de ping pong.

« Ping pong ? Oh! Majesté, répliqua le prince Daniel, avec son fort accent anglo-saxon, j’avais compris : bring me back the King Kong balls.
[Francis Traunig 20080809 Vers l'image]


Lisbonne - 18 heures 16
Ouverture des Olympiades de Pékin. Les raies, requins et le poisson-lune se réjouissent.
[Francis Traunig 20080808 Vers l'image]


Carcavelos - 11 heures 46
Sévère noblesse de la commerçante Gitane.
[Francis Traunig 20080807 Vers l'image]


Entre Sintra et Cascais - 18 heures 59
Aujourd’hui, se bousculent les images. Quelle fiction pour quelle réalité ? Comment relier les bribes de l’histoire du temps qui passe pour en faire une mosaïque acceptable, mosaïque-pixel des contorsions vaines de l’éphémère ?

Belles rencontres, lesquelles choisir ?

L’une d’elle :

Dans le vaste parc de Quinta da Regaleira, un palais aux styles bâtards étourdissants, entre les statues d’Hermès, de Diane et de tout le cortège mythologique, trône un lion en bronze. Une petite fille escalade le monument, poussée aux fesses par sa mère et sa grand-mère. Elles peinent. Nous nous y mettons trois pour le bonheur de la grand-mère, qui, une fois photo faite, sort de son sac à main une brassée d’images incroyables : On y voit une jeune femme tenir dans ses bras un énorme chien renversé sur le dos auquel elle caresse vigoureusement la panse pendant qu’une lionne – la scène se passe dans l’embrassure d’une porte – se dresse et écrase avec ses pattes de devant la tête de la jeune femme qui rit aux éclats.

« Cette femme c’est moi ! En Angola, en 1939 ».

Portrait de la grand-mère et de cette tranche de vie en noir et blanc.

Plus loin, plus tard, belle image :

Plage. Cinq hommes bedonnant parfaitement répartis sur un rectangle imaginaire de 2 mètres sur trois, fixent un ballon suspendu en l’air. Jambes fléchies. Un peu sur leur gauche la mer se déchaine. Deux surfeurs attendent la vague. Un autre la chevauche. Une fillette tend le bras vers un ballon bleu blanc rouge, suspendu lui aussi face à elle. Avec une raquette, une femme court après une balle, hors cadre. Des dizaines de baigneurs en groupe, seuls, en couple se découpent sur l’écume, l’eau à mi-cuisse, fixent le large.

[Francis Traunig 20080806 Vers l'image]


Lisbonne - 20 heures 25
Visage Fado à la recherche de sa musique.
[Francis Traunig 20080805 Vers l'image]


Cascais - 14 heures 07
Courir pour échapper aux morsures du soleil

Se tartiner de crème blanche et ne pas devenir rouge

Laisser courir le regard comme un jeune chien qu’on détache

Se palper le gras des mollets en regardant planer un albatros

Perdre son temps et ne plus le retrouver
[Francis Traunig 20080804 Vers l'image]


Colares - 12 heures 44
Ils marchèrent le long des falaises qui faisaient le gros dos. Au-dessus d’eux, se tenaient en équilibre, dans le vent du large, trois goélands qui observaient distraitement le groupe se réunir contre un muret pour se faire photographier. Un des goélands vira sur la droite, intrigué par les cris et les exclamations, pensant voir jaillir du groupe de la nourriture, peut-être un poisson. Mais bien vite il retourna caler dans le bleu son fuselage de plume pour rire d’y avoir cru.

Plus bas, le groupe braillait de bonheur d’être secoué par le vent qui mangeait avec son haleine de sel les côtes des falaises, festin immémorial commencé avec la naissance du soleil et qui ne trouvera sa fin qu’avec sa mort, alors que dans le même temps, avec un doigté expert, caressant les cheveux au groupe pour le distraire, Zéphyr, souffla sur le pagne de Muriel qui s’entrouvrait.

Mais qui le vit ?
[Francis Traunig 20080803 Vers l'image]


Evora - Portugal -12 heures 37
…ceux qui aimaient plus qu’ils ne l’étaient, ceux qui l’étaient et ne s’en rendaient pas compte, les malades imaginaires, les obsédés de l’au-delà, les obsédés du repentir, les obsédés de l’argent et tout son cortège de futilités, les obsédés de Dieu et de poitrines en forme de poires, ceux qui adoraient le bruit de la brise dans les feuilles des peupliers, la vie à trois et le chocolat, les femmes de cœur, ceux qui jamais n’ont su compatir, ceux qui au contraire voulaient sauver l’humanité mais n’ont jamais pu, les mangeurs de pastèques, ceux qui ne se sentaient vivants qu’en faisant souffrir, les goulus, les beaux, les poilus, ceux qui auraient tout donné pour n’aimer qu’une seule fois, les éconduits, les saintes mamans, les saintes nitouches, les comptables et les égarés du cœur,

…tous ceux-là, ici, proclament :

Réjouis-toi de la Vie ! Car plus vite que tu ne le penses tu seras ce que nous sommes.
[Francis Traunig 20080802 Vers l'image]


Toledo - 10 heures 05
Bircher de mythes.
[Francis Traunig 20080801 Vers l'image]


Lleida - 12 heurs 28
Sur la surface d’un océan de plomb brûlé par le soleil se dresse, majestueux, un immense taureau qui semble « faire de ses couilles le siège de sa vertu ».
[Francis Traunig 20080731 Vers l'image]


Barcelone - 11 heures 31
En sus du ticket d’entrée de 10 euros, 60 minutes d’attente, 2 euros par personne, pour rejoindre par ascenseur, les cimes de la Sagrada Familia et y faire de l’accro-branche spirituel.
[Francis Traunig 20080730 Vers l'image]


Entre Grenoble et Valence - 08 heures 29
En route pour le sud : petit déjeuner sur un air de Salsa dans un endroit d’un exotisme torride.
[Francis Traunig 20080729 Vers l'image]


Choulex - 14 heures 40
L'occiput sur l'inox, enfin, je suis serein comme une cuillère à café en vacances.
[Francis Traunig 20080728 Vers l'image]


Genève - 17 heures 09
Festival de générosité dans les jardins familiaux du Lignon…
[Francis Traunig 20080727 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 34
Le lac Léman tombe du ciel.
[Francis Traunig 20080726 Vers l'image]


Genève - 18 heures 57
Mais qui donc, sous le masque, se cache au fond de cet homme ? C’est une question que je me pose parce qu’il pourrait être moi en train de se poser cette même question au sujet de lui-même imaginant être un autre qui ne sait pas qui il est…
[Francis Traunig 20080725 Vers l'image]


Zurich - 13 heures 33
Troupeau de grues se chatouillant les dessous de bras.
[Francis Traunig 20080724 Vers l'image]


Genève- 17 heures 05
Pfffttt, Papaaaa, pourquoi devant cette barrière?
[Francis Traunig 20080723 Vers l'image]


Choulex -19 heures 51
Photographié un martinet dans le ciel de ma rétine fouetter la lumière crémeuse.
[Francis Traunig 20080722 Vers l'image]


Genève - 18 heures 21
Soi-même œuvre d’art, soi-même un autre que celui qui ressemble à papa, soi-même au centre de tous les regards, soi-même carte de géographie de ses propres désirs, soi-même plus que d’autres, soi-même arc-en-ciel qui parle, soi-même sans retours, soi-même touché par plus de flèches que tous les saint Sébastien réunis, soi-même vitrail de chair, soi-même usé par l’étonnement, par l’incompréhension et le papier de verre du préjugé, soi-même vieux en couleur, soi-même plus fort que rien mais pas plus qu’un colibri…
[Francis Traunig 20080721 Vers l'image]


Genève - 11 heures 44
F. en bave depuis des années – géographe, il réalise, en fin d’étude, un mémoire sur le quartier des Pâquis – les chagrins s’enchaînent aux déceptions, il erre, se met à boire, s’auto-méprise avec acharnement. Comme si sa raison, indifférente, laissait le champ libre aux émotions lui boxer le cœur.

C’est tuméfié qu’il émerge de ses nuits de foire.

Suis un con, un con, un con… elle me disait : touche-moi, moi je voulais parler, juste parler, boire un verre, je vais au poste, les flics comprendront, je veux récupérer ce qu'on m'a fait dépenser, j’ai pas les moyens, 1780 francs, il faut que je retourne dans ce bar avec quelqu’un qu’ils respectent, avec un flic, ils verront, auront les jetons, me rendront mon pognon j’en suis sûr…
[Francis Traunig 20080720 Vers l'image]


Genève - 07 heures 49
Du verbe aux actes dans la lumière douce d'un matin plein de promesses…
[Francis Traunig 20080719 Vers l'image]


Genève - 16 heures 59
Faux palmiers, reconstitution de petites places de village en carton pâte, mamans seules en soliloque avec leur poussette, copains rentiers par groupe de trois à échafauder de vains projets d’évasion pour fuir l’ennui, vendeurs abandonnés par leurs clients, meute de nettoyeurs pourchassant le désoeuvrement avec d’immenses balais… Centre commercial triste, toc, véritable machine à raboter le désir.
[Francis Traunig 20080718 Vers l'image]


Genève - 07 heures 30
[Francis Traunig 20080717 Vers l'image]


Genève - 22 heures 13
Toucher, glisser la main, s’enfiler, accueillir, s’ouvrir : festin amoureux où roucoule le bonheur consenti.

Mon œil ne voit plus que ça, dans la queue qui ondule, et veut s’inviter sans pouvoir.

Je fais une image, pauvre communion, qui glisse, se faufile, cherche le chemin de la main.

Image volée, image honteuse, je le confesse.
[Francis Traunig 20080716 Vers l'image]


Genève - 19 heures 09
Vu :

Une glace fondre avant d’être léchée

Les alpes dérouler leurs friselis de granit sur les fesses de l’horizon

Une hôtesse de l’air enfourner Jésus dans un DC 6

Le sujet s’ébrouer hors cadre

Un bateau de plusieurs centaines de tonnes glisser sur l’eau avec la grâce d’un cygne


Vénus se poser sur la lune

Des genoux vibrer dans l’air comme des glottes de sopranos

Des tombes plus vieilles que Baudelaire et ses préoccupations

L’improbable enlacer le presque rien et en rire



Une godasse bailler comme un crocodile qui a fait un mauvais rêve

Un souvenir enjamber l’enclos

Des mouettes essayer de se concilier le vent

L’œil de Dieu collé au trou de la serrure du ciel

Se pulvériser le paysage couché dans la vitesse


S’aimer le jour et la nuit
[Francis Traunig 20080715 Vers l'image]


Genève - 11 heures 33
"Le plaisir d'avoir ne vaut pas la peine d'acquérir".

Les confessions.
[Francis Traunig 20080714 Vers l'image]


Choulex - 11 heures 34
…arrêter de laisser l’image mentir impunément, mordre le fruit, Finistère de mes désirs, l’engloutir, absorber l'énergie de son soleil, être fruit, ensuite, et, jouir d’être foudroyé par le réel…

Bref, manger une nectarine.
[Francis Traunig 20080713 Vers l'image]


Genève - 10 heures 18
Comment tu vas ?

Mal…pas bien

Kes ki y a ?

J’ai peur…peur de mourir

Mais enfin, t’es ridicule, évidemment qu’on va mourir, mais pour l’instant t’es là, bien vivant.

Pour l’instant, ouais, tu peux parler toi, on voit bien que t’es pas à ma place. T’as du bol, toi, du cul, tu te rends pas compte… c’est tout.

Pas compte de quoi.

Mais fais pas chier, tu m’emmerdes !

Calme, calme. Allez, on se met là, à l’ombre, sous la Subaru, près du pneu. Tu vas me dire ce qui va pas…

Tchocc…

C’est quoi ce bruit ?

Rien, tu t’inquiètes d’un rien. Rien, c’est juste une portière qui se ferme. Raconte, allez laisse-toi aller…

Vroummm…

Merde, tirons-nous, vite, merde…



Et le pasteur Eugène Burnié s’en alla au volant de sa Subaru Justy sans même se rendre compte qu’il venait d’écraser une créature de Dieu…
[Francis Traunig 20080712 Vers l'image]


Genève - 07 heures 27
Alors voilà, il faut dire la vérité, le matin à la terrasse du café, on considère le monde - celui qui s’offre dans l’instant, celui dont on rêve - sur des critères parfois à la lisière d'un machisme à la Wolinski. A deux, régresser semble moins grave, puis passe le bonheur que l’on touche des mots à défaut de le toucher du bout des doigts ; et on se contente de ça en riant comme des désespérés qui savent que tout est perdu, et que du naufrage dont nous sommes simultanément acteurs et spectateurs, ne resteront plus que les petites cuillères avec lesquelles nous chahutions la caféine au fond de nos tasses. Tout passe donc, accrochons-nous, oui, fort, avec nos ongles de félins sur les carrosseries en pavane. Et là, au milieu de cette overdose de lucidité, après avoir trouvé la clef pour franchir la porte du décor en carton pâte qui nous cache l’horizon, un choc immense, une proclamation de la Tribune de Genève nous pétrifie : Le curé qui bénit les animaux, renverse une chèvre à Peney.

Le bonheur futile de s’ébrouer dans l’inconsistance, à l’ombre du malheur, lui bien concret, nous détend aussi sec les cordes vocales.

Non, on ne peut pas rire de tout.

Se ressaisir, s’élever, s’arracher à ce qui nous entraîne dans les ténèbres, faire face à sa pauvreté émotionnelle, arrêter de se mentir, redresser les épaules, combattre la médiocrité - comment y arriver si même les hommes d’églises écrasent les chèvres ?
[Francis Traunig 20080711 Vers l'image]


Genève - 16 heures 35
Ki promène qui…
[Francis Traunig 20080710 Vers l'image]


Genève - 18 heures 45
Philippe barbotte dans son rêve - à cheval sur lui, plutôt - un boxer 800 BMW !
[Francis Traunig 20080709 Vers l'image]


Genève - 09 heures 36
Y a t il une esthétique des masses laborieuses ? Un profil type du besogneux ? La beauté s’érode-t-elle au contact de la javel et des produits de nettoyage ? Question dangereuse que j’aimerais poser avec pudeur, question qu’a osé poser August Sander avec ses portraits typologiques…
[Francis Traunig 20080708 Vers l'image]


Genève - 11 heures 20
"Il n'y a pas que le temps qui perde la tête, voilà qu'ils mettent la plage en ville…"
[Francis Traunig 20080707 Vers l'image]


Sisteron - 13 heures 27
Couple malgré eux.
[Francis Traunig 20080706 Vers l'image]


Pernes-les-Fontaines - 18 heures 40
…la jeune fille en fuchsia pose au mariage de sa grand-mère - le quatrième - avec un de mes amis qui fut mon caporal, caporal qui fait pleurer sa vieille maman parce qu’une épouse de 68 ans, aussi jeune d’esprit soit-elle, ne pourra plus enfanter…

Koike… avec ses ressources, sa vitalité, elle pourrait encore surprendre son monde, alors que d’autres à cet âge là, déjà, se font border en maison de retraite.
[Francis Traunig 20080705 Vers l'image]


Choulex - 17 heures 38
Du bonheur d'avoir un ballon vert.
[Francis Traunig 20080704 Vers l'image]


Genève - 12 heures 58
Un banquier peut, avec un peu de finesse, si le noeud est bien noué, transgresser les codes en vigueur en laissant parler les motifs…
[Francis Traunig 20080703 Vers l'image]


Genève - 19 heures 09
Je les ai regardé un moment mouliner des bras et des pieds et me suis demandé ce qui pouvait bien les motiver alors qu’il faisait si bon être couché dans l’herbe ? Par cette abnégation, cette maîtrise du geste parfait que conjurent-ils, vers quoi tend leur quête ? Et tout à coup - un flash vraiment - j’ai vu qu’ils se battaient contre un fantôme invisible, et la sympathie m’a mis debout, m’a fait mouliner des bras et des pieds moi aussi, appareil photo tendu vers eux, à vouloir photographier ce fantôme…
[Francis Traunig 20080702 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 32
[Francis Traunig 20080701 Vers l'image]


Entre quelque part et ailleurs - 17 heures 05
A fond de train en route vers le futur..
[Francis Traunig 20080630 Vers l'image]


Genève -
Soleil et convivialité. Audace et flagornerie. Régression joyeuse et hauts talons. Panache et pitreries maîtrisées. Plongeons et police. Gâteau au chocolat et photographie. Eté et puces de canards. Musique et sauna. Jean et Flora. Entre autres et cependant. Gentillesse et cumulo-nimbus. Espagne et Allemagne. Michel et Michel. Sono parfaite, chapeau, montre Chanel au fond de la vase, eaux gazeuse, buffet, beaux sourires, ont été quelques uns des ingrédients qui ont fait des cinquantes ans de Michel une belle fête.
[Francis Traunig 20080629 Vers l'image]


Choulex - 18 heures 31
Et bardés de panneaux indicateurs portés en casquette, souvent, rêver de voyages nous suffit.

Peser le pour et le contre – larguer les amarres ? C’est le mauvais moment. Demain, oui, peut-être.

Alors attendre un peu avant de se mettre en route et rêver de départ jusqu’à en oublier la destination…
[Francis Traunig 20080628 Vers l'image]


Genève - 19 heures 04
Fêtes à ne plus savoir où donner de la tête. Les associations de tout poils organisent festivals et autres regroupements de convivialité. Les voisins se redécouvrent, les accordéons se déroulent, les fanfares exultent et les klaxons beuglent de joie.

Pendant ce temps, avec le plus grand sérieux, Berlusconi veut faire voter une loi lui garantissant l’immunité…

Pendant ce temps la météo nous annonce une journée sans nuage…

Pendant ce temps Poutine place son ex-premier ministre à la tête de gazprom, alors que l’ex-président de gazprom est placé par Poutine à la tête de l’état russe…

Pendant ce temps Justine marche enfin et confond toujours caca avec papa - du moins c’est ce que pense son père…

Et que Mugabe se fiche comme d’une guigne du processus démocratique…

Pendant ce temps on spécule sur la finale de l’Euro, on se prépare pour les jeux olympiques, on oublie le Tibet, le Darfour, merde et moi j’ai oublié que j’avais une soirée chez Guido alors que je voulais me rendre au festival des Cropettes…
[Francis Traunig 20080627 Vers l'image]


Genève - 20 heures 58
…mais l’âme alors, où elle niche ? Chez Micha, ce soir, elle affleure à la surface des yeux - poisson-chat qui fait vibrer l’onde - et clic !
[Francis Traunig 20080626 Vers l'image]


Genève - 14 heures 12
Le nombril, calligramme de notre première séparation.
[Francis Traunig 20080625 Vers l'image]


Genève - 12 heures 53
Une quiche dans la main gauche, je dégaine de la droite, appuie sur power on, vise au jugé, prie que le zigue soit dans le champ, appuie deux fois… et renoue avec le snapshot, activité probablement comparable, au niveau des sensations, avec la pêche à la mouche.
[Francis Traunig 20080624 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 03
Fauve à quinze ans!
[Francis Traunig 20080623 Vers l'image]


Genève - 21 heures 02
Le groupe rock « Ca va chier » clôt magistralement la fête de la musique en rappelant que sous tout habit de lumière on porte un slip.
[Francis Traunig 20080622 Vers l'image]


Genève - 22 heures 42
Tirs de missiles, soldats au pas de l’oie, villes dévastées, gerbes d’images de destructions balancées sur écran géant à la fête de la musique. Extraordinaire purge des angoisses de l’époque - comme si au doudou, au nounours, ou à la lolette se substituaient la clope, la bière et l’alcopop - catharsis où chacun dans sa solitude cherche la solitude de l’autre pour se sentir plus fort. Sardines en banc qui se rassurent pour échapper aux prédateurs.
[Francis Traunig 20080621 Vers l'image]


Genève - 21 heures 35
La rose s’élance vers le ciel, lui lèche les orteils.



X : « Je n’ai jamais payé pour l’amour, non jamais. Pour le sexe, oui. Mais pour l’amour, ah non ! Ça jamais… »

Réplique d’Y : « Moi, continuellement. Avec des fleurs, des livres, des repas au resto. Bien sûr, j’ai beaucoup dépensé pour être aimé…. »



Groupe d’ados. L'un d’eux parle aux autres, attentifs : « Tu fermes les yeux un soir, tu t’endors, c’est comme la mort, cent millions d’années passent, le matin tu te réveilles, t’as rien senti, tu te rends compte, c’est génial….qui a du feu ? Ma maman en a mais elle est pas là… » Au-dessus d’eux, une chauve-souris terrorise des moustiques.


Deux amoureux se glissent sous le feuillage dense d’un arbre au parc et gloussent. Une dame avec un chien en laisse observe, écoute.



Demain l’été.
[Francis Traunig 20080620 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 34
Elle tombe de sa chaise de rire. Dans l'agitation, je dégaine mon appareil, mets mon index qui trempait dans le taboulé sur l'objectif et comprends enfin comment Hamilton, le photographe de charme du siècle passé, produisait ses stupéfiants effets sirupeux.
[Francis Traunig 20080619 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 29
Dix sept ans, pique-nique, neuf cadeaux, bonne amie et retour du soleil…
[Francis Traunig 20080618 Vers l'image]


Genève - 08 heures 54
Le bonheur d'être père et fille.
[Francis Traunig 20080617 Vers l'image]


Genève - 18 heures 22
Elle semble révolue l’époque où les princesses penchées à la fenêtre du donjon attendaient qu’un charmant prince s’accroche à leur chevelure et viennent les délivrer.

Bien que je doute que cet atavisme dont on biberonne les marmots n’ait plus tout à fait cours dans l’inconscient de certains.

On oublie trop vite qu'il a fallu des millions d’années au trilobite pour devenir monobite…
[Francis Traunig 20080616 Vers l'image]


Le Môle - 16 heures 52
…pic nique sous la pluie, feu et thé, belle journée malgré le temps maussade. Ascension du Môle, 1863 mètres, à onze, chacun son rythme, chacun son sac et une seule idée pour tous, arriver au sommet de cette montagne pointue qui ressemble à un volcan…
[Francis Traunig 20080615 Vers l'image]


Carouge - 19 heures 31
Savoir rire de s’être fait tailler un string dans son drapeau !
[Francis Traunig 20080614 Vers l'image]


Genève - 14 heures 20
Et si tout notre univers - en dehors de toutes mesures concevables par la raison - était contenu dans le cœur d’une figue que mange un berger assis sur le bord d’un chemin. Berger qui en mâchant systèmes solaires et galaxies se dirait en regardant la voûte étoilée : Mais que peut-il bien y avoir au-delà des étoiles ?
[Francis Traunig 20080613 Vers l'image]


Genève - 12 heures 51
Mercedes en panne en plein milieu de la rue du Rhône, la rue marchande de tous les superlatifs de Genève. Un peu de cambouis et quelques taches d’huile sur ce tapis d’asphalte pour Rolls Royce et autres faire valoir à roulettes redonneront peut-être un peu de noblesse à cette rue dénaturée par le luxe.
[Francis Traunig 20080612 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 57
…et alors que se passe-t-il dans la tête, dans le cœur de l’insecte ? Que vaut mon monde au regard du sien ? Son instinct de survie vaut-il le mien ? Je le regarde médusé, comment me voit-il ? Comment dit-on chauve souris en langue d’insecte ? Qu’est ce que ça mange ? Comment ça fornique ? Les fleurs sont-elles son supermarché, le vent son tapis roulant ? La lune son Amérique ? Il reste beaucoup de questions irrésolues en dehors de celles que se pose Bergman sur le couple, et les savants du CERN sur l’origine de la matière…
[Francis Traunig 20080611 Vers l'image]


Genève - 18 heures 30
Panache, doutes et pourriture…
[Francis Traunig 20080610 Vers l'image]


Choulex - 19 heures 23
Cramponné au guidon d'un vélo électrique, j'essaye de semer mon fils. Sans succès. Soit la batterie est à plat. Soit c'est moi.
[Francis Traunig 20080609 Vers l'image]


Genève - 09 heures 20
Un homme lit, le Matin, le matin, commande son café, s’installe dans les news du jour, bonnes, mauvaises, question de points de vue, de frustrations, etc… Arrive sa maman, à laquelle l’homme, le fils, n’accorde qu’une molle familiarité. Entre temps la serveuse, amère, il faut que je le dise parce qu’elle en contamine tout le café, amène un café à la mère. Amère on peut le comprendre, pour être privée de la gaudriole hebdomadaire, sport favori des Suisses, le dimanche matin - du moins des agnostiques.

Maman s’incline vers son rejeton mais il la repousse avec une tendre indifférence en se replongeant dans son journal. (Je me rends compte qu’il doit être absorbé par la tragédie de la limace écrasée par le pavot, tragédie que la presse dominicale relate avec force de détails).

La scène m’émeut. L’instinct photographique foudroie mon savoir-vivre qui n’oppose qu’une molle résistance et je dégaine mon appareil que je cache derrière les pages de mon livre. Visée au juger, en déclenchant, le flash crépite, impudique et dit : COUCOU !

J’ai l’air con. Me planque derrière mon livre comme derrière un sac de sable, laisse passer la gêne, laisse mes voisins replonger dans leurs journaux, moi derrière la feuille de vigne de la nonchalance, et recommence.

L’amour des mères, merde c’est fort, l’amour des mères c’est tenace. Quand c’est pas contre les belles-filles qu’elles bataillent, c’est contre le foot, contre toutes ces activités qui les privent de l’amour de leurs rejetons.

L’amour des mères c’est beau, mais vachement dur à photographier…
[Francis Traunig 20080608 Vers l'image]


Choulex - 20 heures 37
…alors en balade dans les hauts de Choulex, sans autre intention que de ventiler mes poumons éprouvés, j’entends venir du bas-côté d’un champ de colza, une plainte, comme le sifflement d’un cœur percé. Je découvre une limace enceinte écrasée par la chute d’un pavot obèse. De toutes ses forces, le compagnon de la limace, essaye de dégager sa femelle agonisante – mais je fuis cette scène insoutenable. Je n’ai humainement plus aucune force. Ce drame me rappelle trop celui que vient de vivre l’équipe de football Suisse face au pavot tchèque qui vient de s’affaler sur son Destin…
[Francis Traunig 20080607 Vers l'image]


Genève - 18 heures 19
Le chinois n'est pas, comme on le pense trop souvent, une langue compliquée - ça fonctionne par idéogramme.
[Francis Traunig 20080606 Vers l'image]


Genève - 17 heures 50
Les censeurs les plus radicaux se débattent souvent dans la fascination de ce qu’ils combattent.
[Francis Traunig 20080605 Vers l'image]


Genève - 16 heures 04
Noyade dans l'océan argentique déchaîné.
[Francis Traunig 20080604 Vers l'image]


Genève - 15 heures 09
Rayon de soleil tombé à l'eau.
[Francis Traunig 20080603 Vers l'image]


Genève - 12 heures 07
Ondée de juin.
[Francis Traunig 20080602 Vers l'image]


Vandoeuvres - 12 heures 29
Coulisses du mariage entre raison et passion.
[Francis Traunig 20080601 Vers l'image]


Gy - 20 heures 08
Pêche aux poissons plastique, en canot moteur, dans la fontaine de la place du village - c’est tordu comme idée mais tellement drôle.
[Francis Traunig 20080531 Vers l'image]


Choulex - 21 heures 52
Sauterelle coulée dans l’éphémère gouille d'ambre numérique.
[Francis Traunig 20080530 Vers l'image]


Genève - 12 heures 11
Allez, carton rouge !

Facile.

Sans commentaires. Pas d'amalgames. Se prémunir des préjugés. Non, c'