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 6 janvier 2010 - Max Jacot - quand j'aspirerais la lumière il n'entrerait dans ma poitrine ni froid ni chaud
 7 janvier 2010 - Max Jacot - je pourrais avoir perdu la vue et, touchant avec mes mains les paysages, les lieux et les gens, je les regarderais par l'effort de l'imaginaire et le travail du verbeje ne sentirais aucune lumière dans la froide disparition du jour - même les visages seraient juste "réels"
 8 janvier 2010 - Max Jacot - vers 10 heures le matin, me brossant les dents, je pourrais par la fenêtre entrouverte m'emplir la bouche de l'air humide de la ville et inventer la lumière de ce jour
 9 janvier 2010 - Max Jacot - parfois le toucher des choses me donnerait leurs couleurs
 10 janvier 2010 - Max Jacot - je pourrais avoir perdu la vue et, touchant avec mes mains les paysages, les lieux et les gens, je les regarderais par l'effort de l'imaginaire et le travail du verbe
 11 janvier 2010 - Max Jacot - à toucher la surface du papier, les mains ne pourraient évidemment pas capter les couleurs ni les ombres
 12 janvier 2010 - Max Jacot - mes mains n'y comprendraient rien - ça ne serait pas de la lumière - ça serait opaque - juste de la bêtise musclée[je pourrais avoir perdu la vue et, touchant avec mes mains les paysages…]
 13 janvier 2010 - Max Jacot - il y aurait des visages derrière des vitres - des vitres qui brisent la lumière - qui empêche d'aller vers l'image
 14 janvier 2010 - Max Jacot - certains jours de lumière morte faufileraient leur obscénité par ma peau, par la moiteur de mes mains, par mes doigts grattant mon crâne
 15 janvier 2010 - Max Jacot - pris dans le dédale des objets et des désordres le rat ou la fourmi se foutent de la lumière[je pourrais avoir perdu la vue et, touchant avec mes mains les paysages, les lieux et les gens, je les regarderais par l'effort de l'imaginaire et le travail du verbe…]
 16 janvier 2010 - Max Jacot - désenmurer les machines, les désordonner, violer leur mensonge de perfection et glisser un germe vital dans leur froideur abstraite
 17 janvier 2010 - Max Jacot - peut-être qu'un flash aurait été déclenché, mais heureusement ma pensée serait assez forte pour le nier et l'effacerl'imprécision de la lumière renforcerait l'indécision dans notre compréhension des rapports entre les corps dans l'image
 18 janvier 2010 - Max Jacot - la vibration de la lumière serait-elle née plutôt du grain de la peau des jambes ? ou du coeur des fibres du rouge merveilleux du corsage ?
 19 janvier 2010 - Max Jacot - je devrais un jour enseigner la photographie à un enfant et je lui dirais - n'écoute pas les boîtes - affronte la lumière avec tes yeux et écoute-la te parler - puis prends un crayon et dessine ce qu'elle t'a dit - quand tu seras ami avec elle peut-être pourras-tu laisser une boîte se glisser dans cette intimité en lui interdisant de faire du bruit - n'oublie pas de bientôt briser la boîte …
 20 janvier 2010 - Max Jacot - "elle est toute chaude" dirait la fille en tenant la main du garçonelle parlerait peut-être de la lumière qui les illuminerait de douceur depuis une quelconque vitrine
ou de la journée qui débuterait à deux, peut-être en partant pour l'école
ou de la pensée qui viendrait de lui traverser le corps et qu'elle pourrait très bien imaginer la même dans celui du garçon
 21 janvier 2010 - Max Jacot - je pourrais être monté au-dessus de la ville ce matin, sentir la lumière et penser aux choses invisibles
 22 janvier 2010 - Max Jacot - les aveugles pourraient acheter des peintures, des photographies, rester calmement et longuement devant elles
 23 janvier 2010 - Max Jacot - les mains de la barmaid seraient l'unique lumière
 24 janvier 2010 - Max Jacot - “le silence … le silence … dans la station balnéaire …” chantait l’homme aux souliers blancs - il y a cette présence dans la cuisine et je ne sens que silence, silence…
 25 janvier 2010 - Max Jacot - le silence des paroles n'éteind pas le rayonnement parfois bruyant des corps, le silence des yeux n’éteind pas la brûlure des regards
 26 janvier 2010 - Max Jacot - la folie des écrans brûlerait la lumière - les yeux n'iraient plus chercher l'image mais seraient violés par elle
 27 janvier 2010 - Max Jacot - les doigts - le bout des doigts - l'effleurement - peuvent-ils te donner à voir ?
 28 janvier 2010 - Max Jacot - l'imprécision … l'imprécision parlerait … l'imprécision attirerait - l'imprécision des regards que j'invente
 29 janvier 2010 - Max Jacot - le silence de la forêt dirait toutes les ombres, les noirceurs chaudes, les profondeurs floues, les reflets tièdes et sans dureté sur l'humide
 30 janvier 2010 - Max Jacot - VISIONS d'(H)OLGA serait l'histoire d'une lumière traçant des douceurs et des violences entre des boîtes et des corps
 31 janvier 2010 - Max Jacot - il serait deux heures un dimanche matin et tous ne dormiraient pas
 1 février 2010 - Max Jacot - art contemporain politique
 2 février 2010 - Max Jacot - le photographe aveugle se tairait face au modèle et le modèle ne serait regardé par aucun oeil
 3 février 2010 - Max Jacot - le bonheur confortable est mauve violacé et jaune citron - la mort est gris salefaire un don après le séisme haïtien ? la question m'a frôlé une fois ou l'autre
la honte se balade en feu follet dans mon corps quand cette pensée me traverse
les délices érotiques des regards télévisuels obscènes sur la souffrance et la mort
la bière-saucisse sucrée de celui à qui ça n'arrive jamais l'horreur
le laxatif de la bonne conscience acheté pour quelques dizaines de francs de dons
ma bite durcit un instant à l'image de la mort violente faisant agréable contraste à ma sécurité confortable
le phallus de ma perfection méritée et de ma bonté de riche s'érecte aussitôt
tout est bien dans mon monde de confort et d'autosatisfaction
il est plus que temps de songer à acheter le tout nouveau iPad de la "pomme"
document:
statistiques de diminution des aides au développement dans les budgets de la Suisse: moins 6 pourcents
 4 février 2010 - Max Jacot - journée de repos des yeux
 5 février 2010 - Max Jacot - "Melville n'a jamais réussi à se passer du truchement de la pensée et des idées."[la pensée et le réel]
 6 février 2010 - Max Jacot - rien ne serait précis, ni dans les sons, ni dans mon souvenir, ni dans les branches sans mouvement, ni dans les nuages arrêtés, ni dans ma pensée
 7 février 2010 - Max Jacot - ai-je réussi à me passer de la pensée et des idées ?
 8 février 2010 - Max Jacot - neige
 9 février 2010 - Max Jacot - "C'est un produit AOL Time Warner qui vous parle"
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 |  |  | Dès les années 80, Max Jacot, en collaboration avec Julie Sauter, constituait des images composites, montages ou mosaïques photographiques, à partir de matériaux traditionnels, négatif, papier baryte, cutter.
Aujourd'hui, impressionné par la disparition des images réelles, des décors naturels et des émotions non médiatisées, il travaille avec toutes les techniques à disposition et à partir de tous les matériaux imaginables, particulièrement ses 25 années d'archives de morceaux photographiques.
Il se pose principalement la question « à quoi servent les images ? » et travaille avec des adolescents sur leur perception intuitive de l'interaction de l'image et du vécu (atelier PhotOpera).
Max Jacot s'adonne volontiers à une réappropriation symbolique des espaces publics, monopolisés par l'image commerciale et publicitaire, en créant de fausses images d'expositions fictives. La fiction et le faux sont des outils qu'il garde toujours à portée de main.
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