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![]() 7 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 12 heures 18 La photographie de presse au risque de l’exposition un exemple à Gaza : Steeve Iuncker. Peut-on faire d’un témoignage journalistique une œuvre d’art ? Où est la frontière entre voyeurisme et témoignage ? etc… superbe expo-réflexion de Steeve ! ![]() 8 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 09 heures 55 Bébert est de retour dans le quartier. Avec son ami Pirate, ils terrorisaient les cercles portugais et espagnols en brandissant un revolver. Un jour de bousculade, un coup part, et Pirate s'effondre. Il s'est tiré dans le ventre. ![]() 9 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 35 Des centaines d'abeilles élisent domicile en pleine ville de Genève, accrochées au cadre d'un vélo, devant un restaurant chinois. ![]() 10 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 17 heures 19 Faire fumer la braise du désir n'est pas dangereux pour la santé. ![]() 11 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 28 La lumière enflamme la couleur, la réveille et des centaines d'insectes se jettent dans ce feu, butinent, pollinisent, disséminent la semence de la fleur, organe génital de la plante tendue vers le ciel. Nous perpétuons la vie avec moins de panache et le plus souvent dans l’ombre. ![]() 12 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 19 heures 39 Tonino, le roi de la pizza, recevra ce soir di Laurentis, le roi des producteurs de peplum. Mon seul ami berlusconien en tire une fierté qu'il souhaiterait partager avec le monde. Voilà qui est fait! En toute modestie, bien sûr. ![]() 13 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 10 heures 57 Opération vide grenier dans le petit village de Choulex où les objets les plus incongrus sont en vente pour une bouchée de pain, avant de replonger dans les ténèbres d'une cave humide ou d'un grenier poussiéreux jusqu'à l’année prochaine. ![]() 14 mai 2007 - Francis Traunig - A -35 - Colmar Ciel immense, océan en furie tête en bas, qui fait couiner la station service comme un petit chien de salon apeuré. ![]() 15 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 16 Valet de ferme - on ne dit plus valet ? c’est politiquement incorrect ? que faut-il écrire ? technicien agricole ? bref - ce monsieur, joyeux, malgré ce que pourrait faire penser ce portrait, parce que pour lui poser c’est solennel, on ne rigole pas - ce monsieur, après avoir travaillé dur dans les champs, harnaché comme un officier de cavalerie, (dommage, on ne voit pas ses bottes sur la photo), vient rendre visite à Marilyne avec une dévotion de pèlerin. ![]() 16 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 23 heures 42 40 ans ! Techno soirée avec concert de marteaux piqueur. L’énergie va jaillir, on va se remuer, se débattre, ça va donner, on va déflorer les bouteilles de champagne, faire glousser les goulots, on va se faire mousser les hormones en se reniflant, en s’enlaçant des yeux, on va noyer dans l'alcool nos vessies, à s’affoler le carrousel de la conversation, ça va faire déborder les urinoirs, sans limites, célébrer le rouge des lèvres, s’éclater la libido contre les faux plafonds. Sur la piste de danse, chacun, seul, remue comme une algue dans le ressac.L’un crie pour se convaincre : « C’est la fêêêêêête ! ». ![]() 17 mai 2007 - Francis Traunig - Mategnin - 17 heures 28 Je sais des limaces si peu, sinon qu'elles aiment la pluie et les salades - et peut-être que, par manque de curiosité, je me prive de la richesse d’un monde insoupçonné ? ![]() 18 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 23 Lorsqu’une entreprise engage un patron, s’il n’atteint pas ses objectifs, elle le vire. Lorsqu’un politicien ne tient pas ses promesses, on devrait faire pareil. Cette proposition confirme l’infection des institutions démocratiques par l’économie de marché et de ses procédés. C’en est affligeant. Mais à la réflexion ça empêcherait tout un troupeau de séducteurs hypocrites incompétents aux egos hypertrophiés, de briguer les affaires de l’état. Et on n’aurait pas eu à supporter la misérable fin de carrière de Dédé à la mairie de Genève. ![]() 19 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 42 J’écoute la TSR, peut-être France Culture, ne m’en souviens plus, où j’apprends que le peintre Claude Monet souffrait d’un trouble de la vision qui a progressivement dégradé sa vue, (affirmation péremptoire d’un ophtalmologue américain relayée par les médias) et qui expliquerait en partie la naissance de l’impressionnisme. Un trouble de la vue aurait donné naissance à un mouvement pictural subversif !?! Je pisse de rire, et d’imaginer le prétentieux scientifique faire de la paléontologie avec l’iris empoussiéré de Monet, lui-même largement boulotté par les vers, et de ce que l’information relaye comme conneries pour faire son beurre, et en tartiner ses auditeurs. Cet échafaudage de supputations me ramène à hier soir, à la sortie du parking, où une plainte grinçante, celle d’un animal à l’agonie, me pétrifia. Je tends l’oreille, sidéré par l’obstiné va et vient de ce grincement inhumain et me rends subitement compte qu’il s’agit de quelqu’un entrain de jouir dans le petit immeuble jouxtant le parking communal. Je pense immédiatement à la voisine du deuxième, que Bernard avait vu depuis son jardin, furieusement accouplée, accrochée au cadre de sa fenêtre. Je m’arrache à mon trouble et décide, avec la discrétion du furet, d’aller me poster sous cette fenêtre qui fait fantasmer la moitié du village. J’y arrive. Elle est fermée. J’entends un rire. Le grincement cesse. C’était celui de la balançoire du terrain de jeu. « Monet se passionne pour les métamorphoses du ciel, les moires de l’eau, tout ce qui n’a pas de forme arrêtée ». Moi aussi ! ![]() 20 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 14 heures 45 Il y a 471 ans que la Réforme est née, soit 9 virgule 057 fois l’âge de Christine qui enlève un petit caillou de sa chaussure. Ca nous paraît si loin ; mes yeux pourtant ont vu des yeux qui ont vu des yeux le dix huitième siècle naître. Je veux dire plus clairement qu’à l’âge de six ans, j’étais sur les genoux de mon arrière grand-mère, qui elle a été sur les genoux d’une arrière grand-mère qui avait été contemporaine du règne de Louis XVI. Cette arrière grand-mère-là a probablement été sur les genoux d’une arrière grand-mère qui entendit parler des réformateurs. L’histoire est à portée de regards, elle brille dans nos yeux. Le mouvement réformateur dont Calvin, humaniste, théologien, orateur de talent est l’un des artisans les plus acharnés, est célébré aujourd’hui devant la cathédrale dans un tourbillon de ferveur œcuménique. Plutôt que d’encenser la mémoire de ce grand chef théocratique, il serait légitime de redonner leur place à ses détracteurs. A Sébastien Castellion en particulier. Pour des raisons de dialectique religieuse, Calvin aura fait brûler trente cinq personnes, il en aura pendu treize, et décapité dix… et ainsi rendu stérile l’essor de l’art sous toutes ses formes pendant plus de deux siècles. Petit caillou coincé dans nos semelles. ![]() 21 mai 2007 - Francis Traunig - Gland - 09 heures 29 Avec Harold, séduit par une bille de cèdre dans un entrepôt à Gland ! ![]() 22 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 18 heures 59 Avaler le soleil qui a fait pousser le blé en mangeant la tranche de pain! ![]() 23 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 22 heures 42 Suite à la mort de son frère, Anne nous lit, aux lectures publiques, ses fragments de deuil : "Jamais n'est jamais sûr". Dans la rampe d’accès au garage communal, nichait une hirondelle. Elle a été écrasée par une voiture. Pizza avec 5 femmes qui racontent leur atelier d’écriture érotique. Un homme en marcel, sur un vélomoteur, pousse un cri de victoire et disparaît. Il a fait presque trente degrés aujourd’hui. Et jamais, n’est jamais sûr ! ![]() 24 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 01 Exclusion ! ![]() 25 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 17 heures 27 Jamais, en me levant ce matin, je n'aurais imaginé faire la rencontre d'une jeune fille au sourire crémeux, déguisée en pot Nivea, ![]() 26 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 18 heures 09 A poil les esprits mal tournés! ![]() 27 mai 2007 - Francis Traunig - Porto - 17 heures 53 Imaginez un bâtiment de 200 mètres de long collé contre une colline en granit dans laquelle s’engouffre un tunnel - c’est la gare en cul de sac de Porto, une des plus belles gare du monde. Emporté par la majesté du projet, l’architecte a oublié de prévoir des guichets. (C’est le bâtiment au fond à droite !) ![]() 28 mai 2007 - Francis Traunig - Porto - 20 heures 20 Au Portugal, avec le salaire minimum - smic - on peut se payer 300 litres de super par mois. C’est vrai que c’est l’essence la plus chère d’Europe, deux francs cinquante le litre, et c’est vrai aussi que sept cent cinquante francs mensuel c’est toujours mieux que les cent trente cinq francs que touche l’ouvrier Bulgare. En cherchant bien, on trouve toujours plus malheureux ! ![]() 29 mai 2007 - Francis Traunig - Porto - 16 heures 43 A la douane de l'aéroport de Porto : Qu’est ce que c’est ? Du miel, madame… Les règlements aériens interdisent le transport de miel. C’est pour faire plaisir à… Ca m’est égal, je dois le saisir. La fonctionnaire saisit mon pot de miel et le balance avec mépris dans un bac rejoindre un empilement de produits confisqués. A la douane de l'aéroport de Genève : La ligne rouge Maaadame ! Retournez derrière la ligne rouge. Je regarde le douanier, qui tient mon passeport, faire deux choses à la fois : me contrôler, et avoir l’œil sur les suivants. Je lui souris. Lui pas. Et me dit : Vous aussi, la prochaine fois, vous ne dépasserez pas la ligne rouge. Allez-y ! ![]() 30 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 36 Le temps des cerises, enfin! ![]() 31 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 20 heures 56 L'éducation fait son cirque au parc des Bastions le 8 9 et 10 juin. Animations, concerts, etc… Informations sur le thème d'une éducation solide, soit : savoir écouter, prendre le temps, encourager, mettre des limites, amener à l'autonomie, montrer ses sentiments, accepter le conflit, et donner beaucoup d'amour. ![]() 1 juin 2007 - Francis Traunig - Genève - 17 heures 19 ![]() 2 juin 2007 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 58 Article sur Monet dans le journal Libération de ce matin, lu sur la terrasse de Cartier à la rue Voltaire, mars s’est invité en juin, dis-je au serveur qui m’amène le café, et juillet en avril me répond-t-il. On n’a pas grand-chose d’autre à se dire. Passe un père et son fils, ils se tiennent par la main, tout juste, tellement l’un est grand et l’autre petit, suivis de la mère vingt pas derrière accompagnée de sa fille qui trottine joyeusement. Elle lui parle l’anglais avec un accent américain pâteux et ne peut s’empêcher, à ma hauteur de m’adresser un sourire, toc, un sourire à la mormon, un de ces sourires bouclier à l’américaine, héritage d’importation du puritanisme batave qui dit : reste à ta place, moi je reste à la mienne (c’est Dieu qui me l’a enseigné - aime ton prochain, etc..) et les vaches seront bien gardées. Je serre les dents, agacé. Elle doit se dire : ils sont cons ces Suisses, aussi froids que leurs glaciers qui rétrécissent. Je m’en fous, replonge dans l’article sur Monet, lis : « Mon atelier, c’est ceci… » dit Monet en montrant les collines, la seine, à un journaliste qui lui demandait pourquoi il n’avait jamais eu d’atelier. Un beuglement me redresse, devant moi un jeune couple affalé l’un sur l’autre accoste un homme qui pousse un vélo. « Vous saviez que je sortais avec un enculé de sa race, vous le saviez !?!? ». Un moineau alors s’empare de mon croissant, profitant de mon inattention, tire dessus comme un forcené, il est beaucoup trop grand pour lui, beaucoup trop lourd…Tsst ! Tsst ! et s’envole dans le ciel de ce jour si vaste avec une miette dans le bec… ![]() 3 juin 2007 - Francis Traunig - Choulex - 12 heures 27 ![]() 4 juin 2007 - Francis Traunig - Genève - 10 heures 22 ![]() 5 juin 2007 - Francis Traunig - Nagold - Stuttgart 14 heures 40 Pissoirs de restoroute à 1 franc. Voilà une idée géniale : taxer la production urinaire ! Un joli panneau fleuri célèbre les économies d’eau du pissoir à sec qui prétend contribuer, bla, bla, bla, à la sauvegarde de la planète, bla, bla, bla. Je les suspecte plutôt de vouloir économiser les factures de flotte à la fin du mois. ![]() 6 juin 2007 - Francis Traunig - Quelque part - 19 heures Qu’est ce qu’une belle image ? Autant qu’il y a de nuages dans le ciel ! Qu’est ce qu’il faut attendre d’un bon photographe ? Qu’il ose lâcher le guidon de son vélo devant un policier ! Qu’est ce que l’esthétique ? Voir dans la forme d’une ciboire, les fesses de sa bonne amie ! La photo rend-t-elle aimable ? Plus con comme question tu meurs ! Nikon ou Canon ? Ricoh, c’est bien, Caran d'Ache c’est mieux ! ![]() 7 juin 2007 - Francis Traunig - Genève - 19 heures 33 Les dirigeants du G8 sont parvenus à un accord "fructueux" sur la lutte contre le changement climatique. Ils ont convenu d'"envisager" une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50% d'ici 2050, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. Les altermondialistes réunis au "sommet des pauvres" au Mali ont entamé un débat sur la dette, l'économie, l'immigration et des promesses non tenues du G8. Le sommet, ouvert lundi, se poursuit jusqu'à jeudi en parallèle à celui du G8. ![]() 8 juin 2007 - Francis Traunig - Genève - 22 heures 20 Clown aux yeux rouges, voix du BEAU LAC DE BALE, qui fait onduler le clapotis de la nostalgie dans le public, principalement composé de vieux crabes : ça fait trente ans que ce groupe tient le haut du pavé de la scène rock de Calvingrad ! Avec une joyeuse énergie, toujours. ![]() 9 juin 2007 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 03 Malin le coquelicot qui utilise le bourdon dans sa stratégie de pollinisation ! ![]() 10 juin 2007 - Francis Traunig - Choulex - 16 heures 52 |
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Francis Traunig partage son temps entre la photographie et son magasin de confection masculine dans le quartier genevois des Pâquis. Dans le cadre du projet d’une photographie par jour, l’actualité, la vie privée et les couleurs de l’humeur sont mis en mots, de manière éclatée et fragmentaire, parfois en rapport avec l’image du jour, parfois totalement décalés. Ce sont entremêlements de citations, de déclarations lues dans la presse et de bons mots cueillis au vol, juxtaposés avec les images qui produisent cette mosaïque d’instants anachroniques. Avec la volonté de partager son regard avec tous ceux pour qui photographier c’est produire du lien. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||