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![]() 30 juin 2008 - Francis Traunig - Entre quelque part et ailleurs - 17 heures 05 A fond de train en route vers le futur.. ![]() 1 juillet 2008 - Francis Traunig - Choulex - 21 heures 32 ![]() 2 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 19 heures 09 Je les ai regardé un moment mouliner des bras et des pieds et me suis demandé ce qui pouvait bien les motiver alors qu’il faisait si bon être couché dans l’herbe ? Par cette abnégation, cette maîtrise du geste parfait que conjurent-ils, vers quoi tend leur quête ? Et tout à coup - un flash vraiment - j’ai vu qu’ils se battaient contre un fantôme invisible, et la sympathie m’a mis debout, m’a fait mouliner des bras et des pieds moi aussi, appareil photo tendu vers eux, à vouloir photographier ce fantôme… ![]() 3 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 12 heures 58 Un banquier peut, avec un peu de finesse, si le noeud est bien noué, transgresser les codes en vigueur en laissant parler les motifs… ![]() 4 juillet 2008 - Francis Traunig - Choulex - 17 heures 38 Du bonheur d'avoir un ballon vert. ![]() 5 juillet 2008 - Francis Traunig - Pernes-les-Fontaines - 18 heures 40 …la jeune fille en fuchsia pose au mariage de sa grand-mère - le quatrième - avec un de mes amis qui fut mon caporal, caporal qui fait pleurer sa vieille maman parce qu’une épouse de 68 ans, aussi jeune d’esprit soit-elle, ne pourra plus enfanter… Koike… avec ses ressources, sa vitalité, elle pourrait encore surprendre son monde, alors que d’autres à cet âge là, déjà, se font border en maison de retraite. ![]() 6 juillet 2008 - Francis Traunig - Sisteron - 13 heures 27 Couple malgré eux. ![]() 7 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 11 heures 20 "Il n'y a pas que le temps qui perde la tête, voilà qu'ils mettent la plage en ville…" ![]() 8 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 09 heures 36 Y a t il une esthétique des masses laborieuses ? Un profil type du besogneux ? La beauté s’érode-t-elle au contact de la javel et des produits de nettoyage ? Question dangereuse que j’aimerais poser avec pudeur, question qu’a osé poser August Sander avec ses portraits typologiques… ![]() 9 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 45 Philippe barbotte dans son rêve - à cheval sur lui, plutôt - un boxer 800 BMW ! ![]() 10 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 16 heures 35 Ki promène qui… ![]() 11 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 27 Alors voilà, il faut dire la vérité, le matin à la terrasse du café, on considère le monde - celui qui s’offre dans l’instant, celui dont on rêve - sur des critères parfois à la lisière d'un machisme à la Wolinski. A deux, régresser semble moins grave, puis passe le bonheur que l’on touche des mots à défaut de le toucher du bout des doigts ; et on se contente de ça en riant comme des désespérés qui savent que tout est perdu, et que du naufrage dont nous sommes simultanément acteurs et spectateurs, ne resteront plus que les petites cuillères avec lesquelles nous chahutions la caféine au fond de nos tasses. Tout passe donc, accrochons-nous, oui, fort, avec nos ongles de félins sur les carrosseries en pavane. Et là, au milieu de cette overdose de lucidité, après avoir trouvé la clef pour franchir la porte du décor en carton pâte qui nous cache l’horizon, un choc immense, une proclamation de la Tribune de Genève nous pétrifie : Le curé qui bénit les animaux, renverse une chèvre à Peney. Le bonheur futile de s’ébrouer dans l’inconsistance, à l’ombre du malheur, lui bien concret, nous détend aussi sec les cordes vocales. Non, on ne peut pas rire de tout. Se ressaisir, s’élever, s’arracher à ce qui nous entraîne dans les ténèbres, faire face à sa pauvreté émotionnelle, arrêter de se mentir, redresser les épaules, combattre la médiocrité - comment y arriver si même les hommes d’églises écrasent les chèvres ? ![]() 12 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 10 heures 18 Comment tu vas ? Mal…pas bien Kes ki y a ? J’ai peur…peur de mourir Mais enfin, t’es ridicule, évidemment qu’on va mourir, mais pour l’instant t’es là, bien vivant. Pour l’instant, ouais, tu peux parler toi, on voit bien que t’es pas à ma place. T’as du bol, toi, du cul, tu te rends pas compte… c’est tout. Pas compte de quoi. Mais fais pas chier, tu m’emmerdes ! Calme, calme. Allez, on se met là, à l’ombre, sous la Subaru, près du pneu. Tu vas me dire ce qui va pas… Tchocc… C’est quoi ce bruit ? Rien, tu t’inquiètes d’un rien. Rien, c’est juste une portière qui se ferme. Raconte, allez laisse-toi aller… Vroummm… Merde, tirons-nous, vite, merde… … Et le pasteur Eugène Burnié s’en alla au volant de sa Subaru Justy sans même se rendre compte qu’il venait d’écraser une créature de Dieu… ![]() 13 juillet 2008 - Francis Traunig - Choulex - 11 heures 34 …arrêter de laisser l’image mentir impunément, mordre le fruit, Finistère de mes désirs, l’engloutir, absorber l'énergie de son soleil, être fruit, ensuite, et, jouir d’être foudroyé par le réel… Bref, manger une nectarine. ![]() 14 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 11 heures 33 "Le plaisir d'avoir ne vaut pas la peine d'acquérir". Les confessions. ![]() 15 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 19 heures 09 Vu : Une glace fondre avant d’être léchée Les alpes dérouler leurs friselis de granit sur les fesses de l’horizon Une hôtesse de l’air enfourner Jésus dans un DC 6 Le sujet s’ébrouer hors cadre Un bateau de plusieurs centaines de tonnes glisser sur l’eau avec la grâce d’un cygne Vénus se poser sur la lune Des genoux vibrer dans l’air comme des glottes de sopranos Des tombes plus vieilles que Baudelaire et ses préoccupations L’improbable enlacer le presque rien et en rire Une godasse bailler comme un crocodile qui a fait un mauvais rêve Un souvenir enjamber l’enclos Des mouettes essayer de se concilier le vent L’œil de Dieu collé au trou de la serrure du ciel Se pulvériser le paysage couché dans la vitesse S’aimer le jour et la nuit ![]() 16 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 22 heures 13 Toucher, glisser la main, s’enfiler, accueillir, s’ouvrir : festin amoureux où roucoule le bonheur consenti. Mon œil ne voit plus que ça, dans la queue qui ondule, et veut s’inviter sans pouvoir. Je fais une image, pauvre communion, qui glisse, se faufile, cherche le chemin de la main. Image volée, image honteuse, je le confesse. ![]() 17 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 30 ![]() 18 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 16 heures 59 Faux palmiers, reconstitution de petites places de village en carton pâte, mamans seules en soliloque avec leur poussette, copains rentiers par groupe de trois à échafauder de vains projets d’évasion pour fuir l’ennui, vendeurs abandonnés par leurs clients, meute de nettoyeurs pourchassant le désoeuvrement avec d’immenses balais… Centre commercial triste, toc, véritable machine à raboter le désir. ![]() 19 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 49 Du verbe aux actes dans la lumière douce d'un matin plein de promesses… ![]() 20 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 11 heures 44 F. en bave depuis des années – géographe, il réalise, en fin d’étude, un mémoire sur le quartier des Pâquis – les chagrins s’enchaînent aux déceptions, il erre, se met à boire, s’auto-méprise avec acharnement. Comme si sa raison, indifférente, laissait le champ libre aux émotions lui boxer le cœur. C’est tuméfié qu’il émerge de ses nuits de foire. Suis un con, un con, un con… elle me disait : touche-moi, moi je voulais parler, juste parler, boire un verre, je vais au poste, les flics comprendront, je veux récupérer ce qu'on m'a fait dépenser, j’ai pas les moyens, 1780 francs, il faut que je retourne dans ce bar avec quelqu’un qu’ils respectent, avec un flic, ils verront, auront les jetons, me rendront mon pognon j’en suis sûr… ![]() 21 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 21 Soi-même œuvre d’art, soi-même un autre que celui qui ressemble à papa, soi-même au centre de tous les regards, soi-même carte de géographie de ses propres désirs, soi-même plus que d’autres, soi-même arc-en-ciel qui parle, soi-même sans retours, soi-même touché par plus de flèches que tous les saint Sébastien réunis, soi-même vitrail de chair, soi-même usé par l’étonnement, par l’incompréhension et le papier de verre du préjugé, soi-même vieux en couleur, soi-même plus fort que rien mais pas plus qu’un colibri… ![]() 22 juillet 2008 - Francis Traunig - Choulex -19 heures 51 Photographié un martinet dans le ciel de ma rétine fouetter la lumière crémeuse. ![]() 23 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève- 17 heures 05 Pfffttt, Papaaaa, pourquoi devant cette barrière? ![]() 24 juillet 2008 - Francis Traunig - Zurich - 13 heures 33 Troupeau de grues se chatouillant les dessous de bras. ![]() 25 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 57 Mais qui donc, sous le masque, se cache au fond de cet homme ? C’est une question que je me pose parce qu’il pourrait être moi en train de se poser cette même question au sujet de lui-même imaginant être un autre qui ne sait pas qui il est… ![]() 26 juillet 2008 - Francis Traunig - Choulex - 21 heures 34 Le lac Léman tombe du ciel. ![]() 27 juillet 2008 - Francis Traunig - Genève - 17 heures 09 Festival de générosité dans les jardins familiaux du Lignon… ![]() 28 juillet 2008 - Francis Traunig - Choulex - 14 heures 40 L'occiput sur l'inox, enfin, je suis serein comme une cuillère à café en vacances. ![]() 29 juillet 2008 - Francis Traunig - Entre Grenoble et Valence - 08 heures 29 En route pour le sud : petit déjeuner sur un air de Salsa dans un endroit d’un exotisme torride. ![]() 30 juillet 2008 - Francis Traunig - Barcelone - 11 heures 31 En sus du ticket d’entrée de 10 euros, 60 minutes d’attente, 2 euros par personne, pour rejoindre par ascenseur, les cimes de la Sagrada Familia et y faire de l’accro-branche spirituel. ![]() 31 juillet 2008 - Francis Traunig - Lleida - 12 heurs 28 Sur la surface d’un océan de plomb brûlé par le soleil se dresse, majestueux, un immense taureau qui semble « faire de ses couilles le siège de sa vertu ». ![]() 1 août 2008 - Francis Traunig - Toledo - 10 heures 05 Bircher de mythes. ![]() 2 août 2008 - Francis Traunig - Evora - Portugal -12 heures 37 …ceux qui aimaient plus qu’ils ne l’étaient, ceux qui l’étaient et ne s’en rendaient pas compte, les malades imaginaires, les obsédés de l’au-delà, les obsédés du repentir, les obsédés de l’argent et tout son cortège de futilités, les obsédés de Dieu et de poitrines en forme de poires, ceux qui adoraient le bruit de la brise dans les feuilles des peupliers, la vie à trois et le chocolat, les femmes de cœur, ceux qui jamais n’ont su compatir, ceux qui au contraire voulaient sauver l’humanité mais n’ont jamais pu, les mangeurs de pastèques, ceux qui ne se sentaient vivants qu’en faisant souffrir, les goulus, les beaux, les poilus, ceux qui auraient tout donné pour n’aimer qu’une seule fois, les éconduits, les saintes mamans, les saintes nitouches, les comptables et les égarés du cœur, …tous ceux-là, ici, proclament : Réjouis-toi de la Vie ! Car plus vite que tu ne le penses tu seras ce que nous sommes. ![]() 3 août 2008 - Francis Traunig - Colares - 12 heures 44 Ils marchèrent le long des falaises qui faisaient le gros dos. Au-dessus d’eux, se tenaient en équilibre, dans le vent du large, trois goélands qui observaient distraitement le groupe se réunir contre un muret pour se faire photographier. Un des goélands vira sur la droite, intrigué par les cris et les exclamations, pensant voir jaillir du groupe de la nourriture, peut-être un poisson. Mais bien vite il retourna caler dans le bleu son fuselage de plume pour rire d’y avoir cru. Plus bas, le groupe braillait de bonheur d’être secoué par le vent qui mangeait avec son haleine de sel les côtes des falaises, festin immémorial commencé avec la naissance du soleil et qui ne trouvera sa fin qu’avec sa mort, alors que dans le même temps, avec un doigté expert, caressant les cheveux au groupe pour le distraire, Zéphyr, souffla sur le pagne de Muriel qui s’entrouvrait. Mais qui le vit ? |
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Francis Traunig partage son temps entre la photographie et son magasin de confection masculine dans le quartier genevois des Pâquis. Dans le cadre du projet d’une photographie par jour, l’actualité, la vie privée et les couleurs de l’humeur sont mis en mots, de manière éclatée et fragmentaire, parfois en rapport avec l’image du jour, parfois totalement décalés. Ce sont entremêlements de citations, de déclarations lues dans la presse et de bons mots cueillis au vol, juxtaposés avec les images qui produisent cette mosaïque d’instants anachroniques. Avec la volonté de partager son regard avec tous ceux pour qui photographier c’est produire du lien. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||