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![]() 19 avril 2007 - Francis Traunig - Genève - 13 heures 21 "L'éducation ce n'est pas ce qu'on a fait de toi. C'est ce que tu fais de ce que tu penses qu'on a fait de toi." Anonyme ![]() 20 avril 2007 - Francis Traunig - Amsterdam - 23 heures 34 Dans les avions, dans les trains, bientôt on voyagera à la verticale pour gagner de la place. Aux contrôles de sécurité, pour éviter d'engorger la fluidité du trafic passager en enlevant à chaque fois vestes, chaussures et ceintures, on nous fera voyager nus. Les services de contrôles n'auront ainsi plus qu'à nous mettre un doigt dans le cul pour voir si nous ne transportons pas de substances prohibées par les réglements aériens censés garantir le confort des passagers. ![]() 21 avril 2007 - Francis Traunig - Amsterdam - Les joyeux lurons de la petite agence Rezo à la remise du world press à Nicolas pour une série d'images prises au Turkménistan. ![]() 22 avril 2007 - Francis Traunig - Amsterdam - 18 heures I am sterdam! ![]() 23 avril 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 42 La forme stylisée de coeur que l'on dessine communément pour l'adresser à celui ou celle que l'on aime est inspirée par la feuille du tilleul. ![]() 24 avril 2007 - Francis Traunig - Nyon - 19 heures 23 La joie de Nathalie d’avoir remporté le prix Georges Nicole 2007 pour son premier roman Exit Adonis - Campiche éditeur - en vente dans les meilleures librairies. ![]() 25 avril 2007 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 32 L’idée de sauver un hérisson rencontré en pleine ville à l’aube les rend euphoriques et semble donner du sens à la nuit blanche qu’ils ont passée en boîte. ![]() 26 avril 2007 - Francis Traunig - Genève - 08 heures 11 Petit-déjeuner royal aux Bains des Pâquis. Bircher, tartines, café et jus d’orange. C’est le moment où le soleil se jette dans le ciel, inonde la rade, organise le bal des reflets et des ombres, allume des incendies sur les façades vitrées des immeubles. La cathédrale brûle dans la lumière. Arrive François, gouailleur, qui offre un express, emmanche, badin, la conversation au sujet du menuet Sarko-Ségo. Une escadrille de canards brasse vigoureusement l’air, nous survole, en route vers une destination connue d’eux seuls. La conversation glisse alors des élections françaises vers celles, locales, de ce prochain week-end. Arrive notre ami John, éblouit d’être vivant, sa joie nous ravit. On parle du pouvoir en croquant dans les tartines de miel qui nous coulent sur les doigts, de nos potes, de nos connaissances, nos camarades de préau avec lesquels nous jouions aux billes, et qui briguent maintenant des responsabilités à la tête de l’état. « De Dieu, jamais, jamais ma place contre la leur… » lance François. Je tire une salve d’anecdotes à leur sujet, anecdotes qui s’éparpillent avec un bruit de gravier qu’on jette dans l’eau. Arrive Jean. Nous sommes éblouis par deux canards mâles qui prennent du bon temps, je leur demande de poser pour moi. Et voilà à quoi me sert la photographie : fixer l’instant dans un présent éternel avant que chacun ne soit happé à nouveau par sa trajectoire… ![]() 27 avril 2007 - Francis Traunig - Genève - 10 heures 26 Il y a plus de cinquante ans, Max Muller, responsable financier d'une compagnie de génie civile en Colombie, était chargé de distribuer les salaires aux employés. Les risques liés à sa fonction lui donnaient le droit d’être armé. De cette époque aventureuse lui restent : un souvenir heureux, (jamais il ne tira autrement qu’à l’entraînement), et son pistolet à barillet. Aujourd'hui à la retraite il déclare ne plus avoir besoin de son arme et me confie vouloir me léguer sa pétoire à sa mort. Je suis touché! Mais je ne lui ai jamais avoué avoir fait de la prison pour avoir refusé de tirer à l’armée. Un psychiatre militaire m’avait demandé, supposant un corollaire direct lié à ce refus, si je me masturbais. ![]() 28 avril 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 50 Etre insecte, se rouler dans le pollen et se faire exploser les neurones avec les parfums de l'iris ! ![]() 29 avril 2007 - Francis Traunig - Vaudoeuvres - 16 heures 17 Virage à gauche à Genève aux élections des exécutifs communaux ce week end. ![]() 30 avril 2007 - Francis Traunig - Genève - 10 heures 19 Contenir, juguler, brider, castrer l'exubérance : une spécialité issue du calvinisme. ![]() 1 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 15 heures 15 Si Jésus nous revenait, serait-il syndiqué ? ![]() 2 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 14 heures 42 ![]() 3 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 19 heures 12 Le bio carburant, énergie d'avenir! Pas d'après Monsieur Peter Brabeck, parce que ça fera monter le prix du maïs et Nestlé ne pourra plus entuber les producteurs en leur offrant des cacachouètes pour fabriquer ses cornflakes. Mais comme Brabeck est un grand malin, il se peut qu’un jour Nestlé nous vende du carburant de cornflakes en caspule. ![]() 4 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 29 Philémon adore les bananes, il mange même la peau. ![]() 5 mai 2007 - Francis Traunig - Genève 17 heures Aspasie, une association de défense des droits des prostituées, fête ses 25 ans à la rue de Monthoux, baptisée pour l'occasion Rue Grisélidis Réal. ![]() 6 mai 2007 - Francis Traunig - Longirod - 16 heures 47 La vie de cet homme assis sur son vélomoteur est bien plus romanesque que tous les mots du Larousse mêlés à de la vodka dans un shaker. ![]() 7 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 12 heures 18 La photographie de presse au risque de l’exposition un exemple à Gaza : Steeve Iuncker. Peut-on faire d’un témoignage journalistique une œuvre d’art ? Où est la frontière entre voyeurisme et témoignage ? etc… superbe expo-réflexion de Steeve ! ![]() 8 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 09 heures 55 Bébert est de retour dans le quartier. Avec son ami Pirate, ils terrorisaient les cercles portugais et espagnols en brandissant un revolver. Un jour de bousculade, un coup part, et Pirate s'effondre. Il s'est tiré dans le ventre. ![]() 9 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 35 Des centaines d'abeilles élisent domicile en pleine ville de Genève, accrochées au cadre d'un vélo, devant un restaurant chinois. ![]() 10 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 17 heures 19 Faire fumer la braise du désir n'est pas dangereux pour la santé. ![]() 11 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 28 La lumière enflamme la couleur, la réveille et des centaines d'insectes se jettent dans ce feu, butinent, pollinisent, disséminent la semence de la fleur, organe génital de la plante tendue vers le ciel. Nous perpétuons la vie avec moins de panache et le plus souvent dans l’ombre. ![]() 12 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 19 heures 39 Tonino, le roi de la pizza, recevra ce soir di Laurentis, le roi des producteurs de peplum. Mon seul ami berlusconien en tire une fierté qu'il souhaiterait partager avec le monde. Voilà qui est fait! En toute modestie, bien sûr. ![]() 13 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 10 heures 57 Opération vide grenier dans le petit village de Choulex où les objets les plus incongrus sont en vente pour une bouchée de pain, avant de replonger dans les ténèbres d'une cave humide ou d'un grenier poussiéreux jusqu'à l’année prochaine. ![]() 14 mai 2007 - Francis Traunig - A -35 - Colmar Ciel immense, océan en furie tête en bas, qui fait couiner la station service comme un petit chien de salon apeuré. ![]() 15 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 18 heures 16 Valet de ferme - on ne dit plus valet ? c’est politiquement incorrect ? que faut-il écrire ? technicien agricole ? bref - ce monsieur, joyeux, malgré ce que pourrait faire penser ce portrait, parce que pour lui poser c’est solennel, on ne rigole pas - ce monsieur, après avoir travaillé dur dans les champs, harnaché comme un officier de cavalerie, (dommage, on ne voit pas ses bottes sur la photo), vient rendre visite à Marilyne avec une dévotion de pèlerin. ![]() 16 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 23 heures 42 40 ans ! Techno soirée avec concert de marteaux piqueur. L’énergie va jaillir, on va se remuer, se débattre, ça va donner, on va déflorer les bouteilles de champagne, faire glousser les goulots, on va se faire mousser les hormones en se reniflant, en s’enlaçant des yeux, on va noyer dans l'alcool nos vessies, à s’affoler le carrousel de la conversation, ça va faire déborder les urinoirs, sans limites, célébrer le rouge des lèvres, s’éclater la libido contre les faux plafonds. Sur la piste de danse, chacun, seul, remue comme une algue dans le ressac.L’un crie pour se convaincre : « C’est la fêêêêêête ! ». ![]() 17 mai 2007 - Francis Traunig - Mategnin - 17 heures 28 Je sais des limaces si peu, sinon qu'elles aiment la pluie et les salades - et peut-être que, par manque de curiosité, je me prive de la richesse d’un monde insoupçonné ? ![]() 18 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 07 heures 23 Lorsqu’une entreprise engage un patron, s’il n’atteint pas ses objectifs, elle le vire. Lorsqu’un politicien ne tient pas ses promesses, on devrait faire pareil. Cette proposition confirme l’infection des institutions démocratiques par l’économie de marché et de ses procédés. C’en est affligeant. Mais à la réflexion ça empêcherait tout un troupeau de séducteurs hypocrites incompétents aux egos hypertrophiés, de briguer les affaires de l’état. Et on n’aurait pas eu à supporter la misérable fin de carrière de Dédé à la mairie de Genève. ![]() 19 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 19 heures 42 J’écoute la TSR, peut-être France Culture, ne m’en souviens plus, où j’apprends que le peintre Claude Monet souffrait d’un trouble de la vision qui a progressivement dégradé sa vue, (affirmation péremptoire d’un ophtalmologue américain relayée par les médias) et qui expliquerait en partie la naissance de l’impressionnisme. Un trouble de la vue aurait donné naissance à un mouvement pictural subversif !?! Je pisse de rire, et d’imaginer le prétentieux scientifique faire de la paléontologie avec l’iris empoussiéré de Monet, lui-même largement boulotté par les vers, et de ce que l’information relaye comme conneries pour faire son beurre, et en tartiner ses auditeurs. Cet échafaudage de supputations me ramène à hier soir, à la sortie du parking, où une plainte grinçante, celle d’un animal à l’agonie, me pétrifia. Je tends l’oreille, sidéré par l’obstiné va et vient de ce grincement inhumain et me rends subitement compte qu’il s’agit de quelqu’un entrain de jouir dans le petit immeuble jouxtant le parking communal. Je pense immédiatement à la voisine du deuxième, que Bernard avait vu depuis son jardin, furieusement accouplée, accrochée au cadre de sa fenêtre. Je m’arrache à mon trouble et décide, avec la discrétion du furet, d’aller me poster sous cette fenêtre qui fait fantasmer la moitié du village. J’y arrive. Elle est fermée. J’entends un rire. Le grincement cesse. C’était celui de la balançoire du terrain de jeu. « Monet se passionne pour les métamorphoses du ciel, les moires de l’eau, tout ce qui n’a pas de forme arrêtée ». Moi aussi ! ![]() 20 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 14 heures 45 Il y a 471 ans que la Réforme est née, soit 9 virgule 057 fois l’âge de Christine qui enlève un petit caillou de sa chaussure. Ca nous paraît si loin ; mes yeux pourtant ont vu des yeux qui ont vu des yeux le dix huitième siècle naître. Je veux dire plus clairement qu’à l’âge de six ans, j’étais sur les genoux de mon arrière grand-mère, qui elle a été sur les genoux d’une arrière grand-mère qui avait été contemporaine du règne de Louis XVI. Cette arrière grand-mère-là a probablement été sur les genoux d’une arrière grand-mère qui entendit parler des réformateurs. L’histoire est à portée de regards, elle brille dans nos yeux. Le mouvement réformateur dont Calvin, humaniste, théologien, orateur de talent est l’un des artisans les plus acharnés, est célébré aujourd’hui devant la cathédrale dans un tourbillon de ferveur œcuménique. Plutôt que d’encenser la mémoire de ce grand chef théocratique, il serait légitime de redonner leur place à ses détracteurs. A Sébastien Castellion en particulier. Pour des raisons de dialectique religieuse, Calvin aura fait brûler trente cinq personnes, il en aura pendu treize, et décapité dix… et ainsi rendu stérile l’essor de l’art sous toutes ses formes pendant plus de deux siècles. Petit caillou coincé dans nos semelles. ![]() 21 mai 2007 - Francis Traunig - Gland - 09 heures 29 Avec Harold, séduit par une bille de cèdre dans un entrepôt à Gland ! ![]() 22 mai 2007 - Francis Traunig - Choulex - 18 heures 59 Avaler le soleil qui a fait pousser le blé en mangeant la tranche de pain! ![]() 23 mai 2007 - Francis Traunig - Genève - 22 heures 42 Suite à la mort de son frère, Anne nous lit, aux lectures publiques, ses fragments de deuil : "Jamais n'est jamais sûr". Dans la rampe d’accès au garage communal, nichait une hirondelle. Elle a été écrasée par une voiture. Pizza avec 5 femmes qui racontent leur atelier d’écriture érotique. Un homme en marcel, sur un vélomoteur, pousse un cri de victoire et disparaît. Il a fait presque trente degrés aujourd’hui. Et jamais, n’est jamais sûr ! |
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Francis Traunig partage son temps (autant qu'il est partagé) entre son magasin et la photographie. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||